LA PHILOSOPHIE
La philosophie est la connaissance des choses dans leurs premiers principes, acquise par la lumière de la raison.
11 ne suffit pas de savoir qu'u le chose est, il far.t connaître de plus comment et pourquoi elle est.
Sans la philosophie, les sciences, les croyances sociales et religieuses n'auraient aucun fondement.
Elle embrasse tout, connaissances divines et humaines ; elle est la science la plus parfaite parce qu'elle rattache les autres sciences au Dieu de la lumière, Deus lucis.
Le premier principe de toutes choses, c'est Dieu, la lumière éternelle, inlînie et souveraine.
" Philosopher, dit un célèbre auteur, c'est s'appli- . quer à connaître et imiter Dieu, c'est apprendre à bien vivre, et aussi à bien mourir."
11 y a deux modes par lesquels Dieu nous communique sa lumière : le mode philosophique et le mode thèologique, c'est-à-dire le mode rationel et le mode révélé, comme dit saint Thomas.
La philosophie s'attache à la raison, la théologie à la foi. La raison et la foi, suivant les théologiens, sont deux rayons d'une même lumière, mais l'un est une rayon direct et l'autre .un rayon indirect.
Dans la philosophie, on ne s'applique point essen-
tiellement à montrer la bonté, la sagesse et la grandeur de Dieu ; on y considère surtout les choses humaines dans leurs rapports avec les choses divines. Elle nous fait voir que toute science vient de Dieu, que l'homme par son origine et ses attributs dépend entièrement de l'Eternel, son créateur.
La i^hilosophie n'est pas indépendante de la théologie dans son principe ; elle l'est toutefois dans ce qu'elle cherche la vérité avec la lumière de la raison.
La philosophie est la plus noble des sciences parce qu'elle remonte à l'auteur de toutes choses.
Elle demande dans son essence des hommes d'une grande sagesse pour la faire aimer et connaître de tous les humains.
Elle donne au chrétien un des moyens les plus efficaces pour défendre la sublime religion du Christ.
Le monde est rempli d'erreurs philosophiques, et tous ces grands bouleversements, tontes ces révolutions sanguinaires qui feront toujours l'effroi des générations futures, sont nés de ces hérésies.
Or, si cette science des sciences est confiée à des hommes d'une foi inébranlable, quel bien immense en résulterait-il pour l'Eglise de Jésus-Christ !
La mission du philosophe est donc sublime ; il doit montrer à ses semblables la route de la vérité, cette voie qui conduit inévitablement à Dieu.