DE S. B. M. ANTOINE CHAPTAL
MINISTRE DE L*INTÉRIBUR.
La quatrième face conserve les noms du préfet et de ringénieur en chef.
Une souscription s'ouvrit ensuite pour subvenir aux: frais d'une réimpression intégrale et soigneusement corrigée du Théâtre d^ agriculture. Cette édition est datée de 1805 et la liste des souscripteurs est curieuse à parcourir aujourd'hui par la réunion des noms déjà illustres ou illustrés depuis aux titres les plus différents : dernier terrain où l'influence salutaire des goûts laborieux réunissait encore les partis les plus opposés. On y trouve donc sans aucune qualification : Âbrial, Firmin Didot, Laîné, Barante, Cosse, d'Humières, Joseph et Lucien Bonaparte, Lafayette, Villèle, Béthune, Delessert, Frochot, d'Hauterive, Lebrun (consul), La Rochefoucauld et Pas* loret.
Depuis cette époque, ni Olivier de Serres, ni ses doctrines, ni ses exemples, n'ont plus couru le risque de périr. Voici donc le terme de la courte tâche que je m'étais imposée; je dois vous remercier de nouveau. Messieurs, de m'avoir permis de l'entreprendre et je souhaite vivement que vous ayez reconnu, dans cet hommage rendu à l'un des bienfaiteurs de la France, un profond sentiment de sympathie et de dévouement pour les intérêts immuables que représente si dignement Olivier de Serres.
Lk SAINT-BARTHÉLÉMY
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Il existe, à Tégard de la Saiot-Barthélemy, deax Tersions radicalement erronées : Tune à laquelle nous aTons déjà répondu par le simple exposé dn règne de Pie V, et qui fait remonter la préméditation jusqu'à ]a conférence de Bayonne, en 1567; Taatre qui se borne à renfermer le complot dans les limites de la France, mais y implique tout le parti catholique et en fait peser sur lui la solidarité.
Il y a donc plus qu'un devoir pieux envers TÉglise, il y a un juste patriotisme à n'accepter de telles accusations qu^ayec le caractère d'une incontestable évidence et à réduire, à leur véritable proportion, les faits douloureux que l'orgueil national ne peut eflfacer de nos annales.
Du reste, qu'on veuille bien nous en croire, essayer de rendre à la Saint-Barlhélemy son véritable caractère, ce n'est nullement prétendre en atténuer rhorréur; en exonérer l'Église, la disculper d'une conspiration et par conséquent d'une préméditation monstrueuse, ce n'est pas même nier l'influence du
fanatisme religieux. Le fanatisme a élé Tesprit dominant du seizième siècle, et de tous les côtés. Les catholiques se croyaient le droit de recourir aux Italiens et aux Espagnols pour défendre le catholicisme; les huguenots ne craignaient point d'appeler les Allemands et les Anglais à Taide du protestantisme. Rappeler le souvenir de tels faits, ce n'est pas y ramener, mais en détourner. Si quelque chose, en effet, peut affermir le goût des mœurs plus douces et plus chrétiennes, c'est le spectacle vrai du passé. On a donc raison de l'étudier, croyons-nous, et, après l'avoir étudié, de dire franchement le résultat de son étude. Le crime de la Saint-Barthélémy restera toujours un crime, mais on saura que la responsabilité doit en peser, non sur l'Église, mais sur la politique des Valois.
Quant à la première et la plus vaste de ces accusations, elle est assez généralement abandonnée aujourd'hui.
« Le projet de se délivrer des huguenots par un massacre, dit M. Capefigue *, pouvait bien confusément se présenter à la pensée; mais s'il avait été arrêté, si la paix n'avait été conclue que dans cet objet, il est impossible que le Pape et le roi d'Espagne, ces deux puissances de l'unité catholique, n'en fussent pas prévenus ou qu'ils n'eussent pas l'instinct du but secret de la paix. »
« Si, ajoute le même auteur % l'on avait résolu de longue main et par un conseil réfléchi le massacre