LE COMTE DE EESSÉGUIER
Le comte de Rességuier (Bernard-Marie-Jules) Dciquit à Toulouse le 28 janvier 1788; il était fils d'Emmanuel de Rességuier, marquis de Miremont, procureur général au parlement de Toulouse et d'Angélique-Louise de Chastenet de Puységur, arrière-petite-nièce du maréchal de Puységur et nièce du comte de Puységur, ministre de la guerre sous Louis XVi. Il étaif, du côté paternel, petit-neveu du bailli de Rességuier et fut reçu chevalier de Malte au berceau. Une courageuse protestation contre la suppression des parlements attira sur le procureur général de Toulouse les premières sévérités révolutionnaires, il n'échappa à Féchafaud sur lequel allaient monter cinquante-trois membres de ce même parlement, qu'en émigrant en Espagne où la marquise de Rességuier, menacée à son tour, ne tarda pas à le rejoindre. Leur iils, confié «\ sa grand'mère, madame la présidente de Rességuier, fut enfermé avec elle dans les prisons de la Terreur. 11 avait alors à peine cinq ans. Délivré par la mort de Robespierre, il eut pour maître un ami de sa
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famille Odèle au culte des lettres. A 16 ans, Jules de Rességuier entra à Fécolc militaire de Fontainebleau, en sortit en 1806 et, à peine officier dans un régiment de cavalerie, fit les campagnes d'Italie, d'Espagne et de Pologne. Sa santé, mise de si bonne heure à de si rudes épreuves, en fut gravement altérée et bientôt le força de quitter le service. Il rentra au pays natal en 1811, épousa Christine- Charlotte-Terentia de Mac Mahon et continua de vivre en Languedoc au milieu des siens, se livrant aux premières inspirations de sa verve poétique. 11 ne chercha pas d'abord d'autres applaudissements que ceux de ses compatriotes; ses premiers essais littéraires lui ouvrirent les portes de l'Académie des jeux floraux en 1816. Cependant Paris ne pouvait manquer de l'attirer ; Paris, dont il a dit lui-même : « cet insolent seigneur suzerain, ce grand accapareur de toute distinction », s'empara de lui et le fixa à partir de Tannée 1822. Cette date était celle d'un grand mouvement littéraire; Jules de Rességuier y trouva tout naturellement sa place marquée dans les premiers rangs. 11 fonda avec Alfred de Vigny, Victor Hugo, Emile Deschamps, Charles Nodier*, la Muse française^ recueil périodique, fort en vogue à cette époque et qui prit une part active à la lutte entre les classiques et les romantiques. Jules de Rességuier inclinait vers les romantiques, mais sans partager aucune de leurs exagérations; il en était préservé par deux qualités qu'il possédait au