Fénelon à Cambrai^ p
proposer de retarder son départ et d'attendre des nouvelles plus positives. Si peu qu'il eût laissé voir d'irrésolution, chacun n'aurait pas manqué de lui dire qu'il fallait attendre encore un jour, et' il aurait perdu l'occasion d'une bataille où il a montré un grand courage qui lui attire une grande réputation jusqu'en Angleterre. En un mot, le roi d'Angleterre se prêle et s'accommode aux hommes. Il a une raison et une vertu toutes d'usage*. »
Quel curieux portrait pour tout ce qui s'y trouve et pour tout ce qui ne s'y trouve pas I Parmi tant de royautés que nous avons détruites, certainement la royauté du bon sens était au premier rang. Qui daignerait, parmi les fougueux royalistes d'aujourd'hui, parler à un roi d'agir sans imagination dominante, de ne retarder aucune occasion de témoigner son courage, d'avoir une raison et une vertu toutes d'usage? Qui voudrait conseiller aujourd'hui de pacifier une nation à si petit prix?
Nous voici maintenant conduits aux relations politiques de l'évêque d'Orléans avec M. le comte de Chambord.
M. l'abbé Lagrange a mis dans cet indispensable récit une extrême discrétion. Nous voulons nous flatter que les intéressés lui en sauront gré.
Au sujet d'une lettre de M'' Dupanloup, publiée sans l'aveu de celui-ci par M. le comte de Chambord, d'une façon tout à fait inusitée, lettre qui tentait de conjurer des manifestes et des actes fâcheux, M. l'abbé