‹ Études et souvenirsChapitre 4 sur 36 · CCLXXIII« DÉPESCHE · texte numérisé non relu

CCLXXIII« DÉPESCHE

Du ij« jour de septembre 1572.

Au Roy.

Sire, aussytost que les officiers de la Rye, qui avoient prins le pacquet que Vostre Majesté m'envoyoitparNicollaslechevaulcheur, l'ont heu apporté en ceste court, ceulx de conseil, s'estant bien courroucés à eulx de la faulte qu'ils avoient faicte de me l'avoir retardé, me l'ont incontinent remandé par le sieur de Quillegrey, avec plusieurs bien honnestes excuses, et m'ont faict prier que je leur fisse sçavoir si ce qu'ilz avoient ouy de tant de meurtres advenus à Paris »estoit chose véritable, et si

M. de Walsingam y a?oit prins nul mal. A quoy, pour leur satisfaire, j'ay communiqué au dict sieur de Quillegrey la première lettre de Vostre Majesté, du xxvj* du passé, etluy ay dict que je n*avois rien davantage de tout le dict faict de Paris, sinon que le chevaulcheur qui esioit venu assuroit que, depuis icelle escripte, et avaut qu'il monlast à cheval, il avoit veu la sédition bien allumée par la ville, et qu'il sçavoit certaynement que monsieur rAmiral et plusieurs aultres de la nouvelle religion estoient mortz, mais n'avoit entendu d'où cella estoit procédé; et quant à M. de Walsingam, il croyoit qu'il n'avoit nul danger, parce que ceulx de Paris estoient assez bien instruicts qu'il falloiten toutes choses toujours respecter les ambassadeurs.

Je croy. Sire, qu'il a esté fort à propos que le dict S' Quillegrey et M" Wilson, maistre des requestes de ceste Royne, qui aussi m'est venu trouver de la part des seigneurs de ce conseil sur ceste occasion, ayent veu la dicte lettre, affln d*osler aux ungs et aux aultres l'impression qu'ilz avoient que ce fust ung acte projecté de longtems, et que vous heussiez accordé avec^ ques le Pape et le Roy d'Espaigne de faire servir les nopces de Madame, vostre sœur, avec le roy de Navarre, à une telle exécution, pour y attraper à la foys toutz les principaulx de la dicte religion assemblés ; ce que la dicte lettre monstre combien vostre intention a esté esloigné de cella, et combien le cas a esté fortuit et soubdein.

Je voy bien, Sire, que tout ce royaulme en est merveilleusement esmeu, et qu'on met en suspens le propos de monseigneur le Duc, celluy du commerce, les entreprinses de Flandres et toutes aultres choses, jusques à ce que l'on ayt l'entier esclaircissement comme la chose a passé, et à quoy se résouldra meintenant Vostre Miyesté de l'entretenement de l'édict de pacifflcation

Ensuite Tambassadeur rend compte de son audience et représente en ces termes Tattitude d'Elisabeth :

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