‹ Études et souvenirsChapitre 11 sur 34 · I.NoUco sur Pannentier> par M. Emile Mouchon, pharmacien · texte numérisé non relu

I.NoUco sur Pannentier> par M. Emile Mouchon, pharmacien

C'est à cette apparente sinécure que 4riM(i d^ontt'j enfin la yéritable vocation de ParmeAtiep^ lAèttif»^ de se livrer pleinement aux inspirations *de M géflé-^' reuse nature.

L'Académie de Besançon venait de propose*' .

sujet de prix la recherche des substances aliraiii!*/ taires propres à atténuer les calamités d'une diselfe, j Parmentier s'empara de cette question, remportft le • prix et, une fois sur cette trace, ne la quitta plus. A force de recherches et d'études, il en vint à proclamer la supériorité des pommes de terre sur tous les végétaux analogues.

Cette plante si féconde, transplantée du Pérou en Europe dès le quinzième siècle, cultivée à grands frais en Italie dans le cours du seizième, introduite en France à travers la Flandre par Charles de l'Ecluse, disent certains historiens, par un missionnaire jésuite, disent les autres, y resta longtemps presque ignorée. Olivier de Serres ne laissa point échapper cette découverte sans lui prêter attention. Toutefois il avait assez à faire de planter les mûriers d'Henri IV aux Tuileries*. Turgot, durant ses fonctions d'intendant de province, favorisa la culture de la pomme de terre qui prit quelque développement dans le Limousia et dans l'Anjou. Mais l'homme qui sut en deviner toutes les propriétés et qui, une fois possesseur d'une découverte profondément utile, se dévoua sans relâche à sa propagation, cet homme fut Parmentier.

1. Cours complet d'agriculture, sur le plan de Tancien dictionîiaire de l'abbé Rozier, sous la direction de M. le baron de Morogues, pair de France, et de M. Vivien. Art. Pommes de terre j t. XVI.

^ pân$ le ^ftdnzième siècle, on avait répandu le bruit pié la pomme de terre engendrait la lèpre. Cette tudadie ^ytnt disparu, le dix-septième siècle se conleotta de lui attribuer le don de la fièvre. Turgot, Féfèfli] contrôleur général, opposa aux préjugés acnrèdités une réfutation émanée de TÉcole de médeîmér Parmentier résolut de recourir à une autre ^le non. moins recommandable, celle de Texpérience, et* il entreprit de placer sous Tœil même de la population parisienne, comme en observation devant la France entière, la culture de cette plante. Les passions sont ingénieuses et Parmentier était dévoré par Tune des plus nobles qui puissent dominer Timagination humaine : la passion du bien public. Il n'y eut donc sorte de moyens qu'il ne mît en usage pour provoquer l'examen des corps savants ou des simples particuliers. Invitant chez lui plusieurs des notables habitants de Paris, choisis dans toutes les classes éclairées, il leur servait des repas où, depuis le pain jusqu'au café, tout était uniquement composé des produits de la pomme de terre*. Ensuite, il voulut produire des échantillons plus en grand. La plaine des Sablons, à la porte de Paris, semblait condamnée à la stérilité, et c'est là que Parmentier ambitionnait de tenter ses épreuves. Il lui fallait un protecteur assez intelligent pour le comprendre, assez puissant pour le seconder; il le trouva. 11 fallait en outre que ce protecteur consentît à braver les railleries toujours si promptes à déconcerter,

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