Colbert et M. de Novion
prédécesseur de M. le comte Mole parmi vous.
M. de Quélen fut le premier de ces pontifes victimes, chez lesquels la vertu s'élève à la hauteur du sacrifice. L'un a fléchi la calomnie, l'autre la guerre civile, le troisième n'a pu désarmer l'orgueil! Puissent-ils du moins faire monter jusqu'à Dieu le deuil de la France !
M. de Quélen, qui joignait tant de dignité personnelle à la dignité épiscopale, avait été bruyamment accusé de sacrifier Fesprit du sacerdoce à l'esprit de parti ; M. Mole, avec lequel il s'était plus d'une fois trouvé en contradiction, se complut à le venger. « Les caractères de cette trempe, vous dit-il, refusent de s'expliquer tant qu'on les menace : M. de Quélen ne fit rien alors pour se justifier de ce dont personne ne l'accuse aujourd'hui. »
M. Mole se sentait près de vous en pays ami.
Assidu à vos travaux, plusieurs fois il eut l'honneur de vous présider et de parler en votre nom. Ses discours, du ton et de l'accent du grand siècle, variés d'aperçus, mirent de nouveau en relief ses qualités littéraires. L'esprit a ses devoirs, comme le cœur, comme la conscience; votre nouveau confrère, qui les connaissait, aimait à les proclamer dans cette enceinte. « Je voudrais, disait-il en recevant le digne petit-fils de Malesherbes *, je voudrais que le progrès des lumières ne permît plus d'enthousiasme sans estime et que nos futurs grands hommes ne dédaignassent plus d'être hommes de bien. » L'ex-