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DISTRIBUTION DES PRIX AU COLLEGE DE COMBUEB

Messeigneurs s Messieurs,

Ua grand saiat, qui avait aimé toutes les illusions de la terre avant de s'attacher à toutes les vérités du ciel, dont la parole fait autorité pour tous les genres d'intelligence, parce qu'il avait appris de nos passions mêmes à les juger et à les combattre, saint Augustin a dit : « Il faut que nos plaisirs contribuent au bon ordre de Ta me, delectatio ordinet animam ; ce qu'on pourrait encore traduire de cette façon : Il ne faut pas que le désordre de deux mois de vacances contredise et compromette l'ordre de dix mois d'études; il ne faut pas briser l'alliance étroite des grands travaux et des nobles plaisirs, alliance qui doit de-

1. M»' Angobault, évoque d'Angers; M«' Sohier, cvèque de Hué en CochiDchine.

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meurer indissoluble et que personne n'a jamais brisée impunément.

Mais quels sont donc ces plaisirs que j'oserai me permettre de vous conseiller? Pour moi, mon choix est déjà fait d'ancienne date et je m'y suis confirmé chaque fois que j'ai entendu vos chants et votre orchestre. Ce que je vous apporte donc, Messieurs, c'est une apologie ardente et convaincue, l'apologie de la musique, de la musique, non seulement comme l'un de nos délassements les plus doux, mais comme un moyen efficace et puissant de nloralisation pour l'individu, de civilisation pour les peuples. Peut-être cependant aurais-je hésité devant cette thèse, peutêtre aurais-je craint qu'elle ne parût pas conforme à l'imposante gravité de cette assemblée, si je n'avais mémoire d'un mandement de notre Évêque vénéré, dans lequel, avec une rare intelligence des besoins de notre esprit et un zèle inépuisable pour la consolation de nos cœurs, il trace à grands traits l'histoire de la musique à travers toutes les phases de la destinée humaine ^ Il nous apprend que le premier accord des instruments fut contemporain de Jubal, le petit* fils de Caïn, que j'aime mieux en cette occasion nommer le petit-neveu d'Abel. Il nous montre l'inspiration musicale s'unissant à l'inspiration divine dansles solennités de Moïse, dans les Psaumes du roi David, dans les prophéties de Joad accompagnées par les harpes d'Israël avant d'être répétées sur la lyre de Racine. Il nous montre ensuite la musique, s'introdui-

1. Lettre pastorale do l'évôquc d'Angers sur le chant religieux, 10 avril 1858.

sant dans les institutions nationales^ protégée par Charlemagne, consacrée par saint Grégoire et par saint Ambroise, faisant couler de salutaires larmes des yeux du futur évêque d'Hippone, prenant place dans les délibérations du concile de Trente, occupant la sollicitude du grand évêque de Meaux et devenant enfin populaire dans notre siècle, grâce aux ingénieuses méthodes et à l'admirable dévouement de M. Choron. En efTet , Messieurs , l'Église ne s'est pas plus trompée sur la musique que sur les autres auxiliaires appelés par elle à concourir au culte chrétien. La musique est bien réellement la langue spiritualiste par excellence, la langue qui éveille et qui résume nos instincts les plus élevés, et dont l'action propre est de faire prévaloir les penchants délicats sur les penchants vulgaires. Bossuet, qui a tout dit, a dit un jour : « Je sens mon cœur plus grand que le monde. » Eh bien! Messieurs, le plus humble d'entre nous a pu dire aussi, à certaines heures de sa vie : Je sens mon imagination, ma pensée plus grande que toutes les langues humaines, et cela est vrai. Quelle que soit la puissance du langage, sa précision même lui sert de limite, et les règles fixes auxquelles il est assujetti lui tracent d'infranchissables frontières. Mais où commence le domaine de l'indéfini et de l'infini, là commence le règne, le charme, la magie de cette langue des sons qu'on appelle la musique. Ces élans de l'enthousiasme et ces abattements de la douleur, ces troubles intimes, ces cris inarticulés du cœur quand la passion surabonde, ces c^ix^ixv^^ \^\^'$» et ces suprêmes gémissements, qui tout ^ V.o\xt ôc\\aX«w\.

rame, Toppressent, la soulèvent et menacent de la faire éclater si elle ne les répand au dehors, trouvent dans la musique une issue, une expansion, une sphère sans bornes pour les recevoir et leur ouvrir libre carrière, un organe idéal pour les interpréter, en deviner jusqu'aux moindres nuances, et nous les restituer ensuite épurés, calmés, transformés. Telle lutte intérieure, qui n'attendait qu'un dernier effort de courage, s'est terminée dans cette région intermédiaire entre la terre et le ciel, et, là où on ne cherchait que le plaisir de l'esprit, la conscience, brisant ses liens, s'est sentie tout à coup victorieuse et libre.

La musique a particulièrement deux privilèges qui lui appartiennent en propre.

Elle est d'abord la seule langue véritablement universelle. Universelle dans le temps : l'antiquité et les âges modernes lui ont payé le même tribut. Le paganisme lui assignait un rang illustre dans l'Olympe. Orphée apaisant les Enfers, Amphion soumettant les pierres à sa voix, n'étaient autre chosequela fiction se mêlant à la réalité et la fable prêtant ses symboles à l'histoire. Universelle dans l'espace : la même mélodie est comprise à la fois par un public d'élite et par une foule réunie au hasard ; comprise à la fois à Paris, à Saint-Pétersbourg, à Londres ; comprise, goûtée, émouvant au même degré, quelquefois à un degré plus haut encore sous la cahute des Esquimaux et chez les peuplades sauvages. Personne n'a oublié le rôle de la musique dans cette république, trop rapidement évanouie du Paraguay, et M. de Ghateauhriand, décrivant l'apparitioxi du c\vc\^N;\^\i\^\xvçi ^xs.

Amérique, a dit : « L'Iroquois, qui n'avait point cédé à ses dogmes, a cédé à ses concerts *. »

Le second privilège exclusif dont je fais honneur à ma cause est plus important encore, le voici : la musique est la seule langue dans laquelle on ne puisse pas écrire de mauvais livres, et qui ne laisse jamais dans la mémoire une image dangereuse. Dieu me garde de vouloir immoler les autres arts à un seul! Assurément la peinture et la sculpture ont rendu dans le passé et rendent encore d'incalculables services à l'amour du beau et du bien. L'Église et la foi leur doivent une éternelle reconnaissance et je serais fort heureux de pressentir^ parmi vous des Michel-Ange et des Raphaël. Mais cependant , il faut bien l'avouer, le peintre et le sculpteur peuvent par eux-

1. M" Sohîer a bien voulu, après ce discours, me citer sa propre expérience en Cochinchine. Ses instruments de musique ayant disparu dans un incendie, Précigné, sa ville natale, les lui rendit par une souscription spontanée, comprenant quelle était pour sa mission auprès des naturels du pays l'importance de cette perte.

Un bénédictin de Solesmes, ancien professeur à Combrée, voulut bien me rappeler aussi que dans les Lettres édifiantes on voit les missionnaires demander à leurs compatriotes de l'Europe l'envoi do morceaux des plus grands maîtres, comme étant les mieux appréciés par les peuplades sauvages qu'ils commencent à catéchiser.

Je dois ajouter au souvenir de M^^ Sohier le trait suivant que je tiens de l'amiral Roze lui-même.

Lorsque l'amiral commandait la division navale des mers de Chine et du Japon, il alla rendre visite auTaïcoun, alors souverain du Japon, k Osaka. \\ s'était fait accompagner par la musique de son bâtiment et, pendant le dîner qui lui fut offert, il donna l'ordre à la musique de jouer. Ce fut une surprise pour le Taïcoun, dont l'amiral observait les impressions à mesure qu'elles se reflétaient sur son visage. Le concert terminé, comme son hôte avait paru y prendre grand plaisir, l'amiral lui demanda s'il désirait rcentendre un des morceaux. Il réfléchit un instant, compta sur ses doigts et demanda \ç^ \.TQ\«v^tsv^ xs^^^t^vsv. \ c'était le Barbier de Se'ville,

mêmes, sans aucun agent étranger, provoquer el graver dans notre souvenir des émotions licencieuses aussi bien que faire revivre les scènes les pltfl pures de la Bible et de TÉvangile ; ils peuvent oa fortifier rame ou accélérer sa dépravation. Le pinceau et le ciseau se prêteront avec une égale docilité aux intentions les plus contraires, tandis queTarchet, livré à lui-même, à lui seul, répugne et se refuse! toute inspiration matérialiste. 11 ne s'adresse qa'i rame ou il se tait.

Quelques-uns m'arrêteront peut-être pour médire: Prenez garde, vous touchez à l'exagération; nous vous accorderons que la musique peut faire quelquefois du bien, accordez-nous qu'elle fera très souTcnl du mal. Eh bien ! non. Messieurs, je ne l'accorde pas. Je sais que Boileau, le sage Boileau, l'oracle duboo sens et du bon goût, a signalé ces lieux communs d'immoralité

Que Lulli rcchaufTa des sons de sa musique.

Mais on ne remarque pas assez que la condamna tion de Boileau porte sur les ballets et les intermède de son temps et qu'alors la musique doit cesser d'ètr responsable de tout le cortège qui l'accompagne J'insiste sur cette distinction, parce qu'elle est capi taie au point de vue de la vérité et de l'équité. Jevou demande même, à ce sujet, la permission de vous ra conter une anecdote, et, si vous souriez en remar quant que je ne vous ai jamais adressé un discour sans y mcicr un apologue, je m'en vais vous confie un sccrcl qui pourra \ou?> èVte w\\\ek Nows-mêmeseï

plus d'une occasion. Une anecdote est une grande ressource pour un improvisateur embarrassé. Elle fait l'office d'un banc placé au milieu d'une longue avenue, qui permet de se reposer un peu et de jeter un coup d'œîl plus calme sur l'espace qui reste encore à parcourir. En outre, une anecdote sert à dessiner plus nettement ce que l'on veut dire. Un jour donc, deux voyageurs se rencontrèrent dans un désert brûlant. L'un était bien monté, bien équipé et bien pourvu; l'autre, à pied, épuisé par la fatigue, la faim et la soif. 11 implora secours et l'obtint. Puis, une fois rassasié, il dit à son bienfaiteur : « Je veux, à mon tour, vous rendre un service. Je suis la Peste, je me rends à Smyrne, je vais y exercer de grands ravages. Y avez-vous des parents ou des amis ? Je vous promets de les épargner». — «Grand merci, répond le voyageur bienfaisant. Je suis né à Smyrne ; toute ma famille y habite ; mes amis y sont nombreux. » Et il les lui recommanda tous nominativement. A quelque temps de là, les deux voyageurs se rencontrent encore, et le bienfaiteur s'écrie : « Ah! misérable Peste, combien tu m'as trompé! J'ai revu Smyrne dans le deuil, et ma désolation est au comble. Pas un seul de ceux que j'aimais n'a survécu. » Mais la Peste, sans se troubler et avec l'accent de la plus véridique innocence, répliqua : « Tu m'accuses bien injustement ; j'ai tenu parole avec une scrupuleuse fidélité. Sur les dix mille personnes qui viennent de disparaître, j'en ai tué mille; la Peur a tué le reste. »

Je dis, à mon tour, à ceux qui accusent la \xv\\s\^^\ Regardez-y de plus près ; c'est elle qv\\ ç.o\vsi^^^ \^

bien, c'est le drame oala danse qui conseille le mal. »d Et cette distinction, on a maintes fois l'occasion de la fn renouveler dans le monde. Maintes fois il arrive que |ftr là où nous n'apercevons qu'un mobile, il en existe k deux; maintes fois il arrive que derrière le coupable m apparent se trouvent des compagnons invisibles plus pernicieux et plus actifs.

Quant à la musique, prenez-la dans son acception exacte, dans son unité absolue , c'est-à-dire sans paroles provocatrices, sans accessoires habilement cal- [s culés pour séduire. Prenez la Création de Haydn, la i Symphonie pastorale de Beethoven, l'ouverture de SémiramiSy ou confiez à des instruments seuls les plus belles scènes d'opéra depuis LuUi jusqu'à Meyerbeer et vous obtiendrez sur l'âme des impressions, des émotions aussi salutaires, aussi vivifiantes qu'avec les morceaux les plus religieux de Palestrina, de Pergo- 1»

lèse ou de Mozart.

L'humanité tout entière est là pour rendre témoignage, et il n'existe pas un grand sentiment, je serais tenté de dire une grande fonction, que les hommes ne confient à la musique.

L'amour de la patrie est assurément au premier rang des nobles passions qui font battre notre cœur, 'I et tout peuple qui porte un nom se personnifie dans \ un hymne national. Le patriotisme reconnaît et salue ce chant partout où il peut l'entendre : c'est le drapeau parlant et faisant vibrer dans l'air, à côté de ses \ couleurs, une éloquence irrésistible. Qui n'a été attendri à cet admirable cantique des Hébreux : Super /2i/mma Babylonis ? Que de scènes \.o\\ç\i^TAfe^ ^i^^nîlA '

un écho lointain de la Suisse ou du Tyrol venait surprendre tout à couple montagnard enrôlé surla terre étrangère! En France, les Anglais fidèles aux Stuart fondaient en larmes, lorsque, dans la chapelle de Saint-Germain ou à une représentation de Saint-Cyr, le God save the king accueillait leur monarque proscrit. Un air de Richard Coeur de Lion est devenu un événement historique; Texaltation, qu'avaient soulevée à Versailles quelques notes de Grétry, allumant la fureur dans Paris, servit de cause ou de prétexte aux journées d'octobre, et Ton a trop connu durant la Terreur la puissance de chants héroïques usurpée par des bourreaux.

Comment la musique ne serait-elle pas une langue supérieure à toutes les autres? N'est-elle pas l'expression préférée et l'interprète naturel de tous les élans supérieurs à la nature humaine ? S'il y a quelque chose d'inexplicable en ce monde, l'égoïsme habituel de l'homme étant donné, c'est le dévouement du soldat acceptant résolument une mission qu'il n'a pas choisie, immolant sa volonté avant de sacrifier sa vie, et n'admettant ni une réserve ni un refus, quand on lui dit : L'honneur le veut ! Et ce langage de l'honneur, cet 'appel souverain du patriotisme, qui le fait entendre à l'heure décisive? La musique. C'est elle qui lui dit : La mort est là ; il faut la donner ou la recevoir, il faut marcher, il faut courir. C'est elle qui l'entraîne au plus épais de la mitraille, c'est à ses accents qu'il est vainqueur sans colère ou qu'il tombe sans murmure.

A côté delà patrie et du soldat, il ^ a oyaç^cçaei Ot\^^^

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de plus imposant, de plus dominateur encore, c'est la religion et le prêtre. La musique atteint ces hauteurs comme toutes les autres. Là encore, l'homme r l'appelle à l'heure de ses plus profondes émotions, j-j Elle lui répond, elle le soutient, elle le console, elle *■ rélève au-dessus de lui-même. Lorsque l'homme veut adresser à Dieu les plus belles paroles qui puissent se poser sur ses lèvres : Gloria in excelsis; Deprofundis clamavi ad te. Domine; Domine, exaudivocem meamy il confie ces paroles à la musique. Et quand (^ l'Église à son tour veut faire entendre au chrétien prosterné les sévérités de la justice céleste ou l'associer aux plus saintes douleurs, elle entonne à pleine voix et fait résonner sur Torgue le chant redoutable du Dies irœ ou l'incomparable lamentation du Stabat mater dolorosa. Le marbre est sous nos yeux, mais le }* marbre est scellé à la terre et semble y enchaîner P nos regards. La peinture est fixée sur la muraille et elle ne peut s'élever tout au plus que jusqu'à la voûte du temple. La musique seule a des ailes, la musique seule peut prendre le cœur de l'homme tout entier, et, dans un essor que rien n'arrête, le porter jusqu'au j'^ trône de Dieu avec ses douleurs ou ses joies, ses sup- " plications ou ses actions de grâce. V

Enfin, Messieurs, et j'ai fini, un dernier hommage attend la musique et n'appartient qu'à elle. L'homme se plaît à placer dans le ciel et à y faire revivre toutes ses affections. 11 a besoin d'espérer qu'il y trouvera \ ceux qu'il pleure et qu'une réunion sans fin le récompensera de la fidélité du regret. Mais, pour ses plaisirs, il est plus tiiïiide fX V\ ào\V VèX^^. W tsik^^^ ^\5l

;ier aucun à ses visions les plus imparfaites de la itude future. La musique est donc plus et mieux n plaisir, car l'homme a le droit de croire qu'il ttrouvera dans le ciel. Le langage le plus autorisé, ilus austère^ nous entretient, au pied même de tel, de Téternel chœur des Anges et de l'ineffable tique des Séraphins. Vosjeux à vous-mêmes, Mesrs, sont bien innocents et bien purs. Pourtant, de vous aurait la hardiesse de transporter dans laradis la cour des récréations? Vous croiriez imettre une coupable irrévérence et, sans nul te, vous auriez raison. Cependant j'ose vous l'afler, il y a un jeu dont vous pouvez commencer prentissage à Combrée, que vous pourrez conti- T légitimement durant tout le cours de votre vie et t vous achèverez dans le ciel, c'est le jeu sublime I vous enseigne ici votre excellent professeur, Collmann.

2n exposant de mon mieux aux élèves de Combrée thèse sur la musique; en l'appuyant déraisons, utorités et d'exemples qui me semblent poncluants, béissais non à une fantaisie paradoxale,' mais à une iviction profonde* C'est ce qui me fit demander au rrespondant l'insertion de mon discours.

Un lecteur ami l'accueillit avec une grande bienillance personnelle, mais sans y souscrire, et peu de nps après il me réfutait à son tour dans le Corresndant. Ce contradicteur ami n'était rien moins que

222 ÉTUDI8 ET SOUVENIRS.

M. de Laprade, et c'est alors que je sentis combien musique avait en moi un apologiste opiniâtre. Si u voix pouvait m'inspirer le désir de Técouter, au lieu lui répondre, si un caractère pouvait, avant toate monstration, m'imposer le respect et la confiant c'étaient la voix et le caractère de M. de Lapro Je résistai cependant, je lus et je relus ses objectii sans pouvoir me soumettre. J'adoptai, puis j'ajou la résolution de répliquer ; aujourd'hui, je cède en à la tentation \ La poésie éloquente de son langage, portée métaphysique de son argumentation m'e traîneraient trop loin, si je voulais citer complè ment mon adversaire : je vais essayer du moi de le résumer avec fidélité.

Loin de trouver un agent spiritualiste dans la mi sique, M. de Laprade l'accuse au contraire de n'è qu'un élément tout extérieur, « elle nous envahit, dit-* il, et nous émeut dans le domaine des sensations, elle ne nous soutient ni ne nous élève dans l'ordre des sentiments : il y a en elle un élément tout physique, une sorte d'électricité qui s'adresse au fluide nerveux, indépendamment de toute action sur l'intelligence et sur le cœur. La signification d'une peinture est évidente, et les esprits les plus impropres à décider de son mérite comme œuvre d'art ne sauraient se tromper sur l'action qir'elle représente, sur le sentiment qu'elle éveille, en un mot sur la direction qu'elle imprime à la volonté. »

Le compositeur, selon M. de Laprade, n'a pas même

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