‹ Études et souvenirsChapitre 27 sur 34 · Saint-Simon, t. m, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. m, p

Le château de la Rongère, près Château-Gontier^ existe encore et a passé, par alliance, à la famille de Chavagnac.

C'est un préjugé fort récent, mais fort injuste, que ui qui présente comme incompatibles les habitudes stocratiques et le culte des lettres. Leur alliance, contraire, remplit nos annales. 11 suffit d'ouvrir collection des Mémoires sur l'histoire de France ir se convaincre combien on s'honorait autreî de tenir la plume avec ou après l'épée, et de faire l'historien des grands faits dans lesquels avait été acteur oa témoin. Yillehardouin et Jointe, Commiûes et Sully attesteraient et illustreraient ux seuls cette tradition ininterrompue depuis la mation de la langue française. Cette vaillante >le d'écrivains de race se développe encore au xvii" cle, et elle se rjijeunit de nos jours, en confondant génie des temps anciens et celui des temps nou- Lux, par M. de Maistre, M. de Chateaubriand, de Montalembert. Sans être l'égal de tous, M. de atrebarbes était trop leur pareil pour ne pas écrire nme il agissait, sous l'impulsion et pour le service me conviction profonde.

Son premier exploit littéraire coïncide avec ses îmiers faits d'armes, et il débute, comme toutes les aginations éprises de grandeur, par une tragédie; >endant il ne donne que deux actes à son drame itulé : Le Siège de Corinthe tiré de lord Btron. 11 ne ît jamais imprimer et crut même l'avoir enseveli en faisant silencieusement don à la bibliothèque Angers, avec cette dédicace d'une originalité si naelle : « J'espère bien qu'il n'y aura pas quatre perdues à prendre connaissance de ce manuscrit.

-Cependant, s'il trouve un seul lecteviv, \V e^\.\iW5L

Étudeâ et Soarenin, ^V

3â2 ÉTUDES ET SOUVENIRS.

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Je

qu'il sache que ces deux actes furent composés à Xérès, au fond de l'Andalousie, dans Fhiver de 1827, par un lieutenant d'état-major, âgé de 24 ans, qui avait remporté d'un voyage de Grenade un bras cassé et la jaunisse, et qui ne savait trop comment employer ses heures d'insomnie. Composé en dix-sept jours, sur l'ordre du vicomte de Roncy, colonel du 34® de ligne, ce drame fut représenté à San-Fernando (Ue-de-Léon), et traduit depuis en espagnol. Le jour de la représentation, la salle de spectacle était pleine, et la pièce fut applaudie par les camarades de l'auteur etT par un grand nombre de belles Espagnoles, venues! de Cadix pour assister au bal donné par la garnison I française (Angers, 1842). »

Le personnage favori du Siège de Corinthe est un chevalier français, d'Aubusson, héros de bravoure et de fierté, ne demandant qu a s'immoler pour sauver ^ des femmes et des enfants, et venant dire à un visir I impitoyable :

Pour le salut de tous, j'offre ma tête en gage.

On sent que M. de Quatrebarbes caresse d'abord, dans le libre domaine de la fiction, l'idéal d'héroïsme i qu'il devait poursuivre lui-même et souvent atteindre dans le domaine de la réalité.

Au retour d'Espagne, il sollicita etobtint de prendre part à l'expédition d'Algérie ; mais au moment où il se croyait en possession de sa véritable destinée, un coup de foudre vint l'atteindre et tout briser autour | de lui. Refusant le serment au nouveau pouvoir, résolu au plus douloureux sacrifiice (\ue çût s'imposef

homme de celte trempe, il dit adieu à ses compa- ODs d'armes, adieu à la gloire humaine sous la lie forme qui pût le séduire et revint vers la terre laie, où il ne pouvait rester longtemps ni décou- ;é ni désœuvré, bientôt, il épousa sa proche parente, M*'®Gourreau

Chanzeaux. Ce mariage, qui devait lui apporter tes les consolations du bonheur chrétien et dour, dans la plus touchante communauté , sa puisée de bonnes œuvres, le fit châtelain de la belle neure de Chanzeaux. Il lui donna d'abord un actère féodal, mais de la féodalité appropriée à son ar et à notre époque, de la féodalité sans fossés et s pont-levis, accessible à tous venants, et la main jours pleine de bienfaits. Son génie insatiable ctivité et d'amélioration s'étendit bientôt à toute contrée et créa là des géorgiques modernes, une te de poème agricole, tant il se plaisait à emlir tout ce qui peut être utile et à rendre utile tout cjui peut embellir et charmer la vie.

L'un des hommes qui ont le mieux parlé du comte Quatrebarbes, parce qu'il est un de ceux qui l'ont ànu le mieux, notre confrère M. Cosnier, a dit de , en rappelant un mot célèbre : « C'était un homme Tancien temps, mais ce n'était pas un homme de icien régime. » Rien n'est plus vrai, et M. de atrebarbes se retrouve tout entier dans ce mot, qui st pas ici une vaine antithèse, mais une exacte déition. En effet, la différence radicale entre l'ancien ïps et l'ancien régime, c'est que, dans l'ancien ïps, toute fonction représentait uu \^\ift\«, \awV.^

distinction honorifique un service, tandis que, d le siècle dernier, le seul que Ton puisse caractéri sous le nom d'ancien régime, époque dé transit! les fonctions étaient quelquefois des privilèges, et privilèges quelquefois séparés des services. .

Dans l'ancien temps, le noble n'était exempt d'il pots que parce qu'il portait, presque à lui seul, le fardeau des charges publiques ; et le clergé n'é le premier corps de TÉtat que parce qu'il était, n seulement le premier dans la charité et danslarerto, '[ mais en même temps et incontestablement le pr^ [ mier dans la science politique et dans renseigoe ment appliqué à tous les degrés, à toutes les branches des connaissances humaines. Dans Tancien lé' ^ gime, ces conditions existaient encore, mais altéreei ou tombées en désuétude, mélangées d'abus et appelant, selon le mot du comte de Maistre, les réformi qui conjurent les révolutions.

Oui, le comte de Quatrebarbes était bien un hom des anciens temps ; car jamais il ne vit, dans lésai; tages de la naissance ou de la fortune, autre chose qttS des devoirs, autre chose qu'une dette contractée en* vers la Providence et exigible au profit de rhuntf* nité. Jamais vous ne surprendrez dans ses actes ni dans ses écrits un sentiment personnel et qui ne s'iDipire de l'intérêt public. S'il recueille les souvenirs <l* la campagne d'Afrique, c'est pour rendre hommage à ses chefs et mieux faire comprendre à la Franc«r l'importance de sa conquête. S'il réédite la CsBimfi^ DE BouRDiGNÉ, c'cst qu'il vcut exciterl'émulation de contemporains pat l^ ^owN^tât dft% aticâtres ; s'ils'ti-

tache au Bon roi René, c'est qu'il veut doter J' Anjou d'un double monument, un monument littéraire, merveille en outre d'exécution typographique sortie de presses angevines, un monument en bronze, trophée de gloires angevines dû à un illustre ciseau angevin. Cette laborieuse résurrection du roi René, œuvre d'historien et de poète, d'archéologue et d'artiste, eût suffi pour lui ouvrir les portes de l'Institut, s'il eût voulu prendre le temps et la peine d'y frapper ; mais un autre souci l'absorbait déjà, et de la même plume qui se plaisait à raconter les tournois de la chevalerie, à répéter le chant des troubadours, il avait hâte d'écrire l'histoire de sa commune de Chanzeaux, parce qu'il y retrouvait l'héroïsme désintéressé du Vendéen et une tradition qui lui était doublement chère, celle du vénérable Pierre Gourreau, surnommé le Père des pauvres. Toutes ses admirations, toutes ses émotions sont fécondes et empreintes de cette grande impartialité du cœur qui s'attache au bien, partout où il se trouve, qui ne connaît point de castes dans la vertu et craint de laisser inaperçue l'hysope à côté du cèdre ! Quand il a salué un grand de la terre, il a besoin d'honorer l'humble et le petit. Voyez-le s'agenouiller, baigné de larmes, devant le tombeau du marquis de Bonchamps. « Ah ! dit-il, voilà une gloire pure dignement glorifiée, mais le monument du général gentilhomme appelle le monument du général paysan, » et il n'aura pas de cesse qu'il n'ait élevé l'un en regard de l'autre et bâti à Saint-Florent une chapelle, doublée d'une institution charitable, pour y abriter la tombe de CaUv^lm^^w.

Gomme toute nature abondante et riche, M.

Quatrebarbes portait en lui-même des contras mais non point de contradictions ni de dissonances: caractère ardent et cependant contenu, très spontané et cependant très ferme et très persévérant, hommi d'action et homme d'étude, érudit et songeur, oubliant quelquefois Theure d'un rendez-vous, jamais celle d'un bon office, perdant quelquefois les minutes, jamais les jours, car jamais il n'en passa un sans bien faire ou sans bien dire; esprit très pratique dans la discussion des affaires, mais plus encore généreux... non, il n'était pas généreux seulement, il était la générosité même, et si l'on osait donner le nom d'un défaut à un excès de qualité, on dirait qu'il alh jusqu'à la prodigalité. M""' Swetchine, qui s'y coqnaissait, a dit : « Si les bons étaient meilleurs, iln'j aurait pas tant de méchants. » Eh bien! Messieurs, s'il y avait en Anjou des méchants du vivant de M. it Quatrebarbes, j'affirme que ce n'était pas sa faute, car jamais bon ne fut meilleur. Non seulement toal malheureux, mais tout accusé ou même tout abseol avait dans son cœur un avocat d'office qui ne fit jamais défaut à personne, et à. ses adversaires moins qui qui que ce fût.

On ne pouvait pousser plus loin l'ardeur dans le convictions politiques et religieuses. Cette grande Mai son de France, dont l'évêque d'Angers a parlé ai jour de ses obsèques, comme s'il eût voulu le fair revivre et tressaillir encore, cette grande Maison i France, « sous le sceptre de laquelle noire patrie ei restée pendant si longtemps la reine des natioi

européennes *, » possédait tout son dévouement, et s'il ne lui a pas offert sa vie, comme nous le verrons tout à rheure Tofifrir à FEglise, c'est que son siècle ne le comportait pas; mais cette vie, du moins, se tenait toujours prête et prompte à tous les sacrifices.

Les opinions contraires aux siennes ne rencontraient jamais en lui ni une concession ni une complaisance dans Tordre des principes; lïiais, dès que ces opinions revêtaient un nom propre et un visage, l'aménité et la cordialité apparaissaient aussitôt dans M. de Quatrebarbes et prenaient le devant sur toutes les dissidences ; sa franchise ignorait absolument ce que c'était qu'un détour ou une réticence, mais elle ignorait au même degré l'injure, l'amertume ou même l'insinuation malveillante. A le voir tendre sa main loyale et serrer celle de son interlocuteur, il eût été impossible de deviner s'il abordait ami ou ennemi; aussi désarmait-il ceux-là mêmes qu'il ne parvenait pas à convaincre, et la sympathie universelle, qui l'avait envoyé d'abord au Conseil général, le porta, en 1846, à la députation.

Toutes les fractions de la Chambre l'accueillirent avec les témoignages d'une considération exceptionnelle. Par malheur, il allait siéger dans le Parlement comme il était entré dans l'armée, pour quelques années à peine, et une révolution nouvelle vint lui fermer encore la carrière. Tant de perturbations successives sont une grande déperdition de forces pour le pays qui en est le théâtre ou plutôt la victime,

1. Oraison funèbre de M. le comte de Quatrebarbes par W Freççel^ évèque d'Angers,

et l'on peut juger parla courte apparition du comte de Quatrebarbes dans la vie politique quels services il aurait rendus, si la tribune ne s'était pas dérobée devant lui comme le champ de bataille. C'est l'agriculture qui obtint ses prémices d'orateur. Il débuta 1 modestement par une proposition relative aux chemins vicinaux ; bientôt il appuya des pétitions sur l'abolition de l'esclavage, puis il prit en main la défense des chrétiens de Syrie ; il fit entendre, en l'honneur de la Vendée, une interruption restée mémorable dans les fastes parlementaires ; enfin, il monta à la tribune, l'œil en feu et le geste animé : c'est qu'il venait combattre encore pour la conquête de l'Algérie, conquête pacifique cette fois et toute civilisatrice. « Justice chrétienne aux Arabes, s'écria-t-il, sécurité aux colons, libre propagation de l'Évangile, et la France verra bientôt le terme de ses sacrifices. Je demande que le catholicisme se révèle par ses bienfaits. Ces convictions. Messieurs, sont celles de toute ma vie. Je veux la liberté pour tous, mais je ne veux pas qu'on vienne nous défendre, à nous autres catholiques, de planter la croix là où nous avons pénétré avec l'épée. » M. Guizot, président du conseil, lui répondit avec des égards qui attestaient la profonde impression produite sur l'Assemblée ; il répliqua à M. Guizot, et ses dernières paroles furent couvertes par des applaudissements dans les tribunes publiques.

La révolution de 1848 ramena M. de Quatrebarbes en Anjou ; il rentra dans la retraite, sans jamais entrer dans le repos, et prit des années, sans jamais vieillir. Les malheurs du Souverain Pontife le trouvèrent

aussi ému, aussi bouillant qu'il eût pu l'être dans l'ardeur de la jeunesse. Quand on est fier d'avoir eu des aïeux à la croisade, il faut être heureux d'y avoir des fils ou d'y marcher soi-même. M. de Quatrebarbes le pensa et le sentit ainsi. L'appel du général de Lamoricière ne le trouva pas un instant incertain ou indifférent. Il déroba quelques jours sa résolution à la tendresse qui veillait sur lui ; mais ce ne fut que pour mieux assurer cette résolution même, et, lorsque madamedeQuatrebarbesattendaitunelettrede voyage datée de Suisse, elle reçut la lettre d'un Croisé datée de Rome, et bientôt d'Ancône. Là aussi, il abaissé deux souvenirs qui le résument tout entier, car il était toujours tout entier, sans réserve, de cœur, d'âme et d'esprit, dans tout ce qu'il faisait. Il a tiré le dernier coup de canon contre la flotte piémontaise forçant le port d'Ancône, et il a légué à cette ville les règlements municipaux les plus charitablement appliqués. Cinq de ses proches, la fleur de sa famille, l'avaient rejoint sous le drapeau pontifical, tant il savait rendre contagieux l'amour du beau et le dévouement au bien. Deux d'entre eux, Georges d'Héliand et Bernard de Quatrebarbes y trouvèrent une mort héroïque, et Zacharie du Reau, l'un des rares survivants de Castelfidardo, accourait encore près du général de Charette pour recevoir à Patay une blessure que l'on crut longtemps mortelle.

Ne point signaler M. de Quatrebarbes dans la conversation intime et dans la vie de famille, ce serait laisser dans l'ombre deux traits saillants de ce type accompli. Ce furent là, au retour de VU^V\^^ %^'5» ^^^-

nières consolations et les derniers rayons du souvenir qu'il allait nous léguer. Emule de son ami, de notre ami à tous, M. Bougler, dans la verve anecdotique, il excellait à mêler les souvenirs historiques et les chroniques locales aux mouvements primesautiers de son j imagination active et enjouée. Il n'eût tenu qu'à lui d'être médisant, s'il n'avait été avant tout le plus bienveillant des hommes, et, lorsqu'il se trouvait entraîné vers quelque à-propos pénible pour quelqu'un, ou il taisait le nom de ses personnages, ou il savait découvrir un sujet d'éloges qui contrebalançait amplement ou couvrait le côté fâcheux. Il eût été un père incomparable, on en put juger par son inconsolable douleur à la perte d'un fils unique enlevé dèsle berceau ; on en putjugeraussiparcette paternelle sollicitude reportée sur chacun de ses neveux, devenus tous des fils adoptifs, par ses larmes à la mort des deux chères victimes dont il disait avec simplicité : « Dieu a choisi parmi nous les plus jeunes, parce qu'ils étaient les meilleurs. » Mais plus il mettait d'énergie à surmonter sa douleur, plus cette douleur concentrait et creusait son ravage au fond de son âme. Bientôt il fut visible que tant de deuils publics et privés allaient triompher de sa puissante organisation.

Le dernier coup lui fut porté par la défaite de la France. Pour les âmes ainsi trempées, le patriotisme, c'est la vie même. La nature s'éclaire ou s'assombrit, selon que le soleil resplendit ou se voile ; les cœurs comme celui de M. de Quatrebarbes s'épanouissent ou s'assombrissent aussi, selon que la grandeur de la patrie se relève ou s'affaisse, et, quand la patrie est

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vaincue, ils n'ont pas toujours la force de survivre. Le voilà sur son lit de mort : tous les siens sont accourus, tous les soins sont prodigués, toutes les prières s'unissent pour le retenir sur la terre. M. de Quatrebarbes ne se fait point illusion sur son état, mais il essaye d'en détourner la pensée de ceux qu'il aime pour leur parler encore de la France. « Vous ne me pleurerez pas longtemps, leur dit-il, car bientôt la France régénérée vous consolera de ma perte. » Ces mots furent presque les derniers qu'il put articuler. C'était mourir comme il avait vécu, le regard toujours fixé sur les mêmes vœux, sur les mêmes espérances, inébranlable dans sa foi comme dans son courage.

Toute la population de Chanzeaux et l'élite de la Vendée se disputèrent l'honneur de porter à sa dernière demeure sa dépouille mortelle, qui repose aujourd'hui entre une école et une salle d'asile fondées par lui ; ces deux gardiens de son tombeau sont en même temps les deux emblèmes de sa vie : le travail et la charité.

Pour apprécier dans son ensemble et dans sa vérité tout ce que fut et tout ce qu'aurait pu être M. le comte de Quatrebarbes, il faut, Messieurs, se reporter à des temps où la société eût présenté toutes ses conditions normales, et où notre éminent compatriote eût pu donner pleine carrière à tous les élans de son cœur, à toutes les facultés de son esprit. La vie publique prête de grandes forces aux hommes qu'elle n'écrase pas ; elle empêche la flamme intérieure de ne briller que par éclairs et de se consumer rapidement, faute d'aliment; elle impose les grands eftoY\s>,^w Vcîv^^\3^.

les grands devoirs; elle stimule et contient rambiiioJ en lui proposant les grands buts, et quand, après bl tâche accomplie, elle remet à l'histoire le droit de rêl compenser les serviteurs de la patrie, elle a prépaM d'avance un cadre pour le portrait ou un piédesUl pour la statue. Dans les temps de révolution, les destinées sont plus inégales : il y a des hommes qui renoncent à leur part dans le patrimoine commun, qui^ mutilés ou bannis volontaires, acceptent, au seio même de leur pays, quelques-unes des tristesses de Texii et préfèrent Taustère approbation de la conscience à un sourire de la fortune. M. de Quatrebarbes fut de ce nombre, et ne pouvant pas nous donner Tud des plus beaux modèles de Thomme de guerre ou de l'homme d'État, il nous a laissé du moins l'un des plus rares et des plus parfaits modèles de l'homme de bien.

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