ET LA TRADITION
it en général et confusément qu'on a besoin de Jéjoûrt^ et que Jésus-Christ de moins dans le inonde y oniie sait comment^ mais on en est sûr^ une proune horrible lacune. La pensée a ses aventuriers eelle a ses héros; et jamais peut-être n'en eut-elle qu'aiyourd'hui. L'avez- vous remarqué toutefois? sent^ tout en renversant le christianisme par leurs oements^ se séparer absolument du christianisme^ et tt nom de Jésus-Cfirist qu'ils font la guerre à Jésus- La cynique incrédulité du demicir siècle n'e^t plus ion; le christianisme^ on le croit^ n'est plus qu'un le, un vain nom; mais il faut compter avec ce nom^ e lantôme. £t ce ri'est pas seulement aujourd'hui^ e tout temps que l'adversaire de Jésus-Ghrl^t a trouvé . sop compte à essayer de le diminuer qu'à tenter de Qtir. La première de ces entreprises effarouche moins L seconde; et c'est un grand point; elle n'effarouche I pas du tout le grand non^tre; et l'on peut^ pourvu ne parle jamais de détruire Jésus -Christ^ pourvu ne le nie jamais absolument, l'amoindrir, l'exténuer^ uire à son seul nom^ s^ns exciter aucun scandale la multitude^ à qui le nom.de Jé§us*Ghrist^ son seul suffit. Et en atten(laat, on l'aur^^ non p^ seulement |ié^ mais détruit; car Jésus-Christ n'est pas tel qu'on i ni le diminuer ni l'agrandir; diminuer Jésus-Christ, 'wéantir ; et s'il n'est Dieu qu'à moitié. Sauveur qu'à i, s'il ne se communique à nous qu'à. moitié, ou si communication n'est certaine qu'à moitié^ il n'est il n'est Sauveur, il n'est. enfin en nous l'espérance gloire, en aucune mesm'c et d'aucune façon. Tel le, il est vrai, qui croit plus en Jésus-Christ qu'il ne oagine, peut diminuer Jésus-Christ en parole, sans le uerdansjson cœur; (liais la loi \nAc\\\A^c^N^>âX^^
Jésus-Christ soit anéanti lorsqu'il est diminué ^ cette qui semble se démentir dans tel ou tel cas particulier qui ne se dément réellement jamais^ reparaît avec évUlen dans la multitude. Jésus-Christ et la plénitude de Jéso Christ sont un seul et même mystère^ une seule et met vérité; et partout où Ton est parvenu à ôter à Jésus-Our un seul rayon de sa gloire^ ce seul rayon disparu prodi une obscurité parfaite^ au sein de laquelle vous entend comme une voix lugubre de l'humanité qui s'écrie : c ( « a enlevé mon Seigneur^ et je ne sais où ou Ta mis. »
Quelle joie pour l'ennemi de notre salut d'avoir décoc vert un. moyen de faire la guerre à Jésus-Clhrist^ sans c avoir l'air^ sans en exciter le soupçon^ et même en pani sant rendre hommage à Jésus- Christ! Il est donc fait simple qu'il ait, de tout temps, donné la préférence à fil reste qui diminue Jésus-Christ sur ^incrédulité qui le dm Je dis, mes frères, à l'hérésie qui diminue Jésus-Chris parce que, malgré la différence infinie des formes et à formules, toutes les hérésies ont cette tendance. Toutt âans exception, vont à diminuer Jésus-Christ; et où doi iraient-elles, je vous prie, puisqu'elles ne peuvent l'augmei fer? Et ne vous y trompez pas, elles ne naissent pas du d hors^ excepté dans ce sens que le prince de l'erreur h éveille dans notre cœur; elles avaient leur germe dm notre cœur; le cœur humain est le grand hérésiarque; ( de même qu'il a été dit qu'il n'y a aucune tentation qi ne soit humaine, il n'y a non plus aucune erreur qui ii soit humaine; un ange de ténèbres vient de son doigt ic muer le limon, mais le limon était au fond de notre coem Nous sommes donc les premiers complices de notre ei nemi, ses premiers auxiliaires, si même vous ne trouvi plus vrai de dire qu'il est le premier complice, le premic auxiliaire d'un cœur touioutâ iptèl ^ \ai ^\i^\\\ûw. Car 1
IT LA THADITION* 100
Mid intérMj la grande pasâion du cœur humain, jusqu'à que la vè^nté Tait entièrement vaincu, c'est de réduire Jt^us-Ghrist à n'être qu'un nom; et à Tlnverse de Jean- Baptiste, qui trouvait tant de joie à dire : « Il faut qu'il t croisse et que je diminue j ï> notre cœurj même après avoir confessé Jésus-Christj se répète sans cesse à demivftii : a Faisons tout pour qu'il diminue, et tout pour que i je croisse, v
Mais, quoi qu'il en soit, que l'initiative appartienne à [notre cœuv on au grand adversaire, toujours est- il que fttte complicité ne s'avoue de part ni d'autre ; et ce n'est ^ notre cœur avec ses passions^ ni Tadversaire avec sâ B, qui paraissent ouvertement dans Tarène* Ils ne se ent pas, corps h corps, avec le ^n'and mystère de Lfliléi avec Tlivangile; ils envoient à leur place d'autres I •dversàireSj désintéressés à ce qu*il semble, libres ^ du ^inoins ils le prétendent, de tout autre intérêt que celui de i vérité, et c'est en leur nom que le combat s'engage. 11 tâeax> au visage candide^ au front imperturbable, au teen grave, portant pour devise sur leur bouclier les - \9KKm sacrés de vérité et de devoir. L'un de ces ennemis, I hul rappelle ia phtiosophie ; il nomme l'autre la tradùion: I i Prenez garde que personne ne vous emmène en escla- I Ittage par la philosophie et de vains prestiges selon la tra- I t dilion des hommes, » ou bien : par une philosophie pleine I de vains prestiges et pîir une tradition humaine. Tels sont I les auxiliaires du monde dans celle guerre impie j auxi- I hires qui ne seraient pas assez forts sans nos passions, et I luiiqui nos passions ne seraient pas assez fortes. Car d'un I cW, personne ne veut se livrer au mal contre toute appa- I a, et d'un autre côté, il serait difficile de trouver des I lur le mal si Ton n'avait pas d'avance un grand tmuver. Aimi nous les aldom Uixii u Vj&Mt ^V^^%
110 l'A PHlLÛSOfUm
nous aident; nous recevons leurs inspirfitîons et ils reçoivent les nôtres; ils sont nos auxiliaires et nous deveootti les leiu^s; et leurs efforts réunis aux nôtres sont dlngés vers un but communj qui est d'affaiblir Jésus-Chrjst, de retrancher quelque chose à sa plénitudej de nous persuader que le mystère de cette plénitude ne renferme pas, comme le prétend saint Paul^ tous les trésors de la sagesse et de la connaissance^ c'est-à-dire que ce mystère n'eâ pas parfaitement sage, n'est pas parfaitement vrai.
La philosophie, mes frères^ prise dans sa plus grand* simplicité, n'est qu'un bon sensélevéj qui, ne prétandmit pas connaître toutes choses^ veut connaître bien les objeU dont la connaissance ne lui a pas été refusée- Les noms &t les apparences ne sont rien pour elle, le préjugé o'est la base d'aucun de ses jugements, le nombre et le temps ne transforment pas pour elle une erreur en vérité; elle m croît, ne nie^ n'affirme rien au hasard ni à la légère. Ne $â fiant pas à un premier regard, elle cherche les différence sous les ressemblances^ et les ressemblances sou$ les différences; unissant tour à tour ce que le vulgaire séparei d séparant ce qu'il unit. Tandis que tous les faits sont isûUi pour le regard inattentif, ils se lient et s'enchaînent sous le sien, et elle poursuit aussi loin qu'elle peut la chaîne qui les unit* S'attachant dans chaque chose à ce qui est esseii* tiel, et jetant à Técart ce qui est purement accidente^ elle Unit par reconnaître une même nature ^ un même princi[je, une même origine en des objets qui semblaient d'aboid n^avoir rien de commun entre eu%; elle ramène aioâi las innombrables faits du monde moral et du monde physique à un petit nombre de pensées, et ces pensées eUes-m^iiKl à un plus petit nombre encore , gravissant ainsi vers l'u* nité; qu'elle n'atteindra jamais^ mais à laquelle une tofce mystérieuse la contraint d'aspirer toujours. Pour dire tout
lîT LA TRAPITIOM.
un moli la philosophie diffèœ de la raison vulgaire ea j âli[fi*elle s'applique a pénétrer de ^extérieur des choses, m dti leur eiiveioppej jusqu'à leur principe, du moins jusfl*i ridée qui explique à elle seule le plus giand nombre lie faits possibles, et devant laquelle, manquant d'haleînei «lie est contrainte de s arrêter. Où s'arrêtera4-elle? quelle e*l sa sphère légitime ? Cette question lui importe plus que* ] toute autre. La philosophie ne s'honore pas plus en étendant son regard qu'en reconnaissant ses limites. Elle règne dam cette apparente abdication; c'est sa gloire de savoir < té borner, aussi bien que dans le domaine de la morale r'eit la gloire de la volonté de s arrêter à propos et de iWrcer contre elki-niéme. Mais pour connaître cequ*elle et œ qu'elle ne peut pas, elle fait le compte de ses lés ei de ses instruments ; elle mesure ses moyens à but, et ne pouvant mettre toute sa grandeur à conitatersa connaissance, elle en met une partie à constater iM ignorance, et, pour ainsi dire, k savoir certainement ^'elle ne sait pas.
&int Faul n'avait pas répudié cette philosophie, et n'aitit pu songer à la répudier; il savait aussi bien que nous ^ dans des matières de reli^non, et même de religion rtniée^ on fait de la bonne ou de la mauvaise philosophicj en tout casj de la philosophie^ Q ne faut pas coner la philosophie, ou bien il faut se taire sur la reli- ^ qui k suppose, qui y conduit, qui la créerait si allt; f austait pas. Aussi saint Paul ne Ta-t-il pas condamnée, el •t»5qull prémunit ses disciples contre « une iicience faus- • Neitient ainsi nommée, » il suppose par là même une lelencé vraie. Or, la philosophie est une partie de la science, <i plutôt la st'ience même de la science. Comment, d'ailliiri> Teût^il condamnée sans se condamner lui^nk^âme^ kiçaims Mi un si heureux et si tTfequei\\. u^ii^itX'^^Nii^»
-voudrions en vain le nier; les écrits de saint Paul, ceux de saint Jean sont pleins de la plus haute philosophie ; et qa'on nous entende bien : nous ne voulons pas seulement dire pleins d'une vérité sublime, mais pleins de cette philosopMe que nous avons tâché de caractériser, qui s'élève des apparences à la réalité, de Taccident à Tessence, du particuÛei au généra], des faits changeants aux i)rincipes immuables. Saint Paul ne méprisait pas non plus la tradition, par d il faut entendre la communication d'un fait ou d'une vériti de la part d'une personne qui a le droit d'être crue, h philosophie nous apprend à quel titre une personne a droi d'être crue ; mais les conditions qu'elle pose étant remplies il est philosophique de croire, et la tradition vietit, au gn de la philosophie, combler le vide laissé par la philosopha qui peut raisonner sur les faits, mais qui n'a pu les inventa La révélation dans ce sens est la tradition par excelleiKse c'est la tradition de Dieu même. Mais c'est encore la tradi tion de Dieu, ou une tradition divine, que la successioi des vies sahites dans l'histoire de l'humanité : ces vies son le christianisme lui-même, car le christianisme, bien qtfî découle d'une doctrine et qu'il soit écrit dans un livre, n'ei pourtant essentiellement ni une doctrine ni un livre, mai une vie jailUssant éternellement du sein même de Dieu Or, cette vie, perpétuée de fidèle en fidèle, est encore um révélation, une tradition, un témoignage divin. C'est ausfi une tradition divine que la parfaite similitude du christia nisme avec lui-même à travers les extrêmes différences de temps et des lieux; et le philosophe, frappé lui-même d ce merveilleux accord des siècles, des nations et des races ne pourra s'empêcher de voir dans cet accord si intime c si involontaire du sauvage avec l'homme civilisé, et de chrétiens du premier siècle avec ceux du dix -neuvième un fait bien digne de peser dan& \^ b^\aivcA etv Caiveur de I
^^^^^H^r ET XRâDlTlON, tfS 1
f leligîoiî chrétienne. Dans un sens encort^, la tradition est 1
I emsîdémble ; c'est lorsque^ remontant à la source inème 1
I de nos croyances^ elle nous les montre dans un état de I
I pure lé et de simplicité qu'elles n'ont pas tardé à perdre 1
I dtLos les discours et dans les écrits des âges suivants. Car 1
I Jiien que le diamant de la vérité soit toujours aussi pur en 1
I loi-même^ et quoique aussitôt qu'on le débarrasse de son I
I «nTeloppe^ il jette les mêmes feux que jadis, encore faut-il I
Iquû cette enveloppe^ cette eroClte soit enlevée^ tandis qucj 1
lém les mains du maître et de ses disciples immédiats^ rien J
B^^Dveioppe, rien ne le ternit; il est tout entier diamant. I
^^P a ce retour si nécessaire vers nos origines que s'ap- I
piquent bien ces paroles du prophète Jérémie : « Enqué- I
I i raz-vous touchant les sentiers des siècles passés^ quel est I
I «le bon chemin j et marchez-y. a (Jérémie, Vl^ iii,] 1
I Ce n'est ni contre cette tradition ni contre cette philoso* I
I tJiie que saint Paul veut mettre en garde les Colossiens, U 1
I parle d'une philosophie prestigieuse et d*une tradition hu- 1
iMiitâ. La première est la raison naturelle, procédant sans 1
I lè^e et opérant sur des données incomplètes ou fausses; I
I k seconde est une prévention stupide qui ajoute à une opi- 1
' nion quelconque le poids brutal du nombre et de la durée. 1
L ftinl Paul veut donc prémunir les Goiossiens et nous-mêmes 1
ïmàiB le sophisme érigé en philosophie et contre la cou- 1
[ tiùiie érigée en preuve. I
I lUppelle cette philosophie prestigieuse ou pleine de vains 1
IfiMiges. C*est ainsi, mes frères, que nous croyons devoir 1
l<ieiidre les expressions de l'original; et c'est en effet par I
^é» prestiges, ou par des apprences, que cette philosophiâ 1
aotts séduit* Elle ne pose rien en principe que nous ne 1
loyoQs obligés d'admettre et que nous n'admeUions volon- I
fenj ce qu'elle oppose k la vérité qu'elle veut détruire^ ce ■ *ool des vérités^ tmisa ce sont des yètvlès çal^À«^%%^ q^\v
illJN lA PHILOSOPHIB
séparées de celles qui sont destinées à les complétOTiOl sont désormais que de graves erreurs. Le monde en uiek regard de la vérité comme à Tégard de Jésus-Christ: il i» la nie pas absolument, il la diminue. C'est là son prestige; c'est par là qu'il éblouit la plupart des hommes, et surioiÉti sans doute, ceux qui veulent être éblouis. II n'a donc psi besoin d'évoquer des fantômes et de créer, si Ton peut divs ainsi^ des erreurs factices : la vérité lui suffit; il la déchifOi et d'un de ses lambeaux il fait une erreur d'autant phtt dangereuse qu'elle ressemble davantage à une vérité. Sel mensonges sont des réticences, et seraient bien moins datt^* gereux, ou seraient absolument sans danger, si c'étaieit de purs mensonges.
C'est ainsi, par exemple, qu'il en appelle au sens eonhmun, ce myope dont l'œil voit bien ce qu'il voit, mais ne voit qu'à deux pas, et lui demande en ricanant s'il voit done à l'horizon ces merveilleux objets que d'autres ont prétendu y voir, mais qu'à vrai dire ils ont rêvés. Il n*a garde de loi dire que cet œil si faible, armé d'un télescope, verrait tout ce que d'autres ont vu. Il l'accoutume à juger des choses du ciel par les analogies de la terre. Il lui enseigne à ne considérer comme réel que ce qui se touche, et comme vrai que ce qui se comprend. Il ne lui commande pas de nier l'invisible, l'infini, la providence, la grâce, la commih* nication de l'homme avec Dieu par la prière; mais au fond il ruine à petit bruit toutes ces vérités dont aucune n'est k la portée du sens commun, et sur chacune desquelles le sens commun, si on l'interroge, ne manquera pas de répondre : Non. Voyez-vous cet homme qui, chargé d'allumer au sommet d'une tour le fanal qui doit, au milieu de la tempête et de la nuit, guider vers le rivage de malhett« reux navigateurs, y place dérisoirement, au lieu d'une ffamme aux jets larges et ël\nce\axv\;&, \^ ^^Xx^j^ V^m^ cp
IT Là TRAmilOÎI. 1
\ê\i\ à ITieure éclairait à peine un coin de son étroite de-« I
meure; telle est la philosophie du sens cotnmun. Ne faut-il I
pas qu'un homme soit tombé bien bas, que son âme soit 1
im eu{40Uixlic ou tout à fait morte pour qu'il applique I
sérieusement aux questions religieuses les principes étroits 1
du sens commun f Eh bien I tout un siècle^ nous ravons 1
fu^ m peut venir là ; et que devient Jésus-Christ pour un 1
îMe pareil? Nous l'avons vu aussi. Les uns le renient et I
blasphèment; les autres^ plus timides, ou moins consé- I
quenls, ou plus habiles^ le diminuent, retranchent de sa J
iUide; mais pour les derniers comme pour les autres, I
t plus de Jésus-Ghristj car ce Jésus-Christ n'est pas I
wàm le sens commun* I
Un autre prestige, tout opposé, nous séparant du sens 1
cûmmun (dont il ne faut pas sans doute se contenterj mais 1
dont il ne faut jamais se séparer), enlève notre perssée dans 1
(te régions sans bornes, où rien n'arrête le regard, où l*œii 1
m peut rien comparer ni mesurer, parce qu'il n'y a rien I
(hns cet espace que Tespace même, où les idées ne reprè* I
•entent pas des choses, où les mots ne représentent pas I
<te idées, où rexïstence de l'être pensant se confond avec I
eefe de Tobjet pensé, où le dernier point d'appui ou d'arrêt I
to la pensée, la certitude de notre propre existence, le droit 1
êîdîre mût 3 a commencé par s'abîmer dans une substance 1
^Hi n'est pas plus que nous en étiit de dire moi. Persuader 1
4 l'esprit que s'ébattre ainsi dans le vide, c/esl réellement I
penser; que lier des formules h des tbrmules c'est réelle- 1
Baenl connaîlrtv, n'est pas si diflîcile qu'on serait porté à le I
Cfoire, et surtout que ne veut le croire la philosophie du I
«eus commun. Et quand on a sacrifié à cette autre idole, I
plot gninde; mais plus creuse que la première, que reste- I NI de Jésus-Christ! Son nom peut-être; car ces systèmes^ joi $e piquent d'être assez vastes pour off m ûtve. ^^^cç- ^i\%
leur sein à tous les systèmes^ en ont une aussi pour Jésus^ Christ. Mais quelle est cette place? ou plutôt quel est C0 Jésus-Christ? Vous attendez-vous à rencontrer le Jésus^ Christ de Bethléhem et du Calvaire? ce Jésus-Christ vivant, personnel, qui pleura sur Lazare, qui regarda Pierre, qui aima saint Jean? Quelle pauvreté ! quelle bassesse! Tool cela n'est qu'une image grossière l La croix elle-même n'eA qu'un symbole dont vous êtes loin d'avoir le sens ! Et quant au Fils éternel unissant sa divinité à notre humanité^ el quant à cet Avocat que nous avons auprès du Père et qui est vivant pour intercéder sans cesse, et quant à cet Ami céleste qui est au milieu de nous lorsque nous sommet assemblés en son nom, il n'y faut plus songer. Jésus-Chrial n'est pas une personne, mais un fait. La personne qui { paru sous le nom de Jésus-Christ n'a fait que revêtir, ai moment précis, une idée qui était dans le monde; c'eB cette idée qu'on a crucifiée, c'est cette idée qui est ressus citée et montée au ciel; il n'y a point d'autre Jésus-Christ le vôtre, celui aux pieds duquel vous avez tant prié, tan souffert, tant aimé, ce sont plusieurs personnes dont aucun n'était le Christ ni ne pensait à l'être, mais dont l'une, san le vouloir, a pris à son compte tout ce que les autres ont été et a facilement absorbé leur souvenir dans le sien. AUe maintenant, priez et pleurez sur ce Calvaire désert; cher chez-y une croix qui n'y fut jamais plantée; cherchez dan les cieux un Christ qui n'y est pas, et au lieu d'un Di« adorez un système. Votre Christ s'est perdu dans un Chriî beaucoup plus grand; n'allez donc pas dire qu'on vous 1' diminué, quand, au contraire, on vous l'a agrandi ; mai non, mes frères, dites hardiment qu'on vous Ta diminu en effet, diminué de toute sa personnalité, qui était le poin d'appui de votre espérance, le principe de votre vie reli j'euse elle charme de vos douleuts.
IT LA TRADITIOT^,
La philosophie dont parle saint Paul a d'autres prestiges 1 éûcûre, Toujours fidèle à son principe, elle diminue I rbomme; pour diminuer Jésus-Christ. Elle oublie à das^ I Sein tel ou tel des éléments principaux de la nature hu- I maine, et fait si bien que rhomme n*étant plus l'homme I loul entier, n*a plus besoin aussi de Jésus-Christ tout en- I lier. Tantôt elle fait de la religion un raisonnement , un I système, dont elle balance savamment toutes les parties, I délie applique si bien à cette étude toutes les forces da I notre intelligence, que ce qu'^elle nous a donné comme I système reste en effet système pour nous; que nous pen- 1 «ons notre religion sans la sentir; que nous raisonnons d© I rtmoursans aimer, du salut sans être sauvés; que nous I savons en un mot^ à merveille ^ comment doivent se passer 1 «0 nous toutes ces choses, sans qu*aucune se passe en nouâ. Tantôt elle retmnche à la fois un des dogmes de Itvangile et un des besoins de notre nature ; car il n^est pas dans TÉvangile un dogme qui ne corresponde à un de nos besoins, ni dans notre nature un besoin qui ne cor* ï^sponde à une doctrine de TÉvangile. Il lui suffira, par exemple, je ne dis pas de nier, mais de dissimuler, mais it\ taire et ce besoin de notre nature et ces paroles de l'Érangile qui donnent j de concert, la perfection pour kmi5 k nos efforts et pour but à notre vie. De là, je veux dire d*une morale sans héroïsme, jusqu'à une morale parfailenient triviale j il n'y a pas même un pas; on tombe^ tans transition, de l'une dans Tautre; on est trivial quand on n'est pas subUme. Oi^ si au point de vue de la craix de rUomine-Dicu une morale vulgaire est absurde j la croix de 1 Homme-Dieu est également absurde au point de \ue d'une morale vulgaire. Qu'avons-nous affaire de Jé&usrChrisl, et commenl sa croix ne serait-elle pas un hors-dU'uvre dès qu II est entendu que ïiû\i% iv^^ isû^\»^^
LA FBaOSOPHIIt
point appelés à la perfection? Jésus-Christ est doncdumnué! De combien? Je ne sais; mais ce que vous devess savoir, c'est que, si Jésus-Christ ne vous est plus néc^ saire, il ne vous est plus même utile*
Autre prestige j autre vérité transformée en erreur. U philosophie invoque Tidée de progrès; et^ comme celte idée est profondément vraie, comme le progrès, de quelque façon qu'on Tentende, est l'instinct de tout homme^ elle trouve aisément un écho dans notre cœur. 11 faudrait^ pour être vrai, dire à l'homme que l'immutabilité, comme ie progrèSj est le caractère et la beauté de la religion vraie, ouvrage d'un Dieu en qui il n'y a ni variation ni aucune ombre de changement ^ et que c'est avec plein droit qu« saint Paul a dit de son Maître qu'il est le môme hier, au* jourd'hui et éteniellement ;. il faudrait lui dire que cette immutabilité qui fait la gloire de l'Évangiîe, puisque restant le même, il a suffi à tous les siècles et répondu à tous les besoins que le progrès a fait surgir , est en mèïM temps et surtout la consolation et la joie du croyant, qui ne craint plus de se voir ballotté à tout vent de doctrine ; il faudrait lui dire que, sans cette iramutabilitéj l'Évangile, qui ne serait pour lui qu*une pensée liumainese modifiant sans cesse elle-mômcj ne pourrait lui suffire ni dans la vie ni dans la mort ; enfin il faudrait lui dire que le progrès qu'il aime et qu'il veut se trouve dans rÉvangile, qui, sans rien changer à sa base éternelle^ se prèle à tous les mouvements les plus divers de Thumanité, %e dilate pour ainsi dire avec elle^ se montre, après chaque révolution de la soc ié té ^ proportionné à l'état qu*a amené cette révolution; que dis-]e, porte caché dans son sein le germe de toutes les révolutinns heureuses, et les a toutes provoquées ou facilitées. Oui, il faudrait dire tout cela; mais en ne k disant pas, on rend Thommc impatient de cette religion
ET LA THADITÎOÎÎ,
immobile j toujours en arrière, lui semb!e-t-ilj de ses pen-À Bées eï de ses espérancGS ; et ainsi encore on diminue Je* j sus-Christ en lui ôtant j si j'ose parler de la sorte^ une par- 1 lie de son butnanitéj puisque, en qualité d'homme, il doit 1 lOUscTire et concourir à tous les développements et à tous | kâ progrès vé ri tables . |
Telles sont quelques-unes des ruses d'une fausse philo- | wphie. Que d'autres nous poumons citer encore ! Bornons- i à vous avoir mis sur la voie, et signalons maintenant | ivec saint Paul cet autre complice ou cet autre allié du I monde, la iradiiiùn humaine. Ne faut-il pas que le monde 1 soit bien décidé à réussir, et en même temps bien peu 1 tarlâin du succès, pour associer dans un même dessein i deux ennemies aussi déclarées que le sont l'une de l'autre, \ U philosophie et la tradition! J'entends la philosophie lîomjieuse et la tradition humaine ; car la philosophie dont prie saint Paul se rit de toute tradition. La philosophie s'appelle elle-même l'indépendance , la souveraineté de Tesprit humain, et la tradition, à ses yeux^ en est la servitude et lavilissement* Mais il ne leur semble pas que ce Suit trop de leur force réunie pour venir à bout d'une tâche tUfisi forte que celle de déraciner ce grand arbre, ou même Hdement de Témonder; et dès lors il leur en coûte peu de vaincre leurs répugnances mutuelles; la philosophie ik lors s'appuie volontiers sur la tradition, la tradition l'en réfère volontiers k la philosophie; je veux dire que la philosophie ne dédaigne pas d*enlrer dans les préjugés de la mulUtud€% et que la nmltitude ne refuse pas d'emprunter quelques arguments à la philosophie. A Colosses, Théavait ce double caractère ; c'était un composé de nnements subtils et de citations sans autorité; on alléit à la fois contre la plénitude de Jésus-Christ une prétendue nature des choses et les opinions des docteur$«
ooseï».
avofl
. L^effort de la tradition^ dans cette discussion, ne portait pas tant sur la nature divine de Jésus-Christ que sur la vertu toute sufSsante et parfaite de son œuvre comme R^ dempteur. La tradition s'efforçait de ramener les Colosr siens vers la loi, non pas certes vers cette loi spirituelle qui^ telle qu'un sage précepteur, eût ramené les ftmesi Jésus-Christ, mais vers cette loi des œuvres et des obsep-. vances^ bien plus propre que toute autre chose à rep sur son piédestal Tidole de la propre justice. Nous n'é pas les mêmes traditions, mes frères ; peut-être n'en avo nous point, à moins que ce n'en soit une en quelque sorts que de n'en point avoir, et de pouvoir se dire : Ce qu'on nous propose de croire, nos pères ne l'ont point cru; oe qu'on nous propose de croire, on ne le croit pas aiUôunu Cette tradition de l'incrédulité et de l'indifférence n'est pas, assurément, moins puissante que l'autre, et nous savons, à la honte de la multitude , quel parti on en a tiré pom affaiblir l'Évangile et pour diminuer Jésus-Christ. On peut à la vérité tirer de la tradition un parti tout opposé; ceh s'est vu aussi, et jusqu'à un certam point nous pouvcms nous en réjouir; mais puisqu'il faut dire ici toute la vérité, nous ne serions pas étonné que le grand ennemi ne se réjouit de voir^ fût-ce même dans le sens de la vérité, la tradition des hommes mise à la place du témoignage die Dieu, et les hommes continuant ou commençant à croire à Jésus-Christ, non parce qu'ils ont reconnu en lui le chemin, la vérité et la vie; non parce qu'en le contemjdani ils ont été intérieurement contraints de lui rendre gloire, mais principalement parce que leurs pères ont cru. C'est un piège que le prince des ténèbres tend aux plus fidèles; peut-être il aimerait mieux que le nom de Jésus-Christ ne fût pas prononcé du tout, ce nom tout seul étant une puissance; mais après tout^ il ne lui importe pas trop que la
BT LA niABtrtOEf . t^ \
toi ait un objet ou qu'elle en ait un autre^ pourv^u que cette foi, pétrifiée en quelque sorte j n'ait plus de la foi que la (orme et le nom , et que Jésus - Christ soit diminué ou restreint, sinon dans la plénitude de sa nature j ou dans œllede son œuvre, du moins dans notre cœur même et i les sentiments que nous lui devons. Ainsi^ dans tous rleft temps , el quel que soit le sens de la tradition^ Ten- Ise sert de la tradition au préjudice de Je sus-Christ j plutôt à notre préjudice, et Texhortation de l'Ar arrive h nous, pleine de justesse et dVpropos, à travers dis-huit siècles qui nous séparent de lui.
Et gardons-nous de l'oublier , ces deux .adversaires de
Jésus -Christ dans Téglise de Colosses se réclamaient de
Jésus-Christ Tun et l'autre ; ils osaient prononcer son nom,
fil s'ériger même en hérauts de sa gloire et en prédicateurs
^ sa doctrine ; il faut bien s'en souvenir pour comprendre
que saint Paul ait dit aux Colossiens que leurs nouveaux
I docteurs les enseignaient a selon les éléments du monde
^Uon selon Christ, j» Aurait-il valu la peine de dire que
^^Qcieurs n'enseignaient pas selon Christ, s'ils n'avaient
P pas affecté d'enseigner selon Christ? Mais non^ ils étaient
\m d'enseigner selon Christ, non-seulement [mree qu'ils
pOfkient atteinte à la plénitude de Christ, doctrine fonda-
ittikle de l'Évangile ^ mais encore parce qu'ils n'ensei-
indeot pasy cela va sans dire, selon Tesprit de Christ, qui
lesl céleste; mais^ dit saint Paul, selon les éléments du
Inonde, C'était le monde, en effet, le monde qui a le cœur
rpiftagé, le monde qui n'aspire point à la perfectionj le
QoDdequi se contente d'un juste milieu insipide, le monde
I ijti! na pas faim et soif de la justice, le monde à qui tout
l^^ui est divin dans la vie humaine apparaît comme une
Hk c'était le monde qui fourniss^ait à ces docteurs les
'Vvilints de leurs argumentations, toujours assea spé-
cieuses pour rhomme naturel. Partant du monde^ ils arri valent au monde; il faut partir de Dieu pour arriver i Dieu. Ils se condamnaient eux-mêmes dans leurs effort pour diminuer Jésus-Christ; car^ quel que fût leur dessm ils n'avaient pas annoncé celui de diminuer les obligation de rhomme, de diminuer sa destination, de diminuer fl nature, de diminuer la religion; ils auraient été bienft chés qu^on le crût; ils auraient protesté contre cettej culpation ; ils la méritaient pourtant, et ne pouvaient ( ne pas la mériter; car c'est une loi étemelle, et cou par l'expérience de tous les âges, qu'on ne peut retranche quelque chose à la plénitude de Christ sans amoindrir d'an tant ridée de la loi chrétienne, et pareillement, qu'on m peut essayer d'entamer cette loi parfaite sans être pou» impérieusement à faire descendre Jésus-Christ de ce trto où l'avait placé notre foi.
Chose prodigieuse et véritable! la tradition de la vérit a pu quelquefois convoyer la tradition du mensonge. A H bri d'un dogme important, mis en évidence, hautemoD arboré, dominant toute la doctrine, une foule d'invention humaines, calculées pour la consolation de l^omme m turel, ont formé une colonne serrée, et grossi le couru de la tradition. Dans ce cortège impur de la vérité, il tfeî erreur qui n'ait trouvé sa place ; il n'est superstition gra sière, idolâtrie dégradante, honteux paganisme qui n'a marché tête levée, fier d'être vu en compagnie av« une vérité universellement honorée : ainsi le pavillon d royaume couvre le vaisseau du pirate. Celui qui, trop vîvk ment touché de l'espace, du temps et de la coutume, i va pas toujours de nouveau puiser la vérité à sa souro est en grand danger, selon l'expression de saint Paul, d'êb emmené en esclavage par cette £ausse tradition. Si jama une communauté s'érige de son chet eu dépositaire de '.
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irérité, si elle fait de cette prétention même , et du devoir de la soutenir^ un dogme ou plutôt toute la religion de aes adhérents^ elle pourra un jour, au nom de la tradition ifàtèi la raison du grand nombre^ avoir le grand nombre pour elle ; eOe aura même beaucoup plus de sectateurs de m principes qu^elle n^aura de membres de son corps ; car m grand nombre de ceux qui se vantent de lui être oppoà Éfê waiy ainsi que ses propres adhérents^ les esclaves ■lîiM tradition, en sorte que sil ne s'agissait pour elle que ■ iiprincipe abstrait de la tradition, elle pourrait hardiment ^ les réclamer comme siens. Qui est-ce qui croit à la vérité pour la vérité même! Qui est-ce qui n'est pas, jusqu'à un certain point, esclave de la tradition? Il n'est pas nécessaire toiqours que les siècles et les générations y conspirent; un teol homme suflSt; l'autorité d'un seul est la tradition de piosieurs; tant de paresse et de servilité trouve moyen de t'iceorder avec tant d'insolence ; et l'attrait, l'empire de h tradition est si grand, que la religion qui a rompu d'un ieol coup avec la tradition et avec la philosophie (j'ai dit iîec quelle philosophie) est par là même une religion hé- RAqae, l'appel le plus énergique à tout ce que l'esprit humin peut avoir de puissance et de valeur propre, la tâche il plus effrayante qu'on ait pu jamais imposer à l'orgueil ctàllndolence, mais en même temps la plus honorable perspective qu'on ait pu jamais ouvrir à la dignité de notre oitore. Ce qu'on propose à notre espérance, c'est l'avantage, c'est la gloire si rare de pouvoir dire en toute vérité : • Je sais en qui j'ai cru. » Mais ce n'est pas notre gloire, c'est celle de l'Évangile, et c'est notre salut. C'est au nom de notre salut, de notre étemelle communion avec Dieu, que saint Paul cherche à nous mettre en garde contre une busse philosophie et une vaine tradition.
Paul a vu ces deux dangers à la fols, cesâiew^ \»»xx:k\>\^
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dans l'autrCj et c'est à cette vue qu' il s^écrie avec angoisse mais avec énergie : Prenez garde ! prenez garde que ces ennemis ne vous emmènent en esclavage î car c est bientt le sens et fa force de ses expressions. Mes sont vives^ elles sont touchantes- Ne croyez-vous pas voir les habitants d'uîie île fortunée^ errant sans cmîntc sur le rivage de leur tem natale^ trop près sans doute de cet océan qui est le chemin de leurs ennemis? Leur regard qui^ de ce rivage bas et uni, ne peut s'étendre asseai loin sur la mer., n'y apei^ çoit pas les funestes vaisseaux qui leur apportent des chaînes» Maisj debout sur le sommet d*un rocher (c'est le rocher du salut) ^ une sentinelle vigilante (c'est Paul) signale à ses compagnons le danger qui s'approche. A peine a4-il vu ces navires à l'horizon , déjà, par un juste presseutîmentj il voit sur ces bords heureux la senîtude et la désolationj et du haut de ce rocher voisin du ciel il fait entendre ce cri sauveur : L'ennemi , voici l'ennemi ! Prenei garde, hommes trop imprudents, qu'on ne vous emmène en esclavage! Prenez garde, chrétiens encore novices, qu'on ne s'empare de vous par de spécieux discours, el 1 qu'on ne vous dérobe, à peine conquise , à peine goûtée^ cette glorieuse liberté des enfants de Dieu I Prenez garde qu'on ne vous enlève celui qui est pour vous la liberté même, ce Jésus sous les regards duquel vous aviez vu tomber toutes les cliaînes dont vous cliargeaient à la fois votre conscience alarmée, l'habitude du péché ^ la pubsance de la chair^ la crainte de la douleur, la crainte de b mort. Prenez garde, car bientôt, et sans vous en éti'e ape^ çus, il ne vous restera rien du Christ \ivant et fort^ à la place duquel on vous aura laissé un Jésus^Christ mort cl inutile. Prenez garde^ d'autres^ qui 1 avaient re^;:u comme vous^ errent maintenant sans lumière et sans guide, sans Dieu et sans espérance > dans la ténébreuse vnUee
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îtte vie mortelle. Prenez garde, car les plus grands fi ont souvent été l'œuvre d'un imperceptible moment; ans la vie spirituelle aussi bien que dans la vie tempof a la pauvreté vient comme un passant, et la disette nme un homme armé. » (Proverbes, VI, il.)