‹ Études ÉvangéliquesChapitre 9 sur 28 · LÀ PHILOSOPHIE ET LA TRADITION · texte numérisé non relu

LÀ PHILOSOPHIE ET LA TRADITION

Prenez farde qt»e perêonne ne vous emmène en eselavu§t par une philosophie pleine de vains prestiges et par une tradition humaine, suivant les éléments du monde, et: non pas selon Christ, Colossiens> n, 8.

Saint Paul^ dans les versets qui précèdent notre texte, a célébré le mystère de la triple plénitude de notre Seigneur Jésus*Christ^ lequel est pleinemeift Dieu^ pleinement Sau^ veur, et, par la foi, se communique pleinement à l'âme du chrétien; et il a terminé par dire que dans ce mystère de la plénitude de Jésus-Christ sont renfermés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.

Saint Paul, dans ces derniers mots, vient d'affronter la sagesse humaine, qui veut tout devoir à elle-même, et rien, ou le moins possible, au grand mystère évangéCque, Il vient de porter un défi à l'hérésie qui, depuis un certain temps, s'efforçait de miner, au sein de l'Église de Colosses, la doctrine de Paul, qu'Épaphras y avait apportée. Ou plu» tôt (car ces termes de défi et à'aff^ront conviennent trop peu à l'humilité de saint Paul) il vient de protester, au nom de la vérité, contre tous ceux qui, à Colosses ou ailleurs^ prétendent savoir quelque chose de mieux que le mystère de Christ et de la plènilude de Cks:\sX«

LA PBlLOSOplillï m tA TRADITION.

lOS

^^Blties frères ; rémotion de saint Paul se trahit; ici i

^BWeconnaissons que ce qui le préoccupe > ce n*est pas

finlérêt d'une idée , mais un intérêt plus touchant^ celui

des Ames* IcK la joie d'avoir vu ce grand mystèrç annoncé

m monde» et d'en être lui-même le porteur parmi les na^

tiutis, fait place^ pour un niomentj à une \ive et tendre

HJÎIicitude; on dirait que la joie a réveillé la crainte, et

qw'à mesui'c que saint Paul a mieux approfondi la gloire,

U beauté, le prix de ce mystère, il sent mieux tout ce qu'il

y aurait de douloureux à le voir enlevé aux fidèles de Co-

I risses, et qu'il regrette de n'avoir pas en son pouvoir tous

\n moyens imaginables de les affermir dans la foi qu'ils

ûnlembrasBée, 1

Ca moyeu très important lui manque : c'est d'être au |

lûiUeu d'eux ; c*est de leur parler au lieu d*être réduit à

linr écrire. Qu'une simple lettre, et même la plus élo-

qttcnte, est peu de chose auprès d'un entretien, qui se

prolonge^ qui se répète, qui ajoute à la force des pensées

i'dk force inexplicable attachée k la parole vivante, à la

vflix, au regavd, en un mot à la présence personnelle; qui

permet enfin à celui qui écoute d'interroger celui qui

■wle» de le diriger par ses questions mêmes, de rendta

put son discours plus propre et plus applicable aux be-

Km de son auditoire 1 Et quand bien même celui qui

fcril ne serait éloquent et disert que jmr écrite quand sa

Blrole, pour parler avec saint Paulj serait méprisable,

■k4-il pas des moyens de rendre puissante cette présence

■éimsable, de rendre éloquente celle présence muette t

HlâcUons n'ont-elles pas un langage? Les exemples ne

■kt-ib pas des arguments? Saint Paul ne se piquait pas, J

pu qu*jl semble, d'être grand orateur; et quand il répÈte,

ne une toucbaule humilité, les propos de ses adversaires

mâi^hat de lai ; a Sas lettres sont \^rii\eà tV\o^s?^'à,mi\^

104k LA PHILOSOPHIE

a la présence de son corps est faible et sa parole est n a prisable^ » il ne prend pas puérilement la défense de s éloquence méprisée, et peut-être injustement méprisé il répond simplement : a Que celui qui parle ainsi con a dère que tels que nous sommes en parole dans t «lettres, étant absents ^ tels aussi nous sommes pari a actions étant présents. » (2 Cor.^ X^ il.)

Ce qu'étaient les actions de saint Paul^ son énergie^ décision, la sagesse de ses mesures, son talent, sllestpi mis de parler ainsi, pour le gouvernement de l'Église^ en son zèle ardent et doux pour le bien de ses disciples^ c'e mes frères, ce que je n'ai pas à vous rappeler. Il était pi mis à saint Paul, dans le danger dont il voyait menacée foi des Colossiens, de déplorer sa captivité qui Tempécli d'aller à leur secours^ et de communiquer avec eux vive voix. Mais ne faisait-il point tort à ses lettres, si grai et si fortes, comme ses adversaires en convenaient? sont-ce pas ces mêmes lettres qui, transmises par les p miers fidèles à leurs voisins et puis à leurs descendaô ont, de siècle en siècle et de pays en pays, converti monde? N'en sommes-nous pas nous-mêmes la vivai preuve, nous qui, après tant de générations disparu nous rassemblons encore comme les premiers fidèles^ pc lire et méditer les écrits de Paul? Pourtant, mes frèn Paul avait raison, et Timmense succès de ses épîtres prouve rien contre la justice du regret qu'il laisse ent] voir. Ce n'est pas par ses épttres seules que le monde a< converti, mais par les hommes qui les ont, en quelq sorte, sans cesse adressées de nouveau à l'Église univi selle; par les hommes qui nous ont parlé de ce que sa Paul nous avait écrit; par des hommes qui ont prod leurs œuvres et leur caractère personnel à l'appui des yi tés contenues dans ces immoviels écrits. On peut dire, l

ET tk TRADITIOK.

^pëtdunioîns en pvonant Teiisenible de ceux qui ont ^R), que « la foi vient de Inouïe, i> et non de la lecture seulement^ et que si , par un moyen que nous ne concevons pas trop bjeî3j les messagers do TÉvangile se fussent bois m à répandre dans le monde les épltres de saint Paul et Il Bible entière, siins mêler à cette parole écrite leur paîole vivante, et si ensuite ceux que cette lecture aurait convertis (car nous admettons qn'eUe en aurait converti ptusieurs) s'étaient interdit, comme les premiers j de prôthùf autrement que ])ar cette communication silencieuse du volume sacré, la flammej un instant allumée^ aurait bientôt pAli> et n'aurait pas tardé à s'éteindre; tant^ en gé* lït'ralj importe la présence de l'homme et sa parole vivante, tant Dieu a iiarticulièrement lié h la puissance des commuowations immédiates de Thomme avec Fbomme Taction ti les bienfaits de FEsprît qui vivifie.

Ne pouvant se transporter che2 les Colossiens et se présenter à eux comme une épltre vivante de Jésus-Christ, ttial Paul cherche à remplacer cet avantage par Tinstance fi la cordialité de sa parole. Il se rend, autant qu*îl peut, pour ainsi dire présent à Colosses par la force de son tmottr; les élans de son cœur anéantissent les distances; ï tapproche de lui les Colossiens par Texpression même ifi san regret; il les attire sur son sein, il les embrasse par pensées pleines de tendresse; il ne veut pas être ab- Bt, il estj dit -il. avec eux en esprit; il n'a pas seulement lu parler de ce bon ordre imposant^ de ce front de le (car c'est bien là sa pensée) que les Colossiens BDt à lennemî de leur foi; il voit tout cela^ et se réjouit h cette vue; il est à leur tête, ou plutôt dans leui^ mpf et s'ils ont engagé une lutte, un combat, lui, inviahle compagnon d'armes^ il combat, il lutte avec eux, mtfiïel nmer chagrin pour un pueTrier paVt\o\ft à^iv^ \ft^-

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voir prendre part à une bataille qui va décider Au soH < sa patrie! Mofeé^ pendant que les Israélites combeffaieri était toin d'eux sur la montagne^ et là il combattait tfh eux. Mais saint Paul sait le secret d'être présent pMkm n lié dépend pas absoluntent de saint Paiîd (ffte- les Cote siens s'aperçoivent de sa présence au ttiilieu df^eii-x; M il dépend de hii d'être en réalité présent au: milieu d'en ïl y est en effet, il y est pleinement par la charité; eli n'est pas de loin , c'est de près qu'il leur crie : fuJtJài <c dis ceci, je vous parle de ce grand mystère, afin (faè n « ne vous abuse par des discours spécieux; » car eesr dl cours, je les entends ; ces séducteurs, je les vois ; ce daa gep, je le touche. Soldats de Jésus-Chrîst ! doïit yaduSi le boïï ordre et la masse compacte, « prenez garde, *• vdl l'ennemi f

L'ennemi dont parle saint Paul est le grand enneÉi rennemî de Jésus -Chïist, rennemî des ftmes. C'esf mondé, et c'est le prirïce de ce monde.

Son bift, l'objet de son effort constant, est de détivA Jésiis-Christ, afin de n'être pas détruit ; car tion-setdemei il n'y a pas de communion, mais pas de compatibilité CH tre Christ et Béïial. La guerre impie, la guerre inseiM que l'esprit du irionde a déclarée à Jfésus-Christ est tb guerre à mori;. Mais le monde n'a garde d'annoncer M dessein tout entier. Il n'est pas toujours d'une bonne pd tique de se poser ouvertement comme ennemi de JésH Christ. Bieft que les vrais amis de Jésus- Christ n'aie formé la majorité dans aucun siècle ni dans aucun pays, y a, dans tous les pays de la chrétienté, une préventions faveur de Jésus -Christ, dirai -je une espèce de foi, €[ n'est pas la foi véritable, qui ne suppose point l'amou maïs qui ne laisse pas de s'épouvanter au premier bruit à la seule pensée d'une guette kmotV. ç,oi*xfe^fe^\iV'Cfe»s

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