LES PRECAUTIONS
flatter de les rencontrer rarement, mais encore de ne les j'encontrer jamais. Il faudrait d'abord les connaître à leur visage; mais quoi! elles sont quelquefois longtemps à no0 côtés, que nous les croyons bien loin. Qui peut se répondre, même dans la classe la plus obscure, même dans b retraite la plus profonde, de n'en être jamais abordé ?.B que ferez-vous, je vous prie, si elles vous viennent de voutmêmes, si elles se forment au dedans de vous? D'ailleurs, vinssent-elles toutes du dehors, rien n'est plus subtil que les miasmes de l'incrédulité et du doute; quand le doute el l'incrédulité sont quelque part, ils se répandent dans Taii; on les respire sans les voir; à peine les objections ont-ellei besoin d'articuler pour être entendues; elles s'attachent 1 tous les sujets; elles imprègnent tous les discours; ellei entrent par tous les pores : on est envahi avant de se croiif atteint.
Les mêmes personnes qui croient ces rencontres si fadla à éviter, assimilent entièrement les objections de l'erreu] aux tentations du péché, auxquelles certainement on dck fermer la porte de son cœur : ne demandons-nous pas i Dieu tous les jours de ne pas nous conduire en présenof de la tentation? Mais il est facile de se convaincre, ma frères, que cette assimilation n'est pas fondée, ou, tout ai moins, que si la loi qui nous ordonne de fuir les tentation est absolue, celle de fermer l'oreille aux objections de Tin crédulité ou de l'hérésie est sujette à des exceptions Comme il est impossible qu'il ne se trouve pas des personnes ou disposées ou condamnées à entendre ces objec* tiens, et néanmoins incapables de les réfuter, il faut biei que quelques-uns, du moins, se fassent une loi d'écoutei afin de répondre pour tous. C'est ce que les apologistes di christianisme ont fait dans tous les temps; c'est ce que faii saint Paul lui-même avec \me iotc^ \a>3A. evisemble et uœ
PE LA FOt.
[pmdeiice que personne- n'a surpassées. D'ailleurs, nous ne 1
1 voyons pas qu^îl y ait pour les croyants une sûreté absolue I
I à refuser obstinément le combat, et à s'enfermer dans leur 1
I croyance coin me dans une place forte : elle ne sera pas 1
r forte bien longtemps. Car de même que quand le pays est I
Icjivahi et tous les passages occupés par Tcnnemij il faut 1
EIÉI que les citadelles se rendent; de même cette foi^ qui I
mTpas osé se présenter dans Ja plaine ^ qui a refusé la dis- 1
Icussion, enveloppée de tous côtés par rincrédulité, et ne I
[lece^^ant pas mime uleuse ment sa subsistance d'en haut, est 1
'bien obligée à la tin de capituler; car elle ne vivait que du 1
, consentement général, et vient-il à lui manquer, elle suc- 1
plombe. Avant même qu'elle succombât, bien du mal était 1
Hlà £lit dans les esprits incertains et flottants; car 'en la 1
Hpitse retirer derrière les gros murs de sa tradition (que I
[tt-elle en effet que d'opposer une tradition à une autre 1
I bdition?) on a pu lui dire, et on lui a dit : Si vos raisons 1
i€ croire sont si faibles qu'elles ne puissent tenir tète aux |
ftisons de ne pas croire, pourquoi donc croyez-vous? et si I
«Iles sont fortes, d'où vient que vous craignez de vous me- I
«afer avec vos adversaires? Il est certain j mes frères, I
qu'une incrédulité que le moindre bruit réveille n'était I
pM morte, et qu'une religion pour qui le moindre choc est 1
lïortel j est à peine vivante. Les adversaires du christianisme 1
luraient du moins 1 apparence de la mison et une excuse 1
itffisante à leur incrédulité s'ils voyaient la religion se I
rnettre au régime d'un malade qui ne doit qu'à des pré- 1
Cdulions infinies la prolongîftion de sa triste existence, et I
qui renonce à vivre pour s'empécber de mourir. Les chré- I
^m^ dans ce cas^ auraient calomnié le christianisme^ mais 1
lik ne l auraient pas, je le crains, calomnié vainement* I
On convient que le chrétien est appelé à rendre com^tE dus* /tf/j et que c'est une des mamète^ dei t^ûni^x^ ^wî^
130 LES PRiCAUTlONS
à rÉvangile que de montrer que a cette parole est cei a et digne d'être parfaitement reçue, d N'est-ce pas venir en même temps que le chrétien ne doit pas at ment éviter la rencontre des objections? car répondi objections de Tincrédulité, c'est rendre compte de i Ceux qui les adressent à un chrétien ne doivent pas i parer de lui avec la malheureuse pensée qu'il croit preuves^ et que sa foi n'est qu'une prévention stupic ceci ne veut pas dire qu'il doive se faire une loi de dé le faible ou le faux de chacun de leurs arguments; assez si aux raisons sur lesquelles repose leur incrédi oppose avec respect et douceur les raisons sur lesq repose sa foi. On peut de quelques-uns prétendre d tage; on ne peut demander moins de personne; car 1 ignorant^ comme le plus savant, a des raisons de c non pas peut-être d'une nature pareille, mais d'une ^ égale aux raisons du savant et du philosophe.
Arrêtons-nous ici, mes frères; le cas que nous ven supposer, celui du chrétien peu instruit vis-à-vis de 1' dule ou de l'hérétique savant, mérite toute notre atte non-seulement parce qu'il y a dans le monde, et pai séquent parmi les chrétiens, plus d'ignorants que < vants, mais encore parce que ce que nous avons à dir les ignorants intéresse tous les chrétiens. J'ai dit les rants : ai-je entendu par là ceux qui ne savent absoli rienî Si cette ignorance absolue, qui ne se conço dans une stupidité complète, pouvait exister chez de intelligents; s'il était des êtres intelligents qui ne s rien et qui ne pussent rien apprendre, il est trop claii n'auraient rien à dire, et que nous n'aurions par < quent, sur la conduite à tenir avec des incrédules sa aucun conseil à leur donner. Il &ut donc, sous le ne gnomnts, entendre ea géuètal Qib\\u ^\)k)^w£ \yxv «M^e^
^ DE Lk lOlt iSl
eonqae ou sur plusieurs sujets, en sait moins qu'un autre j ïl feul encore, pour embrasser tous les cas qui appartientieutà la même position, joindre aux ignorants les simples^ c'eat-à-dire nou pas ceux qui n*ont al^solument aucune intelligence; mais ceux qui en ont moins que tels autres. De cette manière, chacun, et même le savant, est i^orant à l'égîrd de quelque autre; chacun, et mêmerhabîle, est Éuple à regard d'un plus habile ; le plus habile ou le plus Umà dans une partie redevient un simple ou un ignorant daoâ une autre partie, en sorte que tel , qui lui était inférieur sous certain rapport, lui devient supérieur à quelque auti*c égifd. Le rang suprême, en savoir et en intelligence, n'est probablement occupé par pei-sonne; personne du moins a a surtout le reste des humains une supériorité universelle ('t absolue; et si ce prodigieux mortel existait, il serait un ipiorunt et un simple à Fégard des anges, et sûrement du HKJins à régai'd de Dieu^ devant qui s'évanouissent toute SigÊSse et tout savoir.
Que résulte-t-il de ce que nous venons de dire! Rien autre y ou rien du moins plus clairement que ceci : c'est pe si la certitude de la foî, si le droit d'être chrétien dépetidaient du savoir et de rintelligencc; si Ton n'était chréfeo qu'autant qu'on serait en état de répondre à toutes les t^bjectioiis que la science peut créer ou que peut formuler Imlelhgence, il y aurait infiniment peu de chrétiens, et DlÉiîie, k la rigueur, il n'y aurait ni chrétiens ni christia- Ottnie* Cai> lorsque vous auriez résolu toutes les objec-
tqui se sont posées devant vous, que savez-vous s'il est pas d'autres, et de plus spécieuses, que vous n'a- Tetpttâ eu Toccasion d'entendre, et auxquelles, par vouss, vous êtes hors d*état de répondre! Et quand vous Jtrieï et auriez réfuté toutes celles que votre temps a aaltrej est-ce assezl ne faudrail-iV çû.s 4\ïiv£ ^yi>^i&
13â LES PRÉCAUTIONS
toutes celles qui viendront encore^ et vous savez qu'il eu viendra jusqu'à la fin des temps? ne pourrait-on pas dire plus tard que vous êtes heureux d'être venu avant ces objections-là, attendu que vous n'en auriez pas fait façoi aussi aisément que de celles de votre temps? Vous yoa étonnez de ce que je dis; mais vous ne vous étonnez guèr lorsque vous entendez dire de vos ancêtres, ou dès chi^ tiens des premiers âges, qu'ils ont cru à bon marché, c qu'ils auraient cru moins aisément, ou que même ils au raient été incrédules dans un siècle de critique et d'exame comme le nôtre; et si vous dites cela de vos aïeux, pom quoi vos petits-fils ne diraient-ils pas la même chose d vous? Quand est-ce donc, sur ce pied, qu'il sera permi de croire? Quand il n'y aura plus d'objections, plus d'op posants? quand le dernier chrétien aura eu le dernier HK dans sa discussion avec le dernier incrédule ? En véiitt c'est tout au plus; car on pourra supposer que si un noi vel incrédule surgissait, il proposerait peut-être quelqo diflSculté dont personne jusqu'alors ne s'était avisé.
Mais, sans pousser les choses à cette extrémité, boi nons-nous, mes frères, aux faits actuels et à ce qui s passe sous nos yeux. Il est certain que si, pour ne pouvoi faire façon d'une objection, on cesse par là même d^éb chrétien, il y a peu, très peu de chrétiens. Il n'y en aurai pas beaucoup plus à ce compte, quand tous les chrétieu deviendraient des savants et des érudits consommés; « rien n'empêche les incrédules d'acquérir les mêmes avan tages; et sur tel ou tel point donné, le plus savant peu trouver son maître. Et comment voulez-vous faire de toa les chrétiens des savants et des érudits consommés? Gom ment leur donnerez-vous à tous les facultés, le loisir, le dispositions nécessaires? La suppositioi^ est chimérique Vous pouvez, j'aime à le croite, meito^ k là i^ottée du plu
Dl LA FOt,
I grand nombre les preuves si simples et si lumineuses do lia vérité du christianisme, en sorte que chacun ait par de- Iters soi les titres de la grande famille dont sa profession le fait membre; mais il ne s*agit pas de cela; il s'agit de noir éventer le piège d'un raisonnement subtil, ou de UTOf, avec connaissance de cause ^ nier un fait qu'on affirme ou affirmer un fait qu'on nous nie. Quand que* par votre secours^ les simples^ les ignorants, Qd nombre en seront venus Ikt gnore les conseils de Dieu ; je doute quil entre dans i desseins de sa sagesse de fermer tout à fait la bouche à Fincréduiité^ et que sa religion devienne, dans toutes ses Iparties, évidente à la façon d'une vérité arithmétique^ tel- [ïemenl que dès lors le bon vouloir, le sérieux^ la méditaioQ ne soient plus pour rien dans Facceptalion d'une védont la recherche a^ jusqu'à nos jours ^ exercé si Qent toutes ces différentes forces de notre àme. Je veux toutefois, mes frèresj que ce miracle se fasse, i que, par le cours naturel des choses et par le progrès ï la science humaine, rincréduUté se taise devant Jésns- Toujours est- il qu'elle ne se tait pas encore; toulestril qu'elle ne s'est pas tue à l'époque de nos pères, qu'il serait vrai de nous et d'eux que nous avons par anticipation, et sans droit suffisant de croire^ puis- I les difficultés n'étaient point encore épuisées, et que I dlence de Hncrédulité n'avait pas encore proclamé sa aita- Encore une fois, si ce que saint Paul tious demande nous diîsant ; « Prenez- garde ! » signifie que nous défis nous tenir prêts à répondre d'une manière pérenipà toutes les objections, aucun chrétien n'a le droit clirétienj et le christianisme lui-même n'a pas le >it d'exister.
1 Ni le han sens ni h conviction qufe TOU^ax^^TO àa^V^m-
134 LES PRéCAUXIONS
gesse de Dieu ne peuvent admettre que notre foi^ fondée sur des preuves qui ont satisfait notre raison^ puisse ètie continuellement tenue en suspens ou sans cesse remise en question par toutes les chicanes qu'il pourra plaire à Yiit crédulité^ jusqu'à la fin des temps ^ de susciter à nofi croyances. Et de ce que ces objections auront été prisef dans un ordre de choses où notre esprit n'a pas pénétié. dans une science qui nous est étrangère, et de ce que, fort capables de dire en général pourquoi nous croyons, nom ne le sommes pas de résoudre la difficulté inattendue qu'or nous oppose, il ne s'ensuit pas que nous devions ajourne] notre foi et notre espérance. Quoi! disputer toujours et m vivre jamais ! Quoi ! bâtir éternellement notre demeuN» & ne rhabiter jamais! Il faut absolument ou que nous puissions croire, quoique nous ne soyons pas en état de t^ soudre toutes les objections, ou que Dieu donne à sa révélation une évidence instantanée, accablante; et alors, oi peut dire que la fqi s'ensevelirait dans ce triomphe appa* rent; ce ne serait plus la foi, ce serait la vue, et toute cetti activité généreuse qui se termine à croire, ou qui se dé veloi^ à la suite de la foi, serait absolument supprimée Le chrétien saurait, il ne croirait pas; seraitrce eoconsk chrétien?
Nous ne sommes donc point obligés, commue chrétieoi et pour être chrétiens, de réfuter toutes les objections doii' pourra s'aviser la tradition ou la philosophie. A ce compta nous ne le serions jamais; car l'incrédulité n'arrivera jsr mais au fond de sa provision de raisonnements spécieu] et d'allégations plausibles. Les anciennes veines sont épuisées, d'autres filons seront découverts; pour trouver a poison elle creuserait jusque dans l'enfer. Elle ne le voudrait même pas, qu'il n'en serait pas autrement : la scienca^ dans ses évolutions infinies, amène tour à tour et fidt dis-
PB LA FOK
^■paraître les dlfiîcultés que tes plus persuadés ne peuvent 1 H «'empêcher de remarquer^ et que quelquefois ils sont les I ■ premiers à décomiir. I
H Et maintenant j mes frères, veuillez observer que^ dans | H fôtte discussion, nous n^avons pas pris tous nos avantages; 1 H 0OUS %'ous avons mis en face de Tincrédulité proprement 1 Hête et non de l'hérésie. Or^ de siècle en siècle, rincrédu- 1 ^■ïl* a trouvé son maîtrCj et peut-être que si elle faisait le 1 H Compte des batailles qu'elle a perdues, ou si elle s'arrêtait 1 H àee seul fait d'une religion, la plus combattue qui fut ja^ 1 T niais, et néanmoins encore debout j vivante et pleine d'espé- 1 3 ^^^^% elle estimerait que ce qu'elle a de mieux h faire est ] ^m ie garder le silence. Si elle ne se tait pas^ c'est qu'elle ne | y laumit se taire^ et Ton peut s*attendrc qu'elle piirlera Jus- | j <|u'à [a fin du monde; niaîs^ quoi qu'il en soit^ il est certain | *[iic rincrédulitéj qui nie la religion ^ est bien moins forte I
>tmin elle que l'hérésie^ qui Taltère* Nous ne vous dirons I pL% mes frèresj qu'elle a affaire à bien plus d'adversaires, 1 puisqu'elle a affaire non-seulement aux partisans de la pure j doctrine chrétienne, mais à plusieurs des adversaires de 1 ^ mk pureté, à des sectateurs de l'hérésie; mais nous vous 1 K dirons que de tout temps on a eu meilleur marché des ar- I H (ttments de l'incrédulité que des subtilités de l'hérésie, et 1 H l|u'll a toujours été plus facile de défendre la vérité de la r&- 1 7 Bgîan chrétienne prise en masse que chacune des vérités 1 jL dont eue se compose. L'hérésie a des discours plus spé- 1 ^pieîmix, des prestiges plus sûrs que l'incrédulité, et le pre- | " mîor de ses prestiges c*est de n'être pas rincrédulîté. Elle 1 lest pourtant, mais d'une autre manière, sur un autre tei^ 1 aio; c'est rincréduUlé sous les livrées de la foi, avec les 1 ' ipparenres et même avec la réalité de Famour et du zMCj i paisqu'on a vu souvent l'hérésie aussi ardente à défendra le chmtmmsme qu'elle est empresse ^ Y^\\.feT<Et^ ^^a.^
136 LES PHB0AUTION5
comme nous avons dit, à le diminuePp Oui, l'hérésie est incrédulité; les apôtres n'ont jamais hésité ni varié là-dessus; et ce n'est pas sans doute à des incrédules proprement ditSj mais à des hérétiques audacieujtj qu'il faut appliquer ces paroles de saint Jean : w Ils sont sortis d'enti« « nouSj mais ils n'étaient pas des nôtres; car sils eussent a été des nôtres^ils seraient demeurés avec nous. » ( L Jean, llj 19.) Mais Thérésie ne se présente pas ainsi; elle arbore, et souvent de très bonne foi, Tétendard de Jésus-Christ; elle peut d'autant plus paraître chrétienne^ qu'elle croit rêtrcj et qu'elle n'annonce d'autre intention que d*épurer, de simplifier la dogmatique traditionnelle, ou de découw dans les paroles de l'Écriture un sens plus intime et pliB exquis que celui que le vulgaire a coutume d'y trouver. Cela déjà, mes frères^ est un grand avantage ; mais un plus grand encore, c^est que la matière dont il s'agit est plus d^icate, moins palpable ; c'est que les faits dont elle réclame la discussion sont moinâ matérielsj moins préeis| c'est qu'ici les apparences décevantes se multiplient; c'^ qu'ici le prestige est plus facile; c'est qu'icij pour ne pas être ébloui j il faut une vue plus acérée, une connaissance plus intérieure de la relîgioïij un tact spirituel assez rare, et surtout un oeil simple j cet œil qui voit les objets tels qu'ils sont, non pas à force de pénétration j mais à force éè candeur. Voilà le grand avantage dont notre légèreté, m notre manque de simplicité^ ou la connivence secrète de notre cœur^ investit l'hérésie; voilà ce qui rend plus difficiles à dénouer les nœuds qu'elle serre; voilà ce qui feîï que ses objections^ jusqu'à la fin dessiècleSj étonneront la foi naissante; en sorte que s^il arrivait un temps où l'incrédulité, confondue ou même détruite^ ne ferait plus entendrie sa voix, cette autre incrédulité t^ue nous appelons rbérésie ferBjt encore entendre la sWuuft , el VxQiu%^TO^XsNi\ra^3s^ ^aob