‹ Études ÉvangéliquesChapitre 13 sur 28 · DE LA FOI · texte numérisé non relu

DE LA FOI

là philosophie ou dans la tradition de spécieux arguments et des objections embarrassantes.

Et si nous ne pouvons, mes frères, empêcher les objections de naître, nous ne pouvons pas davantage les empêcher d'être embarrassantes; nous ne pouvons ni calculer d'avance ni limiter leur influence sur l'esprit de tel ou tel croyant; nous ne pouvons nous répondre, tout convaincu qu'il peut être, qu'elles ne Tébranleront pas; nous ne pouvons pas être sûrs qu'en se répétant, en se combinant les unes avec les autres, en formant une alliance secrète avec les intérêts de l'homme naturel, elles n'obscurciront pas la clarté de cet esprit et n'affaibliront pas son espérance. H peut y avoir aussi dans un même homme un esprit peu juste à côté d'un cœur bien fait, une disposition au doute à côté d'une grande droiture morale, et enfin trop peu d'instruction pour n'être pas troublé et comme abasourdi par un étalage spécieux d'érudition. A quoi tiendra-t-il, dans ce cas-là, qu*on soit ou qu'on ne soit pas entamé? Aux rencontres. Ah! tout cela doit nous faire désirer que la foi ait encore un autre fondement, qu'elle soit fondée, comme dit l'Apôtre aux Corinthiens, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. Or, ce désir n'est pas vain. Dieu l'a satisfait d'avance, et il était, nous osons le dire, impossible qu'il ne le satisfît pas.

D est évident, mes frères, que Dieu a voulu que sa religion, qui est une histoire, eût des preuves pareilles à celles de toute autre histoire. Il faudrait, pour méconnaître ce dessein, n'avoir pas ouvert la Bible, et pour le mépriser, mépriser Dieu lui-même. Aussi ne le méprisons-nous pas. Aussi bénissons-nous Dieu d'avoir donné cet appui à notre infirmité, et nourri chacun de nous du pain des faibles avant qu'il pût être nourri du pain des forts. Nous disons de cette démonstration ce que saint Paul ^ âXX. ôi^X^^^^^

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des prophètes i qu'elle est très ferme; que Tétude de m preuves a contribué pour beaucoup à la proptagation et à la coiiser\^ation du christianisme sur la lerre^ et qu'elle a conduit beaucoup d'âmes jusqu'au seuil de la maison du Père céleste i Nous souhaitons qu'on étudie ces preuves^ injustement méprisées pat les uns^ témérairement négligées par les autres ; nous désirons même qu'en les réduisaol à leurs élémentSj on les mette à la portée d'un très grand nombre de personnes. Mais après tout^ mes frères, tiots choses demeurent certaines : la première, que ces preures n'ont pas encore imposé silence et de longtemps encore ne riraposeront à l'incrédulité, qui ne paraît pas plus dénuée que du temps de saint Paul d'arguments spécieux pour affaiblir la foi dans notre esprit; une seconde chose^ également certaine, c'est qu'après qu*on a cru sur ces preuves-là, il reste encore une œuvre plus importante que U premîèrej c'est de s'identifier par l'âme avec les vérités qui l'on a reçues par l'esprit, et cela c'est proprement la foi; la troisième enfin, c'est que très heureusement cette dernière œu\Te, non-seulement complète la première pouf beaucoup de personnes, mais sufiit à elle seule^ et remplace toute autre démonstration.

Ne vous en étonnez pas, mes frères; cette cBUTm est h principale; Tautre n'en est que le préliminaire.

Oui, mes chers frères, la vérité a ses preuves en eUaméme, et quand nous nous munissons de preuves extérieures pour croire cette vérité, c*est dans le fond comme si nous allumions une chandelle pour voir le soleîL 11 ai est ainsi pourtant, et puisqu'il en est ainsi, sans doute il le fallait, Com[)alissant à notre faiblesse, Dieu a mis à notre disposition cet ensemble de preuves historiques dont la combinaison offre dans ses détails les mêmes sujets d'âd* miration que les particularités les plus exquises du monde

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organique. Au moyen de ces preuves, il nous conduit jusqu'à la porte du sanctuaire : à nous maintenant de rester dehors ou d'entrer. Nous pouvons rester sur le seuil et y rester éternellement, ayant dans la main les titres qui nous donnent le droit d'entrer; mais si un dernier pas (et ce pas décisif vaut mille fois la route que nous venons de faire), A une dernière impulsion qui est divine nous fait entrer, je veux dire, mes frères, si nous nous mettons dans un rapport personnel et intime avec la vérité, qui vient de nous être certifiée, alors nous croyons d'une foi nouvelle et sur des preuves nouvelles ; alors, pour mieux dire, nous croyons véritablement, et, pour ce qui nous concerne, nous n'avons plus besoin des témoignages extérieurs qui ont préparé notre foi, comme aussi nous n'avons plus souci des diflScultés extérieures par lesquelles on chercherait à l'ébranler. Notre foi jusqu'alors avait été fondée en quelque sorte sur la sagesse des hommes; car, bien que Dieu lui-même eût préparé les éléments sur lesquels nous avons raisonné, la démonstration qui en est résultée n'est pas d'une autre nature que celle de toute démonstration par laquelle nous nous certifions à nous-mêmes un fait de Tordre naturel : notre foi donc était fondée sur la sagesse des hommes; mais maintenant elle est fondée sur la puissance de Dieu. Dieu l'a voulu, mes frères; Jésus-Christ l'a expressément prétendu. Il n'a point exclu, sans doute, la démonstration extérieure ou par les faits du dehors, qui environnent l'objet de la foi sans être cet objet lui-même; mais il a mis en première ligne la démonstration intérieure, par laquelle il fondrait commencer, par laquelle du moins il faut absolument finir. « Croyez-moi, disait-il aux Juifs, à cause de ce a que je vous dis; sinon » (c'est-à-dire si vous ne pouvez encore croire de cette foi qui s'attache, sans le secours des preuves du dehors, à Tobjet même de la foi), a sinon.

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« croyez à cause des oeuvres que je £atis. » La vérité^ sekm Jésus-Oirist, a donc droit à être crue pour elle-même; elle est la lumière même au moy^i de laquelle on voit toutei choses : faut-il encore un moyen pour voir la lumièret Toutefois cette marche n'est pas imposée à tous les hommes é^ement^ quoique à la rigueur elle pût Têtre; nu» on ne devient réellement chrétien qu'en tant qu'on finit di moins par où il eût fallu commencer. Il &ut que, pov chacun^ le moment arrive, où sa foi ne sera plus fondée sur la sagesse des hommes^ mais sur la puissance de Dieu, et où elle se sépare sans regrets des arguments dont eUe s'est d'abord contentée, comme un conquérant qui^ assoie de sa conquête, congédie sans crainte, aux rives d'où il eit parti, les navires qui Font amené au port.

C'est cette foi que Tapôtre caractérise en disant qu'db est fondée sur la puissance de Dieu, parce qu'en effet ce n'est par aucun moyen ordinaire dont nous puissions nous i*endre compte, mais par la puissance de Dieu que se consomme cette évidence. La vérité vient à nous toute seuk; elle n'allègue aucun témoignage étranger; elle n'invoque aucune autorité que la sienne : elle se montre, et nous croyons en elle, comme nous croyons à la lumière du jour, comme nous croyons à nous-mêmes. Ceci d'ailleurs n'a rien de mystique et d'inconcevable que son principe; le fait est tout ensemble surnaturel et naturel. La vérité doit faire cette impression sur un cœur qui l'aime d'avance, et qui, quand elle s'offre à lui, ne fait que la reconnaître. Elle doit avoir pour lui une évidence dont ne peut se faire aucune idée celui à qui elle se présente aussi, mais qui tout simplement n'a pas des yeux pour la voir. Et il en est d'elle comme de ces moitiés d'âmes, qui, suivant la pensée d'un ancien sage, cherchent leur autre moitié dans la vie, la recoiwaisseni à peine rencon\.Tèe)e\.^'\)xt\^^ti\.^^^^'«»s3sS^

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