BB LÀ FOI
reconnue, de manière qu'on ne les distingue plus Tune de l'autre. La vérité peut bien n'avoir pas produit tout d'abord zet effet, même sur les âmes les mieux disposées : mais iprès que dans l'union graduelle du cœur avec cette vérité an a dépouillé le vieil homme et ses convoitises; lorsqu'on est né une seconde fois; lorsqu'on a revêtu une autre nature, des affections d'un autre ordre; lorsqu'on se sent attiré vers llnvisible aussi instinctivement qu'on l'était naguère vers le visible; lorsqu'on se repent, lorsqu'on obéit, lorsqu'on aime, lorsqu'on voit de jour en jour se serrer le nœud qui attache au bien; lorsqu'en un mot on sent les contradictions de la nature conciliées, toutes ses énigmes résolues, tous ses discords apaises; lorsque la vérité est miraculeusement rétablie dans l'âme, comment ne pas appeler vérité ce qui a produit ce miracle? comment se nier à soi-même la réalité des rapports qu'on a formés? comment douter de ce qu'on sent et blasphémer ce qu'on aime?
Une croyance ainsi formée, on ne la perd plus, on ne peut plus la perdre, pas plus qu'un être animé ne perd son instinct; car cette croyance est devenue un des instincts de l'âme.
Mes frères, si tous ceux qui professent sincèrement le mystère de la plénitude de Christ y croyaient de cette foi intérieure et vivante, de cette foi pour ainsi dire changée en vue, dont nous avons tâché de donner une idée, il serait peu nécessaire (au moins pour ce qui les concerne] de les prémunir contre les objections de la philosophie et de la tradition, et de leur crier avec saint Paul : « Prenez garde ! » Mais cette foi, à laquelle il faut aspirer, n'est pas dès le début le partage de tous; il en est plusieurs à qui l'appui des preuves extérieures sera longtemps nécessaire, et à qui, autant que possible, il faut conserver cet appui; il en est même peu qui aient goûté à tel poixvl \e diow e^^^^V^ ^^
142 LES FRËC ACTIONS
les puissances du siècle à venir^ qu'Us soient placés trop haut pour être atteints par les flèches de llncrédulii^: celles du péché ne les atteignent-elles jamais? Il y B.yû sans doute, proportion gardée^ autant de chrétiens vivania dans TÉgliâe de Colosses que dans la nôtre, et cependait c'est à cette Église^ et à tous ses membres sans exception^ que saint Paul crie dans notre texte : a Prenez garde que a personne ne vous emmène en esclavage par une phîlosô- « phie pleine de vains prestiges et par la tradition des hom- « mes. D Ce que saint Paul écrivait aux Ck>lossîeD3, met frères, ne pouvons-nous pas vous le dire?
Nous vous disons donc à tous : a Prenez garde ! » Etejeb signifie d'abord : Mettez-vous au-dessus de la nécessité el bien au-dessus des périls du combat^ en acquérant celte frf de grand prix dont nous venons de vous entretenir, ou,(» qui revient au mémCj en FCtenant le mystère de la foi dans une conscience pure, {i Tim,^ ll[j 9.) Car cette foi s'acquiert, et s*acquiert par le fait de la volonté. On ne se ooinmande pas de croire^ non ; mais on se commande de fsm les œuvres de la foi^ ou plutôt la foi que l'on a déjà coinmande de faire des œuvres. Faites-les donc ces œuvres non-seulement des œuvres du dehors, mais des oeuvTéS térieures; non-seulement des œuvres qui ont les autres objets, mais des œuvres de mortîflcatîon, de renoncemcni de vigilance^ de discipline spirituelle, dont vous soyez objets vous-mêmes. Faites les œuvres de la foi que som avez; faites, si J'ose le dire, les oeuvres de la foi que rom n'avez pas. Vous n'avez pas encore peut-être cette foi iotime qui est l'union de tout l'être avec la vérité; vous n'avez peut-être encore que cette foi préliminaire qui a son point d'appui en dehors de votre ftme. N*importe; quant à robjet^ je veux dire quant à ce que vous croyez, sinon quant à la wanièrG dont vous cto^ei» çJ^sV^v^fo TOfem^\sk
Tuii comme dans Tautre cas, vous croyez que Dieu est un Urju jaloux, vous croyez que Dieu vous a aimés d'un amour tkmd, vous croyez que son Fils est venu sur la terre chercber et sauver ce qui était pei'duj vous par conséquent; wm croyez que ce charitable ami intercède sans cesse pour vous auprès du Père* Gela sufiit. Votre devoir est dicté; votre c^irrière est tracée : entrez-y et marchez. S'il but croire pour aglr^ il est également vrai qu'il faut agir pour croire. Un commencement de foi produit (action^ et racUon produit une foi meilleure. Le secret de rÉternel fistpûur ceux qui le craignent; et ceux, dît Jésus-Christ, qui voudront faire la volonté de mon Père connaîtront (et cetxquj le connaissent déjà connaîtront toujours mieux) si mià doctrine vient de Dieu ou si je parle de mon chef. C'est la vertu de la vie chrétienne de river, de sceller pro* fondement dans Tânie la foi chrétienne. La vérité devient plus évidente et plus chère à mesure qu'on lui sacrifie danntage* Ce que nous faisons pour elle nous la rend plus propre^ Tunît toujouni plus étroitement à notre âme. Nous tùoâ la prouvons à nous-mêmes à mesure que nous Fap^ {)iiqiion& à notre vie^ parce qu'une vie d'obéksancej de WiiMé et d*amour est une vie d'ordre et de vérité, et qu'il ^Qit pas en notre puissance d'appeler trompeuse la foi où Ddas sentons germer^ connue i^ur leur unique lige, tous b fruits de la vérité. 11 est bien difficile h 1 erreur d'ébrankt une foi qui a déjà tant de monuments dans notre vie^ M à laquelle des grâces qui sont évidemment dm gi^«^ luit étroitement attachées, La certitude qui résulte d'une fmiU& êxpérleoce doit élje aurdessus da toutes le^ at- Idole». Képondei ionc mmi, mes iiéte$, au cri d'alarme ^ l'apôtre; rtîtenex le mystère de la foi dans une eonscieiice ^lUt dm la phllasophie ni la ta^adition ne i^urront filus
ikk LES PRIÊGAUTIONS
Nous attachons encore un sens à ce mot :
a garde ! » en l'appliquant à une grande partie des ( Il n'appartient pas à tous de hasarder ou de che; telles rencontres. Sans doute chacun doit savoir < pourquoi il croit; et nous venons de vous indique] leure manière de le savoir. Chacun doit être prêt i les raisons de sa foi, soit qu'on les comprenne^ s( ne les comprenne pas; et sans doute que si cei sont d'expérience et intimes^ on ne peut pas prétei Fhomme animal les comprenne^ car elles sont spii Mais il n'appartient pas à chacun de s'engager dai les discussions. A moins qu'on ne prétende que '. de chacun est de ne rien ignorer, il faut bien com le devoir de chacun n'est pas noti plus d'acceptei défis. Un chrétien peut se dire qu'avec plus de sances qu'il ne lui a été permis d'en acquérir, tell tion qui lui parait embarrassante lui paraîtrait hier n peut se dire : Je serai troublé peut-être par une ( qui au fond n'est rien, dont un plus habile se qu'on se garderait bien de proposer à un moins que moi. Est-il juste que je me laisse terrasser pa tôme^ et que je joue ma paix, ma force, ma vie s] contre un adversaire qui ne risque rien avec moi et à coup sûr? Non, mes frères, non; mais je me l jouter qu'il ne doit y avoir ici ni lâcheté ni paress peut refuser un combat que pour en accepter u Celui qui fait volte-face devant un ennemi doit fa à un autre. Il faut qu'il se justifie à lui-même ce apparent de courage. Il faut qu'il se mette en état d aux objections du dehors l'évidence intérieure. Il sa vie, à défaut de ses paroles, devienne une réfui l'hérésie; que l'hérésie, en le voyant agir, se prem ter d'eZ/e-méme, et qu'eWe se dem^ivàe ^\ ç,e. iés