‹ Études ÉvangéliquesChapitre 5 sur 28 · L'AFFECTION SELON L'ESPRIT · texte numérisé non relu

L'AFFECTION SELON L'ESPRIT

Épaphras... nous a fait connaître la charité dont vous êtes animés par le Saint-Esprit fou selon l'Esprit J. ColoS' siens, I, 8.

L'Apdire nous a dit lui-même^ quelques lignes avant notre texte^ qu'il s'était réjoui en apprenant quelle était la foi des Golossiens et leur charité envers tous les saints. Il revient ici sur ce que lui a dit Épaphras; mais il n'a nommé qu'un des deux objets qu'il a nommés la première fois; il ne ùài mention cette fois et ne paraît se réjouir que de la ekarité des Golossiens; seulement il ajoute au mot de charité un autre mot qui la caractérise : a Votre charité^ dit-il, c par l'Esprit ou selon l'Esprit. » La suite de cette méditation nous expliquera d'elle-même pourquoi TApôtre, après avoir nommé d'abord la foi et l'amour, ne nomme en dernier lieu que l'amour. Mais notre texte nous invite (et c'est pour cela même que nous l'avons choisi) a nous informer exactement du sujet de la joie de Paul, à rechercher ensemble ce que c'est que cet amour selon l'Esprit dont les Colossiens possédaient V\nesl\TC«XA^ V\te«^. K

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mesure que nous le saurons mieux ^ nous comprendrons mieux la joie de saint Paul; à mesure que nous le saurons mieux, nous aurons nous-mêmes peut-être un sujet de tristesse, mais en revanche nous nous GOiynaitrons : connaissance importante dont il faut toujours, quelque triste qu'elle soit, se féliciter.

De quoi se réjouit saint Paul dans les paroles de notre texte? ou du moins quelle grande nouvelle a-Wl apprise? Une grande certainement et très réjouissante : il a appris que les Colossiens vivent, ou, pour parler plus exactement, il a appris que par la puissance de TEsprit ils sont passés de la mort à la vie. Voilà ce que nous aflSrmons dès l'abord; voilà ce qu'il nous reste à, justifier.

La vie est un profond mystère; ce qu'elle est au fond, nul ne le sait que celui qui a la vie en lui-même; mais si nous ne savons pas la définir, nous pouvons la reconnaître; nous savons que c'est une manière supérieure d'exister, dont le principal caractère est celui-ci : l'être vivant est doué d'un mouvement qui lui est propre, ou dont les conditions sont e^ lui, soit que. ce mouvement ait lieu seulement entre les différentes parties dont il est composé, et pour ainsi dire de lui-même à lui-même, soit que ce mou-< vement le transporte tout entier d'un lieu dans un autre. Si nous ajoutons que ce mouvement, dont nous faisons le caractère de la vie, n'a pas eu lieu une fois pour toutes pour la formation de l'objet, mais qu'il continue sans cesse, que la continuation même de ce mouvement est la vie, et que son interruption est la mort, nous avons un moyen suffisant de distinguer les êtres vivants des êtres qui ne vivent pas. •

Toutes les vies ne sont pas d'ailleurs une même vie. Autre est la vie de la plante, autre celle de l'animal, autre ûûSe de l'homme. Tel être, comme la plante, n'a qu'une

SEIOR l'bSFIÛT.

^ulo manière de vivre ^ tel autre, comme Vanimal^ en a daiLx; i'hûinme est le plus richement pourvu, 11 a plusieurs vies: il a celle de Fanimali puisqu'il a un corps; eelle de rintelligeocej puisqull pense; celle du cœur, puisqu'il aime. Ce sont troii> i*ortes de mouvement propre et d'activité intérieure, qui ne se trouvent, ici-basdu nioinSi féums qu'en lui seul.

Arrêtons-nous ici un moment. Personne assurément ne nous contredira quand nous dirons que la vie de TintelU*

Agence c^est la pensée» Ces deux choses, je veux dire la Eijculté qu^on appelle intelligence et Tacte qu'on appelle pensée^ sont si étroitement unies dans Tesprit de tout le ^ mondûj que le nom de l'acte remplace souvent dans nos H discours le nom de ta faculté qui le produit^ en sorte que I mm disons indifféremment que Thomme se distingue des B animaux par Tintelligence ou quil s^en distingue par la B p^ n$ée* Personne ne concevrait mieux une intelligence ^Kpp pensée qu'un corps Sâns étendue, c'est-à-dire un "rorps qui n'occuperait aucun lieu dans Tespace^ et qui pourtant serait un corps* Tout le monde comprend que llntfillîgence séparée de la pensée n'est rien; car, comme rintêlligence ne se voit point, il ne nous est pas donné de h ^mr autre part que dans ses actes; nous ne connaîtrions pas rintêlligence si nous ne l'avions vue à rmuvre; ce n'est pas pour nous une substance^ une chose, un être, oiais une activité; or, qu'est-ce qu'une activité qui n'agirait point? qu'est-ce donc qu'une intelligence qui ne penserait point 1

LÀ-dessus point de contestation. Mais il n'en est pas de même du cœur. Si Ton a compris du premier coup que la vie de rintêlligence est de penser, il ne paraît pas si évident que la vie du cœur soit d'aimer. Et cependant il est certain gue êî Van reconnaît la vie du CiBUi mm^ESi^ ^^^

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vie à part; qu^on ne peut confondre ni avec la vie du corps ni avec celle de l'intelligence, aussitôt qu'on voudra dire ce que c'est que cette vie du cœur, sans l'avoir prévu, sans le vouloir, on nommera l'amour. Chacun peut en faire l'essai. Chacun peut voir s'il lui est possible de donner de la vie du cœur une idée dans laquelle l'idée d'amour n'entre pas. Ce qu'on appelle le cœur ne se voit pas plus, ne peut pas plus être connu en soi que l'intelligence. Sans les actes que produit le cœur, nous n'aurions pas même l'idée d'une vie du cœur; nous n'en eussions jamais inventé le nom. Il faut donc s'y prendre, au sujet de la vie du cœur, comme nous l'avons fait au sujet de la vie de Tintelligence. Il faut nous demander, non pas : qu'est-ce que le cœur? à cela point de réponse ; mais : qu'est-ce que fait le cœur? Eh bien, si le cœur fait quelque chose, il aime; c'est son propre d'aimer, comme c'est le propre de la plante de végéter, comme c'est le propre de l'intelligence de penser. Il aime, dira-t-on; mais il hait aussi. Certes, je le crois; comment aimer sans haïr? comment marcher vers l'orient sans tourner le dos à l'occident? comment aimer mie chose sans haïr son contraire? Cette haine est le contre-coup nécessaire de l'amour; cette haine est l'amour lui-même retourné : à moins que vous ne disiez que c'est l'amour qui est le contre-coup nécessaire de la haine, à moins que vous ne disiez que l'amour n'est que la haine retournée; oe qui mettrait la haine en première et l'amour en seconde ligne dans notre vie morale; ce qui reviendrait à dire que la vie du cœur consiste non pas, comme nous le disions, à aimer, mais qu'elle consiste à haïr. On n'aurait de choix qu'entre ces deux définitions ; et comme personne n'oserait dire ni même ne pourrait penser que la vie du cœur consiste à haïr, chacun par là même sera forcé de reconnalire que la ne du eosur conûste à aimer.

GEtOtt L*SefP»lT.

Mais pourquoi ne disonfi-nous donc pas que vivre par le cœur c'est tout à la fois aimer et hair? Nous ne le disons paSj parce que la haine n'est pas le véritable objet du cœur, parce que le cœur ue haitj ainsi que nous Tavons dit, que par contre-coup et parce qu'il aime» De ce qu'il est impossible k l'artiste qui recourt à la puissance du feu de faire du feu sans faire aussi des cendres ^ en concluronsnous que cette cendre qui résulte de la combustion soit l'objet même et le but des travaux de Tartiste? La bai ne est la cendre de ce feu que Tamour allume dans notre cœur; mais ce n'est pas de cette cendre que vit notre iHEur. La haine n'est qu^une forme de Tamour; l'amour seal est réel^ l'amour seul est quelque chose. L'amour conduit k une sorte de haine, c'est \Tai ; mais aucune sorte de haine ne peut conduire à l'amour; et qui commencera par la haine fmira par la haine. Il y a bien plus : celui qui commence par la haine ne hait pas ce qu'il faut haïr, on pmit en être certain. Il s'imagine peut-être haïr le mal ; mgJs s'il n^aime pas le bien, il ne hait pas le mal comme niali comme péché, comme inimitié avec Dieu; il le hait par d'autres raisons^ car il y a plusieurs raisons, et de très itiverses, de haïr le mal. L'amour seul du bien produit une vraie haine du mal.

Nous lé répétons donc, mes frères, pour le cœur, vivre l'est autre chose qu'aimer. La haine qui ne résulte pas de r^mnour, la haine qui n'est pas une forme de l'amour, la hmne en elle-même et pour elle-même n'est pas une vie, mais au contraire une mort du cœur. Elle n'est pas plus kl vie (hi cœur que Terreur n'est la vie de la raison. Si Ton eut que la raison qui erre et que le cœur qui hait vivent

oftant^ il faut convenir que c'est d*une vie fausse, conraire au but de la vîe* il faut convenir qu'une vie dont le propre est de âétmire ressemble be?iUto\ïç ^ visift \snsss\^

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et rpn peut dire des perfionnes qui emploient à balr le cœur qui leur fut donné pour aimer^ qu'elles sont muTim en vivant.

On conviendra^ mes frères^ que toute action^ pour avmr un senS; doit avoir un objet. Ainsi l'action de l'intelUgenca a un objets et cet objet est la vérité; le coeur ^ussi doit avoir un objets et si cet objet n'est pas Tunité de tous les êtres moraux et 1§ bopl^eur de tous les êtres sensibles^ cet objet quel estait? C'est le contraire nécessairement ; (s'est, au. lieu de l'unité^ le désaccord; au lieu du bonheur, le malheur de tous les êtres. Nul moyen d'échapper à cette conclusion, quand on refuse l'autre, à moins de dire que la vie du cœur n'a point d'objet; et dire cela, c'est dire que cette vie n'existe pas, et que le cœur n'est qu'un mot.

La vie du cœur, s'il en a une, c'est donc l'amour^ Çt cette vie a deux contraires, ou, si vous voulez, elle est sujette à deux morts, dont l'une s'appelle l'égoïsme et l'autre la haine. Si la vie du cœur est d'aimer, le cœur est mort quand on n'aime que soi, le cœur est mort quand on hait. Mais ces deux morts, à le bien prendre, n'en font qu'une. Car, d'une part, la haine ne se conçoit pas sans l'égoïsme; il est impossible de se représenter un homme dont le cœur, livré à la haine, serait en même temps détaché de ses propres intérêts, et prêt à les sacrifier; il est même probable que ceux qu'il hait sont ceux qui lui font obstacle ou ombrage, ceux dans lesquels quelqu'une de ses convoitises a rencontré des adversaires; personne ne hait pour haïr. D'un autre côté, il est impossible que l'égoïste s'en tienne à l'égoïsme, c'est-à-dire à s'aimer exclusivement sans haïr les autres, ceux du moins dont les prétentions ou les droits vont à rencontre des siens, ceux qui en actions ou en paroles l'ont blessé dans quelqu'un de ses intérêts. La haine n'est gue la forme la plus positive de l'égoïsme, son déve-

SELON l'esprit. 5i

loppement nécessaire^ le fruit empoisonné d'une racine empoisonnée; si Tégoïsme est une mort^ la haine est une iDort vivante. Ne pourrait-on pas ajouter que le cœur ne peut pas être vide^ et que Tégoïsme ne le remplit pas assez; que la haine ressemble davantage à la vie; que la haine, qui est une mauvaise action du cœur^ est une action ce* pendant; qu'elle donne au cœur de Toccupation^ dont il a tûiyours besoin; et que, par cette raison encore, quand on n'aime pas, il faut qu'on haïsse?

Revenons maintenant au point d'où nous sommes partis. D y a dans le monde plusieurs sortes de vies ; celle de lliomme en est une. Dans l'homme même, il y a plusieurs sortes de vies : nous les avons distinguées. Remarquons loaintenant qu'aucune vie, ni dans le monde, ni dans llioinme, n'est égale à une autre vie. La vie de la plante est inférieure à celle de l'animal; la vie de l'animal est intérieure à celle de l'homme, et dans l'homme lui-même, la vie du corps est au-dessous de celle de l'intelligence, la TÎe de l'intelligence au-dessous de la vie morale. C'est que ces trois vies qui, réparties entre les autres êtres, ne se trouvent réunies que dans l'homme, correspondent à trois mondes qui n'ont point la même valeur ni la même dignité i nos yeux : le monde matériel, le monde intellectuel et le monde moral. Interrogez le premier venu entre les plus limples des hommes, il vous dira, sans se faire presser, qnll vaut bien mieux être intelligent que d'être beau, et qu'il vaut mieux aussi être bon que d'être intelligent. Làdessus point d'hésitation, point de partage dans l'humanité. La matière et la forme sont fort au-dessous de la connaissance, et la connaissance ne saurait être mise en parallèle avec l'amour. Il y a plus : qu'est-ce qui fait la valeur de chacune de ces vies? C'est son rapport avec une vie supérieure; c'est la faculté qu'elle a d'^ 'dbo\x\.vc\Vi\\i^'^\v^\2^^

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son prix cpi'autant qu'elle se subordonne^ qu'elle rend des services à Tintelligence; rintelligence se déshonore quand elle ne se termine pas à l'amour. Si l'amour, pour trouver des objets et de l'exercice, a besoin de l'intelligence et de la matière, l'amour en lui-même a de la dignité, delà beauté; on ne peut pas, il est vrai, le concevoir séparé de l'intelligence; mais il n'existe pas pour elle, et elle existe pour lui. Or ne peut-on pas dire d'un être qui réunit en soi plusieurs vies, que si la principale, celle pour laquelle il a reçu toutes les autres, lui manque, il ne vit pas, bien qu'il possède les autres, parce que ces autres vies n'étaient pas son but, mais que son but doit être cherché dans la vie dont il est privé? Autre chose serait d'être privé d^une vie à laquelle on n'a point été destiné, et pour laquelle on n'a point été organisé. Ainsi la plante vit quoiqu'elle ne sente point, car elle n'a point été faite pour sentir ; l'animal vit quoiqu'il ne pense point, parce qu'il n'a pas été fait pour penser; mais l'homme, fait pour aimer, l'homme, dont l'amour est la destination, aurait beau sentir, aurait beau penser : s'il n'aime pas, il ne vit pas. Ainsi la vie supérieure d^ chaque être est sa véritable vie, dans l'absence de laquelle il peut passer pour mort.

Chacune de nos vies subordonnées est donc quelque chose par son rapport avec la vie supérieure ou véritable; mais en elle-même et séparément, elle n'est rien. Quand la vie supérieure, qui est le but, manque, il ne faut pas dire qu'on vit moins; on ne vit pas à moitié, ni au tiers, ni aux deux tiers : on vit ou l'on ne vit pas. Sans doute on peut aimer davantage ou aimer moins ; là les degrés se conçoivent bien; là il peut y avoir des différences infinies; mais entre l'être qui, dans un degré quelconque, aime et celui qui n'aime pas, la différence est du tout au tout, du oui au non, de la vie à la mort. Je ne dis pas seulement

F ^^^H l'esprit ^^^^^^H 53

I entre celui quî aime et celui qui végète, je dis entre celui

I qtii aîine et celui quî pense^ quoiqu'il y ait aussi entre celui

I qui jiense et celui qui végète une distance considérable ;

■ mais toute considérable qu'elle est^ elle disparaît auprès

Hjle l'intcrvaUe qui s'étend entre Tétre qui aime et Têtre qui

^^n^âime pas< La vérité^ certes, est une grande chose; mais

^^^K^vous ne mettez pas la vérité au-dessus de l'amour, si

^Rif conséquent vous la mettez au-dessous, dites-vous bien

V que sans Tamour la vérité est inutile; allez plus loin har-

H diment : dites que sans l'amour il n^'y a point de véritéj

^( puisqu'il n'y a point d'unité ni de bonheur. Ceci vous

Bétonne? mais pensez-y mieux : le mot de vérité ne désigne

^pas seulement une vue exacte de Pesprlt; le mot de vérité

^ m* désigne p^is uniquement une idée ; il a quelque chose

tli' plus substantiel ; il désigne aussi une chose, un fait, un

rapport. La vérité se trouve dans les actions avant de se

trouver dans les idées; elle est dans les choses avant d'âti^e

ikns les paroles. Une chose est \Taie quand elle est ce

qy Vile doit être, comme une parole est vraie quand elle

flit ce qu'elle doit dire; une choscj pareillement, est fausse

quand elle n'est pas ce qu'elle doit être* Si donc l'homme

ii*e^t pas ce qu'il doit être, ne fait pas ce qu'il doit faire, il uraît beau connaître la vérité, il ne serait pas dans la véité^ selon cette pensée de sfdnt Jean qui dit qu*à cela nous onnaissons que nous sommes dans la vérité si nous aimons los frères* J^ vérité dans la création de Dieu consiste en ce que toutes choses s^entre -répondent; or, celui qui] n'aime pas^ portant atteinte à cette correspondance généa!c qui est la vérité, introduit, autant qu'il est en luij, le mensonge dans le sein de la vérité. Il n'y a donc pas lieu i distinguer et à dire : Cet homme n'a pas ramourj mais il ^ « k vérité ; non, sll n'aime pas, il n'a pas la vérité, M h'Ê\angiie^ sur ce point, ne monlre ça^^V^ tîimvvto^X^

5k L^FFEGTION

décision, n^a pas la moindre obscurité. Il donne partout la suprématie à la vie du cœur ou à Tamour; il fait tout tendre, dans Thomme, tout aspirer vers l'amour, comme vers le but et vers la vérité de la vie humaine. Jésus-Christ n'a jamais proposé à ses disciples la connaissance comme but, mais conmie moyen :1e but, c'est que tous soient consommés dans l'unité (Jean, XYIl, 23); or l'unité, c'est l'amour. Saint Paul déclare que la science enfle, mais que l'amour édifie; et pesez bien les mots :1a science, dit-il, non la science erronée ou l'erreur, mais la science en général, par conséquent la vérité aussi bien que Terroir. L'amour édifie ; pesez encore ce mot : édifier, c'est-à*Klire construire, bâtir, créer un monument solide ou une demeure habitable; en deux mots, produire un résultat positif; c'est là le vrai sens du mot édifier; ainsi donc, dans la vérité (si elle n'est que pensée), l'enflure, le vent, le néant; dans l'amour, le positif, le réel. Voilà la doctrine de saint Paul. C'est évidemment celle de saint Jean lorsqu'il dit que celui qui aime Dieu, le connaît. Ailleurs la connaissance est subordonnée à l'amour ; ici l'amour est présenté comme le moyen et la condition de la connaissance; ce qui nous ramène à ce que nous vous disions tout à l'heure, que celui qui a la vérité, s'il n'a pas l'amour, n'a pas même la vérité. Et qui de vous, mes frères, n'a présent à la mémoire ce magnifique passage où saint Paul, humiUant la science humaine et même la science angélique aux pieds de l'amour, s'écrie : a Quand je parlerais toutes les langues des homa mes, et même des anges, si je n'ai pas la charité, je ne « suis rien... Quand j'aurais le don de prophétie, que je a connaîtrais tous les mystères et que j'aurais toute sorte a de science, si je n'aime, je ne suis rien. » (1 Corinthiens, Xni, 1-2.) Ce n'est pas même assez que d'opposer à toute une vie

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