‹ Études évangéliquesChapitre 110 sur 260 · Cf. Jean, xv, 2; xvii · texte numérisé non relu

Cf. Jean, xv, 2; xvii

2. Le mot î^wy) n'a pas l'article au commencement du v. 4, parce qu'il est introduit pour la première fois et représente d'abord au lecteur une idée indéterminée; mais l'idée se détermine dans la reprise xtù t-

136 ÉTUDES ÉVA^GÉLIQUES

nous a donné la lumière et la vie, la vérité et la crâce *. Dans la seconde partie du prologue, il sera question de la lumière et de la vie surnaturelles que le Verbe incarné apporte aux hommes, il ne s'agit pas d'autre chose dans la première partie. Pas plus dans un endroit que dans l'autre l'évangéliste n'a particulièrement en vue les lumières de la raison, ou la vie naturelle ~, ou même la révélation de l'Ancien Testament. Les mots « lumière» et « vie » ne sont pas employés par lui en deux sens différents: Rien n'indique une double acception ; rien ne demande qu'on suppose dans le texte une équivoque. 11 est vrai seulement que la thèse de l'Evangile, s'il est permis de s'exprimer ainsi, est énoncée, dans la première partie du prologue, en teruies abstraits, tandis que, dans la seconde partie, on passe de l'abstrait au concret, de la métaphysique à l'histoire, comme si l'écrivain sacré avait voulu ménager une transition entre

1. « Significans (Johannes) quoniam per Verbum, per quod Deus perlecit conditionem, in hoc et salutern his qui in conditione sunt, praeslitit hominibus, sic inchoavit in ea quae est secundum Evangelium doctrina : In principio erat Verhuni. » S. Iuénée, Haer, I, 1.

2. « Probabilis conjectura si Aristotelem interpretarernur Ubi-

que lux pro spirituali hominum illustratione ponitur, Ac nescio an uUum ex Scripturis sacris exeraplum proferri possit, ubi lux aut lumen rationera significat naturalem. » Maldonat, II, 396, 398. Selon Van HooNACKER [supr. cit.), la vie dont il est question serait « la vie qui anime la nature », et la lumière des hommes serait la lumière du jour, « celle qui est faite pour les hommes » ; et « c'est ainsi que malgré les ténèbres, la lumière fut la vie de la nature «. C'est seulement à partir du V. 7 que la lumière désignerait le Verbe. Mais il est inconcevable que l'évangéliste ait entendu par « lumière des hommes » autre chose que « la vraie lumière qui éclaire loul homme ». Quel besoin avait-il de décrire la création de la lumière en termes si alambiqués? Les mots sont empruntés au premier chapitre de la Genèse, mais non les idées ; et il serait absolument contraire aux habitudes du symbolisme johannique de placer une description littérale de la création à côté de la création spirituelle. S'il n'était [)arlé que de la création naturelle dans les vv. 4-5, le récit qui commence au v. G ne serait pas logiquement amené.

la théorie et le récit de la rédemptioQ opérée par Jésus.

Jean ne considère pas la vie dans le Verbe : en ce cas, il n'aurait pas manqué de dire que le Verbe était la vie. Mais la vie et la lumière dont il parle sont conçus par rapport aux hommes : ce sont les avantages qui leur sont procurés par le Verbe fait chair. Aussi bien, si l'évangéliste ne dit pas du Verbe qu'il est la lumière et la vie, Jésus le dira de lui-même. C'est que le Verbe devient lumière et vie pour les hommes par son incarnation. Le point de vue de l'auteur étant ce qu'il est, il ne reste aucune place dans sa pensée pour la vie qui aurait existé de toute éternité dans le Verbe et qui aurait été communiquée d'une certaine façon par la création. Ce que Jean appelle vie et lumière, c'est la grâce et la vérité dont Jésus est le médiateur. La formule : « Dans le monde il y eut vie », équivaut à ce qu'on lira plus loin * : « Le Verbe s'est fait chair... ; la grâce est venue par Jésus-Christ. » Et la formule : a La vie était la lumière des hommes », est expliquée au même endroit par : a Nous avons vu sa gloire... ; la vérité est venue par Jésus-Christ. » Les deux visent directement la communication de vie, la manifestation de lumière, qui s'est faite et qui se fait par le Fils de Dieu, Jésus, le Verbe incarné -.

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