Qui, non du sang
Ni du vouloir de la chair.
Ni du vouloir de l'horarae.
Mais de Dieu sont nés.
D'après saint Justin, ^aint Irénée, Tertullien ', il faudrait lire, dans cette dernière strophe :
(Au nom de celui) qui, non du sang.
Ni du vouloir de la chair.
Ni du vouloir de l'homme, Mais de Dieu est né.
La manifestation du Verbe divin a été préparée. Il y eut un homme qui était envoyé de Dieu à cette fin. Les Synoptiques insistent pareillement sur la mission providentielle du- Précurseur, et lui appliquent le texte de .Malachie : « Voici que j'envoie mon ange devant toi pour te préparer le chemin -. » On peut croire que Jean se réfère implicitement à ce passage et à la tradition sinon au texte synop-
1. S. Justin n'a pas de citation directe, mais des allusions qui ne paraissent pas contestables. Ainsi Dial. 63 : û; toO atuzTOç xùtoû oùx u, àvôçcoreiou (TTrépixaTO; v£vîvY|U.£vou, àXX' èx 6£XT,u.aT0î Osoù. Cf. l Ap. 32 ; Dial. 54, 61, 76, ap. Resch, 58. S. Irénée, Haer. III, 16, 2 : « Non enim ex voluntate carnis neque ex voluntate viri, sed ex vohintate dei verbura caro factum est. » Haer. III, 19, 2 : a Non ex voluntate carnis neque ex voluntate viri natus est filius hominis. » Tbrtullien, De carne C/iristi, 19 (cf. 24) : « Non ex sanguine nec ex voluntate carnis nec ex voluntate viri, sed ex deo natus est. » S. Ignace, Ad Smyrn. 1 : utôv Oco'j xarà 6sXT,ua xat ôJvajxtv Oeoû fi^zyr^'j.ivo\ xkrfio)^ âx TrapOivou, paraît se référer à Jë.\n, i, 13, et supposer la lecture 5; Iyswt^Ot,.
2. Mal. m, 1. On lit dans l'original : « Voici que j'envoie mon ange, et il préparera la voie devant raoi. » Ce passage est cité Marc, i, 2; Matth. XI, 10; Luc, vn, 27.
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tique. Cette circonstance paraît suffire à expliquer pourquoi l'évangéliste fait valoir le témoignage rendu au Sauveur par Jean-Baptiste. On a pensé qu'il avait voulu combattre des gens qui voyaient dans Jean-Baptiste le Messie promis par les prophètes ^ ou bien que lui-même, ayant été disciple du Précurseur, avait été particulièrement frappé de ce qu'il lui avait entendu dire ~. Mais l'intention polémique, si elle existe, doit être accessoire. Ij'évangéliste n'avait pas lieu de combattre les opinions qui avaient eu cours en Palestine au ^ujet de Jean-Baptiste, soixante ou soixante-dix ans avant qu'il composât son livre ; et s'il n'avait eu en vue que la réfutation d'une secte hérétique de son temps ^,il aurait sans doute écrit contre elle autre chose qu'un évangile. Si l'on insiste sur le témoignage du Précurseur, ce n'est pas précisément pour démontrer que Jean-Baptiste n'était pas le Messie; c'est afin de prouver par ce témoignage que Jésus lui-même est le Messie promis, puisque Jean-Baptiste a vu descendre sur lui le Saint-Esprit. D'autre part, les souvenirs personnels de l'évangéliste ne sont pas reconnaissables dans son exppsi-
1. Idée acceptée par beaucoup de commentateurs, même modernes. D'après Baldensperger, l'auteur du quatrième r^vangile aurait eu pour biU principal de combattre et de réfuter une école ou une secle qui mettait Jean-Baptiste au dessus du Christ. Cf. Revue d'histoire et de littérature religieuses, IV, 270-272.