‹ Études évangéliquesChapitre 12 sur 260 · Cf. Évangiles · texte numérisé non relu

Cf. Évangiles

position considérable que Paul et d'autres convertis avaient acquise dans les communautés. On ne remarquait pas que la conclusion : a Les premiers seront les derniers, et les derniers premiers ' », ne s'adapte pas à la parabole, qui n'a pas en vue un renversement de situations dans l Eglise, mais l'identité essentielle de la récompense destinée à tous les adhérents de l'Evangile, croyants de la première heure et convertis de la dernière. On trouvait que la parabole du Festin, dans Matthieu et dans Luc, visait aussi l'œuvre de Paul, et l'on ne s'apercevait pas que la destruction de la ville où habitaient les premiers invités, trait de Matthieu - qui se rapporte à la ruine de Jérusalem, à la réprobation des Juifs et au salut des Gentils, est surajoutée au récit dont elle dérange l'économie, et que son absence dans Luc ^ en démontre le caractère adventice, tandis que la seconde tournée du serviteur, qui signifie, dans le troisième Evangile ^, la prédication chez les païens, est dénoncée comme addition par Matthieu, qui 1 ignore. Les éléments secondaires étant écartés, il reste une fable où l'invitation, adressée aux principaux d'une ville et rejetée par eux, profite aux pauvres et aux vagabonds : ainsi en est-il de l'Evangile, méconnu par le judaïsme officiel, recrutant ses adeptes parmi les publicains et les pécheurs. Dans sa forme primitive, la parabole convient au temps de Jésus et nullement à l'âge apostolique. Si donc on a contesté l'authenticité de ces paraboles, c'est qu'on ne les avait pas étudiées avec une méthode assez sûre et qu'on ne les avait pas bien comprises.

La tradition a pu modifier plus ou moins les paraboles qu'elle a retenues, elle ne les a pas inventées. Les

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