‹ Études évangéliquesChapitre 13 sur 260 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

évangélistes ont pu de même adapter les récits à Tapplication qu'ils en faisaient, et imprimer aux descriptions la marque de leur style particulier, ils n'ont pas créé les thèmes paraboliques. C'est un fait significatif que l'absence de toute parabole dans le Nouveau Testament en dehors des Synoptiques K Si la première et la seconde génération chrétiennes avaient été fécondes en paraboles, pourquoi n'en aurait-on pas attribué aux apôtres ? Pourquoi l'auteur du troisième Evangile, qui aime les paraboles, n'en aurait-il pas mis dans les Actes ? Il était donc admis que Jésus seul avait cultivé le genre parabolique. Cette persuasion doit correspondre à une réalité : Jésus a dit des paraboles qui ont toute chance de se retrouver dans celles que la tradition chrétienne a conservées. Si cette tradition avait créé des paraboles, c'aurait été uniquement pour les attribuer au Christ. Mais ici intervient un autre fait, non "moins significatif que le précédent : la tradition et les évangélistes qui nous ont transmis les paraboles ont une façon de les entendre qui ne répond pas à leur véritable caractère ni à leur destination première ; ils les comprennent comme des allégories prophétiques, en rapport avec la situation du christianisme en leur temps, et ils leur appliquent les moyens d'exégèse qu'on employait alors dans l'interprétation figurée de l'Ancien Testament. Or on verra, par toute la suite de cette étude, que les paraboles n'étaient pas des allégories, mais de simples fables démontrant par voie de comparaison les vérités essentielles de l'Evangile. Par conséquent elles ont préexisté à la tradition qui supporte les rédactions évangéliques ; elles étaient pour cette tradition un ensemble de matériaux, respectables par leur origine, dont le sens historique tendait à se perdre ou était déjà perdu, et que l'on exploitait au mieux des intérêts spiri-

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