Jean, x
Dieu. La pensée de l'évangéliste, en s'appliquant à la réalité des choses, se ferait plus précise. Néanmoins, puisqu'on vient de rappeler que le monde existe par le Verbe, et que rien dans le contexte ne dirige l'attention vers le peuple juif, Tévangéliste partageant les hommes en deux catégories entre lesquelles se répartissent les Juifs aussi bien que les Gentils, à savoir, ceux qui ont reçu le Christ et ceux qui ne l'ont pas reçu, il parait plus naturel d'admettre que « la propriété » du Verbe est le monde, et que « les siens v sont les hommes, ses créatures '. Les Juifs ne sont pas moins atteints implicitement, avant tous les autres hommes, par le jugement porté contre les incrédules, puisque le Verbe s'est manifesté à eux dans la chair avant d'être annoncé aux Gentils. Mais le jugement qui les condamne n'est pas motivé par leur qualité de Juifs, enfants d'Abraham, héritiers des promesses divines; il est motivé par leur qualité de créatures, qualité qu'ils partagent avec toute l'humanité. On ne voit pas que le quatrième Evangile fasse grand état du privilège des Juifs *, et il est peu probable que l'auteur ait voulu rappeler en cet endroit la situation exceptionnelle du peuple hébreu à l'égard du vrai Dieu, Le salut vient des Juifs : c'est un fait incontestable et qui est expressément reconnu par l'évangéliste, mais qui n'implique à l'égard du passé qu'un honorable souvenir, sans créer d'avantage pour le présent. Car on n'adore plus sur le Garizim ni à Jérusalem, et les vrais adorateurs servent le Père en esprit et en vérité ^
Bien que le plus grand nombre des hommes aient résisté
1. Cf. X, 16. « Nec enim de eo titulo Joannes agebat, quo populus Judaeorum proprius et peculiaris dicebalur, quod ab eo electus esset, quod legem et fuluras Messiae promissiones accepisset, sed de eo polius quo universus omnino inundus ejus erat, quia per ipsum erat faclus. » Maldonat, H. 408. Voir Holtzmanx, 33; Grill, 97.