Jean, iv
au Verbe, et que, pour cette raison même, la lumière brille au milieu des ténèbres, il est vrai pourtant que les ténèbres ne l'ont point arrêtée, car il y a des hommes qui ont reçu le Verbe et qui participent à ses bienfaits. Recevoir le Verbe, c'est se montrer disposé à l'écouter, puis l'entendre, puis croire en lui. Ceux qui l'ont reçu en ont été récompensés : « il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Les Juifs qui ont rejeté le Christ se prétendaient enfants de Dieu parce qu'ils étaient enfants d'Abraham ^ Mais les vrais enfants de Dieu sont tous ceux qui, Juifs ou Gentils, sont nés de l'esprit, ceux qui, par Jésus, par la vertu de sa parole, ont été régénérés dans l'eau et dans l'Esprit-Saint ~. C'est par la foi qu'ils ont obtenu la faculté de devenir ainsi les vrais enfants de Dieu, parce qu'ils ont cru au nom du Verbe, c'est-à-dire parce qu'ils l'ont accepté pour ce qu'il est, le Fils unique de Dieu, qui annonce aux hommes la vérité du Père.
Dans le texte ordinaire, les paroles qui suivent doivent expliquer en quoi consiste la filiation divine des fidèles. La liaison ne se fait pas sans quelque embarras de la construction logique. L'explication donnée paraît obscure en cet endroit, et elle ne devient intelligible qu'après qu'on a lu le discours de Jésus à Nicodème. Là est traitée ex professa la question de la filiation divine, en tant que les hommes peuvent y arriver par la génération spirituelle dont leur foi est la condition préalable. On est donc obligé de dire que l'évangéliste a fait une sorte d'anticipation doctrinale qui dérange l'économie de son exposition. Il sera évident, par la suite, que les hommes deviennent enfants de Dieu par adoption, à l'imitation du Fils unique, et l'on ])eut trouver surprenant que l'évangéliste ait décrit la filiation adoptive avant même d'avoir prononcé le nom du Fils