o'i, nonobstant le neutre Tsxva
reçu le Verbe et qui croient en lui. L'embarras de la phrase ne disparaît pas, mais une interprétation acceptable est rendue possible. Les vrais enfants de Dieu sont ceux qui naissent de lui, sans doute par une génération spirituelle, que l'évangéliste ne décrit pas ici autrement, affirmant avec emphase f[u'elle n'est point matérielle, charnelle, humaine. C est chose singulière que la filiation adoptive soit si énergiquement proclamée, pour être expliquée seulement par voie de négation. Les hommes qui croient deviennent fils de Dieu, et ils ne le deviennent pas au moyen d'une génération naturelle. Comment le deviennent-ils ? On le saura plus loin, et l'on doit penser que l'auteur était si rempli de son sujet qu'il a oublié de dire tout ce (ju'il fallait pour se faire comprendre. Ceux donc qui deviennent enfants de Dieu, en vertu du pouvoir qui leur est donné par le Verbe, ne sont pas nés du sang ' , le sang étant considéré comme le siège et le véhicule de la vie animale, transmise parla génération. Ils ne sont pas nés de l'appétit charnel, du désir naturel de l'homme -.
1. La traduction de Relss Théologie johannique. 115) : « Lesquels ne sont point nés dans le sens physique par la volonté de la chair et de l'homme, mais qui le sont de Dieu », est décidément trop libre. Maldonat regarde le pluriel aîaxrtov comme un hébraïsme. Mais le pluriel s'emploie en grec comme une sorte de nom collectif, pour désigner en général une matière ou une masse dont chaque partie concrète peut èlre désignée par le singulier [xzkx-:x. ;JÀz; cf. <îi:x£ç, Ap. xvii, 16; XIX, 18. 21; Jac. y, 3). HoLTZMANN, 34. « Excusât D. Augustinus interprétera, quod ut graecum verbum exprimeret, latinitatis rationem non habuerit. » Maldoxat. IL 411.
2. Les anciens commentateurs ont souvent trouvé dans les formules : ejc sanguinibus, ex voluntate car/iis, ex voluntate iûri, des particularités étrangères à la pensée de l'auteur. L'évangéliste reprend la même idée sous trois forilies : le sang est mentionné d'abord comme matière de la génération naturelle ; la volonté de la chair et la volonté de l'homme signifient la même chose, le désir, cause de la génération, avec cette seule différence que l'homme est visé spécialement en dernier lieu, a quia |)raecipuus auctor est humanae generationis, et quia Deo opponebat, et aplior erat inter virum et Deum, quam inler feminam et
158 ÉTUDES KVANGÉLIQUES
En d'autres termes, la génération dont on parle n'est pas une génération humaine : cela va de soi puisqu'il s'agit des enfants de Dieu. Les hommes qui deviennent enfants de Dieu ne le deviennent point par l'effet d'une génération ordinaire : voilà ce que dit l'évangéliste, el par trois fois, comme s'il voulait insister sur ce que la génération divine des enfants de Dieu n'est pas une génération humaine, au lieu de dire ce qu'est en elle-même cette génération divine K
Il y aurait de quoi s'étonner que la leçon de Tertullien et de saint Irénée soit restée en suspicion auprès des exégètes qui ont récemment commenté le quatrième Evangile, et des critiques qui en ont édité le texte, si les premiers n'avaient coutume de prendre pour base de leurs explications le texte qui leur est fourni par les seconds, et si ces derniers ne se réglaient principalement sur le témoignage des manuscrits , qui ne les conduit pas jusqu'à l'origine et ne leur transmet que les recensions diverses des écrits bibliques, comme elles ont eu cours dans l'Eglise depuis le iv" siècle. La plupart des interprètes n'accordent qu'une mention rapide et presque dédaigneuse à l'ancienne lecture : « Qui n'est pas né du sang, ni du vouloir de la chair, ni du vouloir de l'homme, mais de Dieu. »
Deum opposilio. » Maldonat, II, 412. Le sang et la chair désignent la nature humaine, commune aux deux sexes.
1. La difficulté de ce passage n'est nullement atténuée si l'on entend les vv. 11-13 de l'activité du Verbe avant l'incarnation (J. Réville, 100). Est-il si naturel de dire que le Verbe n'a pas été reçu chez les siens dans l'Ancien Testament, et que la révélation du Verbe a fait des enfants de Dieu avant qu'il s'incarnât ? Cf. Grill, 99, il. 1. Baldkns- PERGEB, 13-15, 23, suppose que les mots : « qui ne sont pas nés de la chair, » etc., visent la naissance miraculeuse d'Isaa^c et même celle de ses enfants. Sur cette exégèse trop ingénieuse, cf. Grill, 99, n. 2. Jean, i, 11-13, n'est pas en rapport avec viii, 56, oii Ion a en vue la connaissance qu'Abraham a eue de l'incarnation, par le moyen d'un évéueuieiit typique, non le Verbe reçu par les hommes et lc!ur donnant le pouvoir de devenir enfants de Dieu.
On Tindique simplement sans la discuter ', quand on l'indique -, ou bien on Técarte par une fin de non-recevoir, en disant que Tancienne leçon des Latins ne trouve aucun appui dans les manuscrits ^ Un seul commentateur ^. à notre connaissance, en a compris toute la portée et l'avantage qu'elle présente pour l'unité da prologue ; mais il lui a semblé qu'elle était en contradiction avec ce que l'évangéliste dit plus loin touchant l'origine terrestre du Messie. L'édition de TischendorF ' énumère les témoins de cette leçon, mais en oubliant un des plus importants, saint Justin. Les éditeurs anglais du Nouveau Testament ^ paraissent avoir eu souci d'atténuer la valeur des témoignages : il s'agit d'une leçon occidentale, peut-être purement latine; les citations de saint Irénée pourraient n'être qu'une adaptation, et de même l'allusion douteuse qu'on trouve dans saint Justin'; Tertullien resterait l'unique témoin certain, avec un manuscrit de l'ancienne Vulgate ^. Un seul critique ■', aussi riche dans ses informations qu'aventureux dans ses conclusions, a pris décidément parti pour la leçon prétendue latine et la proclame originale, sauf à l'interpréter dans un sens qui paraît impossible à soutenir.
Le groupe des témoins n'est certainement pas négligeable, si ce n'est pour la quantité des personnes et des suffrages, du moins pour leuj* qualité. Le premier en date est saint Justin. Sa dépendance à l'égard du quatrième