Cl. III
164 ÉTUDES ÉVANGÉLIQUP:S
monde, et c'est ce qu'on verra bien dans le récit de Cana K
La conception virginale du Sauveur ne paraît impliquée nécessairement dans l'idée johannique de l'incarnation que si l'on voit dans cette idée la description du fait, et qu'on rapporte la description à l'instant même où Jésus a été conçu. Dans ce cas, la rigueur des termes, excluant toute participation active de l'homme à la naissance temporelle du Fils de Dieu, semblera ne pouvoir s'expliquer autrement que par la conception virginale ^. Mais tel n'est pas le point de vue de Jean. L'évangéliste domine, en quelque sorte, toute l'histoire humaine du Christ, et il l'embrasse d'un seul coup d'œil, la regardant comme la manifestation terrestre du Verbe éternel. Dans cette manifestation il considère uniquement la carrière publique du Sauveur, Ce n'est pas de l'enfant Jésus dans la crèche de Bethléem que parle Jean lorsqu'il dit que le Verbe fait chair a habité paraii nous et que nous avons vu sa gloire, mais de Jésus dans l'exercice de son ministère, depuis le jour de son baptême jusqu'aux apparitions qui ont suivi sa résurrection. Ainsi l'incarnation n'est pas autre chose que la manifestion du Verbe incarné, et c'est du Verbe incarné comme tel, c'est-à-dire du Verbe manifesté dans la chair, de Jésus enseignant et ressuscité, qu'il est dit : c'était le Fils de Dieu, car il était né de Dieu, non de l'homme. L'instant précis de l'incarnation, au sens théologique du mot, n'est pas indiqué. Dans la perspective évangélique, le moment initial de l'incarnation, c'est-àdire de la manifestation du Verbe, est le baptême de