‹ Études évangéliquesChapitre 127 sur 260 · Cf. n · texte numérisé non relu

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2. Une logique rigoureuse, interprétant i, 13, de l'origine historique du Christ, aurait plutôt mené à l'idée d'une naissance apparente, c'est-à-dire au docétisme; mais la tradition et les Synoptiques venaient à l'encontre de cette déduction. De là le sens attrihué au passage, en dépit de sa lettre, par s. Justin, s. Irénée, Tertullien.

LE PROLOGUE DU OUATRIÉME ÉVANtilLE 165

Jésus ', non que Jean rapporte expressément à cet instant l'union du Verbe avec Thumanité, mais parce que c'est alors seulement que l'union est manifestée et que la ofloire du Verbe commence à se révéler dans les œuvres du Sauveur. La naissance de Jésus se trouve ainsi placée en dehors de l'horizon contemplé par l'évangélisle, si on la considère comme fait. Si on la considère dogmatiquement, comme l'apparition du Fils de Dieu dans la chair, elle est ramenée en idée au moment du baptême. De ce point de vue idéal et transcendant, la négation d'une origine humaine est une autre façon d'affirmer l'origine divine du Sauveur, non une indication relative à sa naissance, tout comme, dans le discours à Nicodème, la naissance des hommes par l'eau et l'esprit, la naissance d'en haut, marque le caractère de la vie surnaturelle qui leur est communiquée, sans égard à leur naissance naturelle, qui est simplement présupposée. L'idée de l'incarnation n'inclut donc pas nécessairement la conception virginale du Sauveur ; elle n'en tient pas compte. La relation dogmatique des deux croyances n'est pas établie dans le quatrième Evangile; elle s'est formée dans la tradition, par la combinaison de la théorie johannique avec les récits de la conception virginale dans Matthieu et dans Luc ~.

C'est précisément parce que la conception virginale n'est pas indiquée dans le quatrième Evangile, et parce que l'incarnation se confond dans la perspective avec la descente de l'Esprit sur Jésus lors de son baptême, que

1. Sur l'antiquité de la fête de l'Epiphanie et son rapport initial avec le baptême du Sauveur, voir Borxemann, Die Taufe Christi durch Johannes. Le tait que la commémoration du baptême du Sauveur est antérieure à celle de sa naissance trouve une explication dans le développement historique de la christologie.

2. La combinaison est a l'état rudimentaire dans s. Justin, Ap. i, 32, 33, 66, qui identifie simplement le Logos de Jean avec le zvî-jixx et la Suvaat; de Luc, i, 35.

les adversaires des écrits johanniques affectaient de voir, dans le premier chapitre, la théorie gnostique d'un éon céleste apparaissant sur la terre pour recevoir le baptême de Jean, comme si l'auteur avait réellement supprimé les trente premières années de Jésus ^ Cette circonstance même pourrait avoir donné crédit à la leçon qui est maintenant reçue, au détriment de celle que Tertullien tenait pour la seule orthodoxe. Le savant commentateur ^ qui trouve la leçon de Tertullien excellente pour le contexte, mais contradictoire avec ce que Jean dira plus loin '^ sur l'origine terrestre du Messie, paraît être du même avis que les Aloges. La contradiction dont il s'agit n'existe pas, si l'on tient compte du caractère idéal que présente le prologue, et de la signification même du passage cité. Quand Jésus dit: « Vous savez d'où je suis; et pourtant je ne suis pas venu de moi-même, et vous ne connaissez pas celui qui m'a envoyé », il répond à ceux qui contestaient sa qualité de Messie, sous prétexte qu'on savait son origine; il ne concède pas que les Juifs sachent vraiment d'où il est, et il donne à entendre qu'ils se font illusion sur ce point. Jésus n'affirme rien que ce qui est dit dans le prologue, à savoir, qu'il vient d'en haut; et la question de son origine terrestre, au sens où les Juifs pensent la connaître, n'est pas réellement touchée, ou bien elle est traitée comme indifférente. On ne sait rien de lui en ne connaissant que cela. Ce qu'il importe surtout de savoir est son origine céleste, et c'est cette origine que les Juifs ignorent.

ka leçon vénérable, attestée par les écrivains ecclésiastiques du second siècle, semble donc mériter un peu plus

1. Voir P. CoiisSEN, Monarc/iianisc/ir Pmfoj^e zu den vicr Evangelien, 47-48.

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