‹ Études évangéliquesChapitre 128 sur 260 · Jean, vu · texte numérisé non relu

Jean, vu

de crédit que les exégètes de toutes les écoles n'ont accoutumé de lui en accorder. Critiquement parlant, elle a certaines chances d'être primitive. Il serait néanmoins téméraire de formuler, en matière aussi complexe et obscure, une conclusion absolue, et d'affirmer l'authenticité de la leçon la plus anciennement attestée, en déclarant fautive celle qui est universellement acceptée depuis des siècles. Disons seulement que la leçon de Tertullien, qui a soulevé de très bonne heure des difficultés doctrinales, serait malaisément sortie de la leçon canonique, tandis que cette dernière aura pu facilement être substituée à l'autre, soit sous la simple influence du verset précédent, soit plutôt parce qu'elle ne prêtait pas à objection ni à fausse interprétation. En pressant les termes de la première, on pouvait en déduire, non seulement que le Verbe s'était fait chair au moment du baptême de Jésus, mais encore, et avec plus de facilité, que le Verbe était devenu Fils de Dieu en s'incarnant. La leçon canonique, au contraire, supposé même qu'elle ait d'abord circulé chez les disciples de Valentin, ne gardait un sens valentinien que pour ses auteurs, et, si peu facile qu'elle nous paraisse, au point de vue littéraire et critique, admettait une interprétation théologique entièrement inoflfensive.

L'action salutaire du Verbe a été résumée d'abord en termes abstraits, puis elle a été analysée en termes concrets mais toujours généraux, en partant de la prédication de Jean-Baptiste. Jean est venu pour rendre témoignage à la lumière; celui qui était la vraie lumière parut ensuite, et fut mal reçu dans ce monde qu'il a fait; toutefois, il y a eu des âmes qui ont cru, et ces croyants ont pu devenir enfants de Dieu, par la médiation de celui qui était né de

Dieu. Comment le Verbe sauveur est né de Dieu, et comment il a opéré le salut des hommes, c'est ce qui va être maintenant expliqué.

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