Cf. JiJucHER, I
tuels de la communauté. Dans ces conditions, la masse des paraboles doit remonter aussi haut que l'Evangile de Jésus; et si, abstraction faite des gloses allégoriques de la tradition, elles ne contiennent rien qui ne convienne aux circonstances dans lesquelles le Sauveur a prêché, il serait déraisonnable de n'en pas admettre l'authenticité substantielle.
La question d'originalité ne se confond pas avec la question d'authenticité, bien qu'elle y soit connexe. Quelques-uns ont vu, bien à tort, dans la parabole, un genre tout personnel, unique et divin, que Jésus seul aurait conçu et employé. Si Jésus fait de la parabole un usage tout particulier, il n'a pas pour cela créé le genre parabolique. L'exégèse traditionnelle atténue plutôt, sans le vouloir, l'originalité des paraboles, en supposant qu'elles font suite aux allégories de l'Ancien Testament. Ce point de vue est peu conforme à l'histoire. On doit observer d'abord que les allégories existent surtout dans le commentaire de la Bible, et non dans le texte. En fait, les livres les plus récents de l'Ancien Testament, canoniques ou apocryphes, ne contiennent pas de paraboles. Hénoch présente une série de similitudes qui sont de pures allégories et qui ne ressemblent pas plus aux paraboles de l'Evangile que les tableaux symboliques du Pasteur d'Hermas. Ce n'est pas la littérature juive, canonique ou non, des siècles antérieurs, qui a suggéré à Jésus l'emploi de la parabole. Si l'usage de la comparaison est fréquent dans toute la Bible, les exemples de la parabole proprement dite y sont assez rares et se rencontrent dans les livres les plus anciens. On peut citer, au livre des Juges *, la fable des Arbres qui demandent un roi ; au livre de Samuel -, l'apologue de Nathan à David sur l'affaire d'Urie, et l'his-