‹ Études évangéliquesChapitre 142 sur 260 · Meyer-Weiss, 77; Holtzmann, loc. cit · texte numérisé non relu

Meyer-Weiss, 77; Holtzmann, loc. cit

le sein de son père ou de sa mère, étant serré dans leurs bras ^ non de l'enfant qui arrive du dehors pour se mettre sur leurs genoux. La proposition incidente a pour objet de montrer l'union intime du Père et du Fils. Il n'en reste pas moins que le .Monogène divin, ayant révélé Dieu au.\ hommes sur la terre, est censé reprendre auprès de Dieu son Père la place qu'il y a eue dès 1 éternité -. Dans la perspective évangélique et dans le langage chrétien, la présence du Verbe incarné sur la terre semble être une interruption de sa vie céleste. Autant il est peu légitime d'inférer de là une interruption ou une altération réelle de la vie divine dans le Verbe, autant l'on est peu fondé à supposer dans le texte, et même dans la pensée de l'auteur, toutes les distinctions qu'une théologie exacte introduit dans le commentaire doctrinal de l'Evangile.

On ne doit pas s'étonner que l'évangéliste porte son regard au delà des limites où s'enferme la narration svnoptique. 11 n'écrit pas, à proprement parler, une histoire de Jésus, mais plutôt un traité de la connaissance de Jésus, en forme d'histoire. C'est pourquoi il va de l'éternité à l'éternité, du Verbe auprès de Dieu à Jésus dans le sein du Père. Il a formulé d'abord ce qu'on pourrait appeler la métaphysique de l'Evangile : le \'erbe de Dieu, par qui tout a été fait, est venu sur la terre apporter la vie et la lumière aux hommes. Puis il s'est repris afin d'expliquer plus précisément cette définition, et il l'a développée en la rattachant au commencement terrestre de l'histoire évangélique : l'homme inspiré qui s'appelait Jean est venu pour rendre témoignage à la lumière, dans le temps même où elle se manifestait sur la terre ; celui qui était la lumière a été mal reçu dans le monde, qui pourtant est son

1. Cf. Luc, XI, 7 : Ta Tzxioîx aou ust' laoù si; t/;v xottTiv eliiv.

2. b tov £•; TÔv xôÀzov TOvJ riTûo; répond à xai 6 Àôyoç t,v rpô; tôv ôeov.

œuvre ; mais il y a des hommes qui ont cru en lui, et qui par lui sont devenus enfants de Dieu ; il leur a procuré cette grâce, étant lui-même né de Dieu, car il était le Verbe fait chair, et c'est ainsi qu'il a pu, de sa plénitude, leur donner la grâce et la vérité, en même temps qu'il leur révélait Dieu. Les ténèbres n'ont pu arrêter la lumière. Le Verbe incarné, Monogène divin, est rentré dans le sein du Père, et maintenant ceux qui croient en lui ont la vie par lui et triomphent de la mort après lui. Ainsi la seconde partie du prologue est parallèle à la première : toutes les deux partent de l'éternité, la patrie du Verbe, pour arriver au combat qu'il a livré aux ténèbres, lui la lumière, et pour conclure au triomphe qui le ramène à son séjour naturel, en Dieu, où il sera suivi par les siens K La substance du quatrième Evangile est tout entière dans ces données.

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