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l'évangéliste a connu des Juifs qui avaient cette idée du Sauveur, et qu'il va les instruire en même temps que Jésus instruira Nicodème. Celui ci ne parle pas en son nom, bieti qu'il soit venu seul; il dit : « nous savons ^ », exprimant le sentiment de ceux qui ont cru au nom de Jésus « en voyant les miracles qu'il faisait ^ », et plus particulièrement des membres du sanhédrin que l'on trouvera plus tard ^ favorables au Christ, mais qui cacheront leur sympathie, comme Nicodème, pour ne pas s'exposer aux vengeances de la majorité incrédule et hostile.
En faisant l'aveu de sa foi, Nicodème s'offre, pour ainsi dire, à une instruction plus complète et demande implicitement à connaître ce que Jésus peut avoir à enseigner touchant la voie du salut '*. Il n'est pas besoin de chercher un lien plus étroit entre le discours du sanhédriste et la réponse qui y est faite; de supposer, par exemple, que Nicodème a dit d'autres paroles qui ne sont pas reproduites par l'évangéliste ^, ou que Jésus a lu dans l'âme de son interlocuteur ce que celui-ci désirait savoir ^, ou que l'instruction sollicitée par Nicodème portait sur un point très spécial, tel que les conditions d'admissibilité au royaume des cieux, la suffisance du baptême de Jean, la qualité messianique de Jésus, la signification de ses miracles '. Il est pareillement inutile de sousentendre, dans la réponse de Jésus, l'intention formelle de montrer à Nicodème qu'il ne sait pas de quoi il parle, ou d'éveiller en lui le sentiment de son indigence morale,
1. Pour ce qui est de l;i forme, le discours de Nicodème, m, 2, imite Marc, xii, 14 : oioàrrxaÀe, oïSafxsv ort àXT,6r]ç ei î«tX. Pour l'idée, le rapport est plutôt avec Luc, xvin, 18.