‹ Études évangéliquesChapitre 146 sur 260 · Divers auteurs, ap. Meyer-Weiss · texte numérisé non relu

Divers auteurs, ap. Meyer-Weiss

l'ea.l et l esprit 193

ou de le conduire de la foi extérieure, fondée sur les miracles, à la foi intérieure, fondée sur la connaissance du Christ Fils de Dieu. Toutes ces hypothèses auraient une raison d'être si Jésus et Nicodème s'entretenaient mutuellement; mais Tévangéliste les fait bien plutôt parler l'un et l'autre en vue de ses lecteurs.

Pour être sauvé, dit Jésus, il faut naître au salut. Le salut n'est pas autre chose qu'une vie spirituelle et divine, toute différente de la vie naturelle que l'homme tient de son origine charnelle et terrestre. « En vérité, en vérité \ je te le dis, si l'on ne naît à nouveau '^, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Déjà, dans les Synoptiques, a le royaume de Dieu » ou « le royaume des cieux », et « la vie éternelle » sont des termes synonymes. Dans le quatrième Evangile, l'idée de a la vie » l'emporte sur celle du « royaume », et, dans tout le reste du livre, il ne sera plus question du « royaume de Dieu ». L'emploi de cette formule dans le |)remier discours du Christ est donc une sorte de trait d'union, consciemment établi par Tévangéliste, entre la conception à moitié juive, au moins quant à la forme, du « royaume de Dieu », et la conception toute chrétienne de a la vie », concej^tion qui diffère, j)ar plus d'une nuance, de « la vie éternelle » entendue au sens des Synoptiques. 11 est évident que « la vie éternelle », tout comme le « royaume des cieux », implique un élément eschatologique dont la présence est beaucoup moins sensible dans l'Evangile johannique. « La vie » a j)aru sur la terre avec le Verbe incarné ^; ceux qui croient en lui

i. La répétition du mot àîXT,v est une particularité du quatrième Evangile. Cf. i, 52, et quantité d'autres passages. Les Synoptiques ne le répètent pas. « Probabilius ex proprio evangelistarum ingenio hoc natum esse. » Maldonat, loc. cit.

2. V. 3. êàv txTi Ttç yEvvTiOr, ovwOev. Vulg. : « Nisi quis renatus fuerit denuo. » Vers. syr. du Sinai : a Si quelqu'un ne naît d'abord. » Cf. Luc, XVIII, 17.

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