Cf. Gal. IV
4. Les commentateurs citent un passage d'ARTÉMiDOUE, Oneirocriticon I, 13, où il est dit d'un homme qu'il lui semble àvwôev yevvaffôat dans un enfant qui lui est né. Le père se voit revivre, « naître à nouveau », dans son fils |)our commencer une nouvelle existence, et non pas « renaître », dans le sens strict du mot, pour recommencer l'existence dont il a joui.
L EAU ET L ESPRIT
Jésus. Mais le Sauveur ne combat que sa fausse idée de naissance corporelle, et il insiste autant sur le caractère nouveau de la naissance spirituelle que sur son origine céleste. D'autres commentateurs cependant, en tête desquels se placent Origène et Cyrille d'Alexandrie, préfèrent le premier sens, familier à l'auteur dans tous les autres passages de l'Evangile où le mot se rencontre, et qu'il ne peut manquer d'avoir dans l'esprit en parlant de la naissance spirituelle, qui est une naissance céleste et divine. Il est très probable que ce premier sens représente la pensée complète de l'évangéliste, mais en impliquant le second. La parole de Jésus apparaît avec une triple signification : la signification matérielle, qui n'est pas le sens vrai du texte, les termes employés par le Sauveur étant symboliques, et qui sera pourtant celle que Nicodème comprendra, sauf à la trpuver incroyable; la signification morale, qui est vraie et qui exprime la régénération dont parlent les Evangiles synoptiques et saint Paul • ; la signification théologique et mystique, destinée à montrer le principe et le caractère surnaturels de cette régénération ^. Le troisième sens est associé au second dans l'esprit de l'évangéliste, en sorte que le même mot figure pour lui la nouveauté, l'origine céleste et le caractère divin de la naissance spirituelle ^. Pour traduire exactement ce passage, il faudrait trouver en français un mot qui put signifier à la fois, comme le mot grec, a d'en haut » et « à nouveau ». Faute de ce mot, il est préférable d'employer la seconde formule, qui rend intelligible la méprise de Nicodème, tandis que l'autre traduction le ferait paraître plus inintelligent que l'évangéliste n'a
1. On peut suivre le développement de cette idée dans Marc, x, 15; Matth, xviii, 3 ; Gal. m, 2 ; iv, 6 ; vi, 15 ; II Cor. v, 17 ; I Pibr. i , 3, 23; II, 2.