Cf. III
3 Cf. J. Réville, 142.
/oulu le montrer et que la vraisemblance ne permet de l'admettre. Si l'unique sens était « naître d'en haut », Nicodème n'a pas pu songer à une naissance corporelle. S'il s'agit d'une « naissance nouvelle », il manque seulement de l'esprit qu'il faut pour entendre les choses spirituelles ^ Il est vrai pourtant que l'idée de naissance surnaturelle est celle qui prédomine dans la pensée de l'évangéliste, et que celle de naissance nouvelle ne vient qu'en second lieu, comme associée nécessairement à la première. L'objection qu'on pourrait tirer de ce que le double sens et l'équivoque ne se comprennent qu'en grec et n'ont pu avoir lieu en araméen, dans la langue parlée par le Sauveur, n'aurait de portée que si les discours du quatrième Evangile, et celui-ci en particulier, devaient être considérés comme des reproductions textuelles, non comme des interprétations plus ou moins réfléchies des enseignements qui ont été réellement donnés par Jésus ^.
Nicodème n'entend que des mots qui suggèrent à son esprit une idée impossible : « naître à nouveau », commencer à vivre quand on est déjà vivant; il faudrait pour cela recommencer sa vie, chose inconcevable. Le docteur juif donne l'expression la plus naïve à la difficulté qu'il conçoit. Mais l'évangéliste n'a pas voulu le faire passer pour un homme d'esprit extraordinairement borné : Nicodème a compris en pharisien le discours de Jésus; il ne pouvait pas le comprendre autrement, étant lui-même ce qu'il était, et le plus intelligent de ses confrères ne se serait pas