‹ Études évangéliquesChapitre 154 sur 260 · Cf. vu, 27-28; vni, 14; ix · texte numérisé non relu

Cf. vu, 27-28; vni, 14; ix

Le baptême de Jean n'est pas visé directement, car Jésus ne dit pas : « Si l'on ne naît pas seulement de l'eau, mais encore de l'esprit », de façon à opposer son propre baptême à celui de Jean ; mais il présente l'eau et l'esprit comme les deux principes coordonnés, ou le principe conjoint de la nouvelle naissance. Il est sous-entendu que le baptême de Jean n'avait que l'eau, le symbole matériel sans la réalité spirituelle, tandis que le baptême de Jésus réalise spirituellement le symbole matériel qu'il a retenu. Ce n'est pas à dire pour cela que la signification symbolique de l'eau soit purement négative et se ramène à l'idée de purification, l'esprit demeurant le seul principe positif de la nouvelle naissance ^ Les deux principes ne sont pas conçus l'un comme négatif ou passif, l'autre comme positif et actif; il n'y aen réalité,qu'unenaissance etune vie, issue d'un seul principe, qui est l'esprit agissant avec l'eau et dans l'eau. Les deux causes se ramènent à une seule, pour produire un seul effet qui est positif, et qui procède à la fois tout entier de l'une et de l'autre. Pour la forme symbolique du discours, il y a deux éléments, l'eau et l'esprit ; pour la conception générale et théorique de la vie spirituelle, il n'y a qu'une cause, l'esprit; au point de vue du christianisme réel, on reçoit l'Esprit-Saint par le moyen du baptême, en sorte que l'eau baptismale peut-être considérée comme le véhicule de l'esprit ou comme l'instrument de son action régénératrice et sanctifiante. Dans les autres passages de l'Evangile où l'eau apparaît comme un terme purement symbolique, elle ne représente pas le côté négatif de la régénération chrétienne, mais la vie spirituelle dans son principe et son développement. On n'a aucune raison d'admettre «ci un autre sens ; mais on le fait généralement, parce qu'on regarde l'eau comme un terme réel et symbolique, tandis qu'on prend d'abord l'esprit pour un terme

1. Meyeh-Weiss, 131; Holtzmann, 64, d'après Kz. xxxvi, 25-27.

l'eau et l'esprit 205

réel (Esprit-Saint), puis le vent pour un terme symbolique, bien que dans tout le discours l'eau et l'esprit soient à la t'ois des termes réels et symboliques, ayant même sens et même objet, et qui sont accouplés tout simplement parce que la notion du baptême chrétien les imposait tous les deux à l'évangéliste. Dire que Jésus n'a pas pu faire à Nicodème un discours sur le baptême chrétien, ou que la conception proprement johannique de la génération spirituelle n'a rien à voir avec le baptême, et que l'esprit n'est pas pour l'évangéliste le principe de la vie éternelle *, est supposer ce qui est en question. S'il est une chose évidente pour le critique non prévenu, c'est que l'évangéliste, dans cet entretien du Sauveur avec Nicodème, reprend, pour la développer, l'idée qu'il a simplement énoncée dans le prologue, touchant la naissance des enfants de Dieu. Le rapport du baptême et de l'esprit avec cette naissance, et l'idée que l'esprit divin devient vie dans l'homme, sont johanniques au même titre que la notion même du Verbe incarné; car ce rapport et cette idée, appliqués à Jésus, constituent la perspective et la définition de l'incarnation. Aussi bien, quand Jean parle de la ciiair n'a-t-il pas en vue « la chair du péché ». mais la nature humaine comme telle, abstraction faite de l'obstacle que le péché met à la naissance spirituelle.

m. 9. Nicodème répondit et lui dit : « Comment cela peut-il se faire ? » 10. Jésus répondit et lui dit : « Tu es le docteur. d'Israël, et tu ne sais pas cela ? II. En vérité, en vérité, je te dis que nous parlons de ce que nous savons, et que nous attestons ce que nous avons vu; et vous ne

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