‹ Études évangéliquesChapitre 155 sur 260 · Meyer-Weiss · texte numérisé non relu

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recevez point notre témoignage. i2. Si je vous parle des choses terrestres et que vous ne croyiez pas, comment croirez-vous si je vous parle des choses célestes? 13. Et nul n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui est dans le ciel 14. Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, 15. afin que tout croyant ait en lui la vie éternelle. 16. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. 17. Car Dieu n'a pas envoyé le Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le mondé soit sauvé par lui. 18. Celui qui croit en lui n'est pas jugé ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. 19. Or voici le jugement : c'est que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. 20. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient blâmées ; 21. mais celui qui accomplit la vérité vient à la lumière, pour que ses œuvres soient manifestes, parce qu'elles ont été faites en Dieu. »

« Comment cela peut-il se faire ? » remarque Nicodème. La question ne permet pas dédire ce qu'il a compris au précédent discours. On va sans doute plus loin que ne veut Tévangéliste, lorsqu'on admet que Nicodème, voyant bien qu'il s'agit d'une régénération spirituelle, demande simplement une explication sur la manière dont cette régénération peut s'accomplir. 11 ne semble pas avoir fait le moindre progrès depuis l'instant où il a dit : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? » Sans doute il a bien entendu que la vie dont parle Jésus n'est pas un recommencement de la vie présente, mais sait-il mieux de quoi Jésus parle ? Jésus lui-même va s'étonner qu'il ignore a ces choses ». Il n'est pas surprenant qu'on ignore le ce comment » de la génération spirituelle : le Sauveur vient de dire qu'on ne le sait pas. Le fond de la question reste donc toujours aussi obscur pour l'interrogateur, et l'idée même de la génération spirituelle lui échappe, tout aussi bien que l'intelligence de sa possibilité et des

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moyens qui la procurent '. C'est pourquoi Jésus dit : « Tu es le docteur d'Israël et tu ne sais pas cela! » Une ironie légère est contenue dans cette réponse ^. « Le docteur d'Israël » ne signifie pas expressément que Nicodème représente la science des scribes, mais qu'il est un docteur en grande réputation. Comme tel, il devrait connaître les Ecritures, où, s'il n'est pas question de nouvelle naissance, il est souvent parlé de l'esprit et de sa puissance créatrice. 11 est |)rématuré de faire intervenir ici le devoir de la docilité aux envoyés de Dieu, recommandé aussi dans l'Ancien Testament, puisque Jésus n'a rien dit encore de la foi.

En face de ce docteur ignorant, Jésus se déclare le vrai docteur d'Israël et du monde : a En vérité, en vérité, je te dis que nous parlons de ce que nous savons et que nous attestons ce que nous avons vu. » Le monologue du Sauveur, car désormais Nicodème ne dira plus rien et sera oublié avant la fin de l'instruction, commence de la même façon que la première Epître johannique ^ Dpns l'Evangile, on ne trouve le « nous » employé que par l'auteur témoignant au nom de ceux qui ont vu Jésus et qui ont cru en lui. Les anciens commentateurs supposaient volontiers que le Christ parlait ici au nom de son Père et au sien, ou bien au nom de la Triîiité tout entière : hypothèse contredite par la teneur du discours, où il n^a pas été question du Père, ni même du Saint-Esprit, le Père et l'Esprit-Saint ne pouvant d'ailleurs être conçus comme des témoins qui ont « vu » ce que Jésus dit. D'autres ont pensé aux prophètes, et plusieurs interprètes, même modernes, croient que Jésus associe à son témoignage

1. « Simplicius esse arbitrer, quod Ghrysostomus, Theophylactus et Euthymius videntur indicare, de summa quaestionis Nicoderaum loqui, quoraodo homo iterum nasci possit. » Maldonat, II, 483.

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