‹ Études évangéliquesChapitre 17 sur 260 · JULICHER, II · texte numérisé non relu

JULICHER, II

On enseignait dans les écoles de son temps la halaka^ l'interprétation casuistique de la Loi. Jésus n'a jamais cultivé cette science, et il a eu contre lui tous ceux qui la représentaient. Il en abat les arguties par des traits de sens commun ^ qui sont des révélations de la yraie morale, mais qui jaillissent de sa conscience et n'ont rien du docteur confit en sagesse argumentative. Les récits paraboliques ne sont pas étudiés; ce ne sont pas des compositions doctrinales ni des œuvres littéraires. Ils sont comme un produit spontané de son esprit, de son âme, de l'idée qu'il porte en lui. Mais il faut pourtant que l'on se rattache à quelque chose, quand on vit en ce monde, et le génie le plus novateur a son point de départ dans le milieu où il a grandi ; il ne fait, tout bien consi déré, que lui rendre, avec usure et tout transformé, ce qu'il lui a emprunté. En tant qu'orateur populaire, sor tant des rangs du peuple pour parler au peuple, Jésus a son point de départ dans la tradition populaire, dans cette science des sociétés incultes qui consiste en proverbes, contes et légendes. 11 ne procède pas toutefois de la tradition haggadique ~, de cette végétation qui avait poussé sur les récits de la Bible et où le peuple satisfaisait son goût pour les histoires ; il prend assez rarement ses comparaisons dans l'Ecriture, et jamais il n'en tire la matière de ses paraboles. Il remonte donc à une source plus profonde que la haggada, qui est spécifiquement juive ; il puise à la tradition de l'humanité, dans l'esprit populaire, qui est le même partout, qui aime les dictons, les sentences et les fables. Si profondément originale et personnelle que soit sa pensée religieuse, elle restera simple et populaire dans son expression, et elle n'en sera que plus humaine, universellement humaine. Jésus met-

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