‹ Études évangéliquesChapitre 18 sur 260 · Cf. JiJLICHER, I · texte numérisé non relu

Cf. JiJLICHER, I

tra en comparaisons et en apologues les vérités du royaume céleste ; il mettra le conte et la fable au service de son idéal. La rigueur de cette adaptation a fait en partie la nouveauté de son enseignement. Aucun docteur de cette époque n'aurait pu sans doute ni voulu faire de la parabole un moyen de propagande. Jésus enseignait tout naturellement ainsi, trouvant des images et des fables nouvelles, vivifiant les anciens proverbes, transformant au besoin et modifiant les thèmes variés des comparaisons et des récits traditionnels.

Mais cette prédication si vivante n'a pas été aussitôt recueillie par écrit, et Ton peut croire que l'essentiel seulement nous a été conservé. Tant que Jésus prêcha, nul ne songeait à faire un livre de ses discours. Il ne faut pas oublier que sa doctrine se résumait dans la formule : « Faites pénitence parce que le royaume des cieux est proche '. » Ceux qui Técoutaient le plus volontiers étaient des illettrés, et ses disciples étaient plus accoutumés à manier l'aviron du pêcheur que le calame du scribe. Il est même à présumer que les disciples ne firent jamais aucun effort pour retenir ce qu'ils entendaient, et que leur mémoire garda seulement ce qui les avait le plus frappés. L'enseignement du Sauveur n'avait pas la forme de harangue académique ou de sermon solennel ; il était relevé de sentences et de paraboles ; mais s'il nous est parvenu presque uniquement dans des sentences et des récils que la tradition littéraire a combinés pour en faire des discours un peu étendus, c'est que les premiers auditeurs, devenus les dépositaires de la tradition évangélique, ne retrouvaient dans leurs souvenirs que les éléments les plus saillants des instructions de Jésus, les sentences incisives, les comparaisons vivantes, les belles

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