Meyer-Weiss, 146; Holtzmaxn
222 ÉTUDES ÉVAiNGÉLIQUES
logue, avec ses doubles sens, n'est pas mieux en situation que les idées exprimées dans le monologue. L'évangéliste y a aussi sa part, que le plus fin exégète ne démêlera jamais, avec toute la précision désirable, de la donnée traditionnelle qui y est exploitée, à moins de reconnaître que cette donnée traditionnelle consiste simplement dans la matière fournie par les Synoptiques aux spéculations de l'auteur. Vu la méthode ordinaire de celui-ci, la présence d'éléments johanniques dans les discours de Jésus n'est pas un argument contre leur attribution toute didactique au Sauveur lui-même. Ces discours mystiques ont un sens plein, qui est celui de Tévangéliste, et ils sont arrangés de façon à présenter un sens littéral moins profond, qui apparaît comme celui de l'histoire, sans être pour cela autre chose qu'une sorte de compromis entre le fond traditionnel et l'enseignement que l'écrivain entend y rattacher . Autant il est certain que la doctrine propre de l'évangéliste se montre de plus en plus à mesure que le discours s'achemine vers sa fin, autant il semble impossible de marquer un point où l'écrivain voudrait paraître seul et parler en son propre nom. Même l'explication relative au jugement ne peut être considérée comme indépendante du discours. Celui qui a dit que le croyant n'est pas jugé, que l'incrédule l'est déjà, ne fait pas que sousentendre la théorie spirituelle du jugement; il l'annonce et il la doit à son auditeur. Mieux vaut donc ne point pratiquer dans ce morceau une division qui serait arbitraire, et admettre que l'ensemble, d'ailleurs tout johannique de forme, est présenté comme discours de Jésus.
Le défaut de conclusion historique ne prouve pas que la forme de discours ait été abandonnée pour celle de simple exposé doctrinal ; car l'auteur du quatrième Evan-