Vv 19-2J
l'eau et l'esprit 223
gile a coutume de ne pas terminer ses récits autrement que par l'instruction dont ils sont le point de départ. Nicodème est l'occasion de la thèse qui est développée dans le discours, il disparaît avant que le discours s'achève. Aussi bien n'e^t-on pas autorisé à supposer que l'entretien a lieu la nuit parce que Nicodème serait un homme de ténèbres, qui ne parvient pas à la vraie lumière. Cette circonstance a son explication dans le soin tout humain que le docteur juif est censé prendre de sa réputation et de sa sécurité. Néanmoins, on ne doit pas rejeter l'interprétation allégorique comme étrangère à la pensée de l'évangéliste '. Nicodème, en tant qu'individu, n'est pas précisément un homme d'oeuvres mauvaises, haïssant la lumière qui le condamne; en tant que type de croyant vulgaire, incapable de s'élever à l'intelligence des choses spirituelles, il ne diffère pas beaucoup de la masse des docteurs israélites, et la nuit qui recouvre son entrevue avec Jésus figure assez bien les ténèbres qui enveloppent le judaïsme des pharisiens. 11 est inutile et arbitraire de supposer que cette conversation aurait eu des témoins, entre autres Jean lui-même. L'évansfélisle n'a aucun souci d'exactitude ou de garanties historiques. Dans le cas présent, l'hypothèse de témoins est contraire à l'esprit du récit ; et l'on trouvera d'autres exemples de discours qui seront rapportés sans que nul disciple ait pu les entendre.
Nicodème tient, en réalité, la place de l'homme qui, dans les Synoptiques, pose une question à Jésus touchant le moyen d'arriver à la vie éternelle '^. Jean développe et inter-