Mahc, vx, 32-44; Matth. xiv, 13-21 ; Luc, ix
qu'on ne pouvait l'en retirer, et parce qu'il y est très bien relativement au plan du livre, où les trois miracles galiléens viennent avant trois Pâques et préludent à un ministère judéen. L'hypothèse d'une lacune entre le chapitre V et le chapitre VI * serait vraisemblable si l'évangéliste était un historien ; comme il ne se sert de récit qu'au profit de la doctrine, cette hypothèse n'est même pas à discuter. La dépendance de Jean à l'égard des Synoptiques n'est ni dissimulée ni avouée. Mais la nature même de son procédé fait supposer une dépendance littéraire : un auteur qui aurait puisé directement dans ses propres souvenirs ou dans une tradition orale aurait introduit le récit d'une autre manière, tandis que tout se passe ici comme dans une méditation religieuse sur un thème fixé d'avance.
Il faut donc se représenter Jésus accompagné de ses disciples, comme dans les Synoptiques, et passant avec eux, en barque, des environs de Capharnaûm à un point de la rive orientale du lac. Le nom de « Tibériade » est ajouté à « la mer de Galilée » , parce que ce nom, tout nouveau encore à l'époque de Jésus, était bien connu, dans le monde grec, au temps où l'Evangile fut écrit. On sait que cette ville n'est pas mentionnée dans les Synoptiques ^. Une grande foule avait suivi Jésus, à cause des miracles qu'il faisait sur les malades. Cette circonstance qui suppose beaucoup de guérisons récemment opérées en Galilée, prouverait encore, s'il en était besoin, que Jésus est censé depuis quelque temps dans le pays, et qu'il n'arrive pas de Jérusalem. Ce n'est pas toutefois pour suppléer au défaut d'indications chronologiques précises ([ue l'évangéliste la mentionne, mais pour faire connaître les dispositions des Galiléens, frappés par les miracles et prêts à acclamer un Messie national, insensibles à la