ScHANz
tant le miracle et le discours un peu avant ia Pâque des Juifs. Cette façon de transposer et d'interpréter l'histoire n'aurait rien que de conforme à son procédé habituel. Un exemple analogue se rencontre dans l'expulsion des vendeurs, probableriient aussi dans la guérison du paralytique . Ce n'est pas que l'auteur ait eu l'intention d'assigner à l'institution eucharistique une autre date que celle qui est marquée dans les premiers Evangiles ^ ; c'est que la multiplication des pains lui fournit l'occasion de dire sur l'eucharistie tout ce qu'il voulait dire; l'interprétation de ce miracle symbolique lui tenait au cœur, et il ne pouvait pas plus le ramener au temps de la passion que le détacher du milieu galiléen. A son point de vue, le récit de la cène eucharistique se trouve largement compensé par le discours sur le pain de vie, et par celui qui suivra le dernier repas du Sauveur avec ses disciples. L'omission, d'ailleurs plus apparente que réelle, du récit même, lui aura paru sans conséquence ; elle résultait presque nécessairement de la méthode adoptée par lui. Il a considéré l'eucharistie comme un mystère qui ne devait pas être proposé au lecteur dans les termes simples que rapportent les Synoptiques et saint Paul, et qu'il fallait plutôt indiquer, faire deviner, décrire symboliquement qu'énoncer en termes positifs et directs. La circonstance de la Pâque n'est pas signalée pour expliquer la présence de la foule, et bien moins encore pour insinuer que Jésus aurait voulu célébrer la Pâque avec le j)euple, sur la riveorientale du lac, sans aller à Jérusalem ~. Il s'agit, à la vérité, d'une sorte de Pâque "mystique ; mais l'évangéliste se garde bien de dire ou de faire entendre que Jésus ait réellement célébré une Pâque juive dans ces conditions. Selon l'économie extérieure