‹ Études évangéliquesChapitre 183 sur 260 · Meyer-Weiss · texte numérisé non relu

Meyer-Weiss

son comme symbole complémentaire, furent distribués à tous les assistants en quantité suffisante et selon leur désir*. Ayant omis de dire que les disciples ont été les intermédiaires de la distribution ~, Jean leur fait donner l'ordre de ramasser les restes, tandis que, dans les Synoptiques^ on signale simplement le fait. C'était l'usage chez les Juifs de recueillir avec soin, après le repas, jusqu'aux miettes tombées de la table. L'ordre de Jésus ne fait que donner plus de relief au détail symbolique dont il s'agit. Les douze corbeilles sont en rapport avec le nombre des douze apôtres, qui se trouvent désignés ainsi comme les dépositaires et les distributeurs du pain de vie. Dans le quatrième Evangile, où il n'a pas encore été question du collège apostolique, il semble que le nombre douze ait été emprunté à la tradition, sans allusion spéciale aux apôtres : ce sont les disciples de Jésu& qui recueillent le pain dans les corbeilles et qui sont les gardiens du pain céleste. Il sera prochainement fait allusion au choix des Douze ^, qui est supposé bien antérieur au miracle . Inutile de chercher si chaque apôtre portait avec lui une corbeille, ou s'il en aura emprunté une pour la circonstance^. Dans tous les récits, la signification symbolique des douze corbeilles prime la réalité matérielle de l'incident visé : l'explication de ce trait est surtout dans l'idée qu'il représente, et la critique perd ses conjectures en les appliquant à la réalité. De même, s'il reste tant de pain et qu'il ne reste rien des poissons, ce n'est

1. ScHANz, 2G5, regarde comme possible la référence aux deux objets, tout en jugeant plus probable le rapport aux deux poissons L'auteur aurait voulu dire : chacun eut du poisson à son gré, bien qu'il n'y eût que deux poissons à distribuer. La même remarque n'est-elle pas applicable aux pains ?

2. Quelques mss. ajoutent après SiéBcoxsv dans le v. 11 : toÏç iji.aOy)Tat<;> ot 8ï |xaO'fiTat', par imitation de Matth. xiv, 19.

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