‹ Études évangéliquesChapitre 184 sur 260 · Meyer-Weiss · texte numérisé non relu

Meyer-Weiss

pas que l'on ait voulu, d'une part, faire valoir la grandeur du miracle ', et, d'autre part, laisser entendre qu'il était resté du pain parce qu'on l'avait distribué atout le monde indistinctement en quantités égales, et qu'il n'était pas resté de poisson parce qu'on avait fait les portions selon la volonté des personnes, si bien que plusieurs avaient eu trop de pain, mais aucun n'avait eu trop de poisson -. Il reste du pain, parce que c'eût été merveille que d'un repas donné à cinq mille personnes il ne demeurât pas «ne miette ; il reste une quantité supérieure à ce qu'on a distribué, parce qiie le symbolisme du récit demande que le caractère permanent, inépuisable, du pain de vie, soit marqué dans la conclusion ; et le même symbolisme €xige que le pain demeure aux mains des disciples. La quantité de restes s'explique par la même raison que la surabondance de vin aux noces de Cana. Marc dit qu'on recueillit les restes des poissons ^. L'indication s'accorde avec l'esprit du récit ; mais il était plus conforme au symbolisme de l'eucharistie que l'on parlât seulement du pain dans la conclusion. Car si le pain et les poissons que l'on distribue figurent Jésus pain de vie, le pain qui reste est à peine un symbole; c'est déjà presque l'eucharistie elle-même.

Dans les Synoptiques, on ne voit pas que le prodige ait €u de conséquences : les disciples sont dits n'avoir rien compris à ce qui s'était passé ^ ; quant à la foule, on observe que Jésus la congédia, ce qui s'explique aisément, l'heure étant très avancée; il ne semble pas que le miracle eût fait sur le peuple une impression particulière. Dans notre Evangile , tout s'accomplit avant le soir. La foule est ravie du miracle ; avant qu'on

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