HOLTZMAXX, loc. cit
VI. 22. Le lendemain, la foule qui était restée sur l'autre bord de la mer savait qu'il n'y avait eu là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas entré dans la barque avec ses disciples, mais que les disciples seuls étaient partis; 23. mais ilvint des barques de Tibériade, près du lieu où ils avaient mangé le pain sur lequel le Seigneur avait rendu grâces. 24. Lors donc que la foule s'aperçut que Jésus n'était pas là, non plus que ses disciples, ils montèrent eux-mêmes dans les barques et vinrent à Capharnaiim, cherchant Jésus. 25. Et l'ayant trouvé sur l'autre bord de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici?» 26. Jésusleur répondit et dit : « En vérité, en vérité je vous (le) dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez élé rassasiés. 27. Tâchez d'avoir, non la nourriture périssable, mais la nourriture qui reste en vie éternelle, (celle) que le Fils de l'homme vous donnera ; car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. »
28. Alors ils lui dirent : « Que devons-nous faire pour acconi])lir les œuvres de Dieu ? « 29. Jésus répondit et leur dit : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. » Et ils lui dirent : « Quel signe fais-tu donc, pour que nous le voyions et que nous croyions en toi? Quelles sont tes œuvres? 31. Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon qu'il est écrit : Il leur a donné à manger du pain du ciel. » 32. Et Jésus leur dit : « En vérité, en vérité je vous (le) dis, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain du ciel. 33. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » 34. Et ils lui dirent : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain. » 35. Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie : celui qui vient à moi n'aura (jamais) faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. 36. Mais je vous ai dit que vous m'avez vu et que vous ne croyez pas. 37. Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors. 38. Car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. 39. Et c'est la volonté de celui qui m'a envoyé, que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. 40. Car c'est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle, et que je le ressuscite au dernier jour. »
Ayant ramené Jésus et les disciples sur la rive occidentale du lac de Tibériade, révangéliste revient à la foule qui était restée sur la rive orientale. Il s'exprime comme
si tout ce qui vient d'être raconté de la traversée avait eu lieu au commencement et vers le milieu de la nuit, et il dit : « le lendemain », c'est-à-dire le matin du jour qui suivit celui de la multiplication des pains. « Le lendemain » donc, la foule qui avait vu le miracle, toujours soucieuse de retrouver Jésus, et jugeant qu'il était définitivement parti de son côté, résolut de se rendre à Capharnaum. Rien absolument n'invite à supposer qu'une portion peu considérable du peuple était restée là, et que le reste s'était dispersé ', ou bien que les demeurants cherchaient d'abord sur le rivage une barque où Jésus aurait pu se trouver, s il voulait s'en retourner *. L'évangéliste ne songe pas à expliquer comment on a pu se procurer assez de barques pour le transfert de cinq mille hommes ; il prépare, un peu gauchement pour notre goût, la mise en scène du grand discours qu'il a en vue sur le pain de vie. La foule savait bien que, la veille, il n'y avait là qu'une seule barque, celle où les disciples étaient montés, à la nuit tombante ; et elle savait aussi que !es disciples étaient partis sans Jésus. Comment la multitude qui suivait le Sauveur était-elle venue derrière lui sur la rive orientale ? On ne nous le dit pas. Il faut supposer qu'elle n'était pas venue par eau, puisqu'elle n'avait pas un seul esquif à sa disposition. Elle se propose d'aller à Caj)harnaum, n'ignorant pas que les disciples y sont retournés, et pensant que Jésus ne manquera pas de les y rejoindre. Une circonstance fortuite la dispense de faire la route à pied, en longeant le bord du lac. Il arrive des barques de Tibériade à proximité de l'endroit où s'était faite la multiplication des pains, et où la foule était restée, attendant Jésus. Le peuple monte dans les barques et vient à Capharnaùm. Cette indication générale doit nous suffire. 11 ne faut pas