Meyer-Weiss
2. 0 C'est le Fils de l'horame qui la donne, et il est lui-même cette divine nourriture dans son adorable chair, dans son esprit, dans sa parole et dans sa grâce. » Le Maistre de Sacy, Le saint Éi'angile selon s. Jean (Bruxelles, 1717), 255.
3. C'est, avec des nuances diverses, l'opinion de s. Hilaire, s. Cyrille d'Alexandrie, s. Augustin, Maldonat
4. « Credo graecura articulum b vim habere relativi; itaque non esse sensum ; Deus Pater signavil, sed : Pater signavit qui Deus est. Quod etsi re idem est, hoc est dictura efficacius. » Maldon.\t, II, 594.
truction sur la meilleure façon d'accomplir la Loi. Jésus répond que les exigences de Dieu ne vont pas à plusieurs œuvres différentes, mais à l'œuvre essentielle de la foi ' : il faut croire à celui que Dieu envoie. Les interrogateurs comprennent bien que Jésus parle de lui-même, et qu'il se désigne comme le Messie. La nouvelle question qu'ils lui posent laisse voir que les miracles dont ils ont été témoins ne sont pas, selon eux, des preuves certaines de sa qualité messianique. « Quel signe fais-tu donc, pour que nous le voyions, et que nous croyions en toi ? Quelles sont tes œuvres? » Cette façon de réclamer un grand miracle a de quoi surprendre chez des gens qui, la veille, après la multiplication des pains, étaient prêts à saluer Jésus comme roi, c'est-à-dire à le reconnaître pour leur Messie. Auraient-ils donc changé d'avis, ou sont-ils moins faciles à persuader que le jour précédent ? De cette contradiction apparente les uns déduisent que les interrogateurs n'avaient pas assisté au miracle de la multiplication des pains; les autres, que cette multiplication n'avait pas été miraculeuse, ou que la foule n'en avait pas été frappée : on y voit une preuve de l'endurcissement des Juifs, ou bien l'on observe que l'appétit du merveilleux est insatiable, et que Jésus lui-même a provoqué la demande d'un signe extraordinaire, en disant que le pain commun n'est rien, et qu'il faut chercher le pain de vie éternelle ; une explication beaucoup plus ingénieuse * consiste à dire que les Juifs sont en droit de solliciter un nouveau signe qui autorise indubitablement Jésus comme Messie, puisqu'il a refusé de faire la seule chose qui attesterait sa mission, prendre le titre de roi d'Israël. Toutes ces conjectures méconnaissent la véritable nature
1. « Fidem vocat opus Dei, non quia Dei donum est, etsi re quidem vera est, sed quia Deo gratum est atque conveniens. » Maldonat, II,