‹ Études évangéliquesChapitre 198 sur 260 · Meyer-Weiss · texte numérisé non relu

Meyer-Weiss

2. V. 32. à(XT|V à[/.T|V Xéyw û[xtv, où MwlidT,; eBwxsv û}i.tv tov aprov èx Toù oùpavoC, aXX' o TraTYjp \iou oi'oiofftv Op-tv tov apTOv èx ToCi oùpavoû rbv aÂY,6iv6v.

pain de vie est déjà désigné dans le premier membre, sérail substituer une équivoque au symbolisme du discours. D'ailleurs, les deux membres se correspondent dans une antithèse régulière : ce n'est pas Moïse, c'est le Père qui a donné la manne *, et qui donne maintenant le pain de vie. Les Juifs, parlant de la manne, ont dit : « nos pères » ; Jésus, dans sa réponse, met ses interlocuteurs à la place de leurs pères, comme s'ils avaient eux-mêmes profité de la manne. Cette façon d'identifier la nation avec ses ancêtres, et de l'interpeller comme un corps auquel n'appartient pas celui qui parle, est peut-être plus naturelle sous la plume de l'évangéliste que dans la bouche de Jésus 2. Le vrai pain du ciel, continue le Sauveur, le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, pour donner la vie au monde. Il est clair, pour le lecteur du quatrième Evangile, que Jésus parle de lui-même. Les auditeurs du Christ, si le discours leur avait été tenu en ces termes, eussent été excusables de ne pas comprendre. Et en effet, ils ne comprennent pas. L'évangéliste leur fait faire sur le pain de vie un contresens analogue à celui que la Samaritaine a fait à propos de l'eau de vie. Ils s'imaginent que Jésus parle d'un pain miraculeux, d'un pain de santé ou d'immortalité, qui soutiendrait indéfiniment le corps de l'homme. Jésus ne nie pas que la manne ait été envoyée du ciel, mais qu'elle ait été en elle-même une nourriture céleste ; il n'y a qu'un aliment céleste, un pain de Dieu, à savoir le Verbe incarné. Les auditeurs, en demandant « pour toujours » le pain de vie, ne songent pas au pain qui leur a été distribué la veille, mais à un aliment d'autre sorte, à un pain magique ; on dirait une caricature de la prière : « Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ^ », tandis que la déclaration de

Page 1