‹ Études évangéliquesChapitre 206 sur 260 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

vérité ^ », s'entend d'une disposition morale 2, mais c'est une disposition que l'homme seul ne peut se donner à luimême. Dans notre passage, l'action providentielle est au premier plan, et Ion n'a pas égard à la liberté de l'homme. L'attrait exercé par le Père n'est pas la grâce nécessitante de Calvin ou celle des jansénistes, ni la grâce efficace des thomistes, mais il n'est pas davantage la grâce suffisante des molinistes. La coopération de l'homme à Faction divine est sous-entendue, et l'on n'essaie pas d'établir un équilibre logique entre cette action et cette coopération qui semblent représenter tour à tour, selon les occasions, toute l'œuvre du salut. Ne sont-elles pas, au fond, une même réalité vivante, que l'esprit humain regarde de deux côtés, et qu'il dédouble en idée, parce qu'il est incapable de la voir directement et de la définir simplement? 11 est presque inévitable que l'on dépasse la pensée de l'évangéliste en essayant d'expliquer comment il conçoit l'action du Père sur les âmes entraînées par lui vers le Fils. On doit admettre une action sur la volonté "^, mais consécutive à une action sur l'intelligence et la conscience, à une instruction divine, qui est même le point où va se concentrer, en quelque façon, l'action de Dieu ; cette instruction vient du dehors, et elle est aussi une illumination intérieure ; l'attrait du Père est, au point de vue réel, la révélation du Père par le Fils^, proposée extérieurement, sentie intimement par les âmes que Dieu éclaire et incline à cet effet, et qui aboutit à la foi vivante et parfaite. Ceux que le Père attire

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