No.MBR. XII
comme le remarque saint Augustin, qu'entendre la parole, le Verbe du Père ^ c'est-à-dire Jésus lui-même. Tous ceux qui croient en Jésus tiennent de lui la révélation de Dieu ; pour être intime et continue, cette révélation n'est pas une vision immédiate de l'Etre divin ; elle est coordonnée au témoignage de Jésus, à son enseignement, qui est la révélation du Père, et que Jésus lui-même tient de son union éternelle avec le Père. Ceux qui croient en Jésus voient le Père en lui et par lui ^.
Celui que le Père a ainsi instruit par le Fils, « celui qui croit ^, a la vie éternelle ». Il reçoit cette vie de Jésus, parce que Jésus est le pain de vie. Dans tout ce développement, le Sauveur n'oppose au murmure des Juifs qu'une assertion plus nette de ce qu'il a dit pour commencer. Le rappel de la manne fait voir que l'antithèse de Jésus et de Moïse, de l'Evangile et de la Loi, est toujours présente à l'esprit de l'évangéliste. Les Israélites que Moïse conduisait dans le désert, et qu'il nourrissait de la manne, sont tous morts, parce que la manne dont ils vivaient n'était pas le vrai pain céleste, qui donne la vie éternelle. Pour échapper à la mort, il faut se nourrir du pain de vie ; ce pain dévie est Jésus lui-même ; c'est un pain vivant, et de là vient qu'il communique la vie '* ; Jésus le donne
1. « Quid est ciudire a Pâtre, nisi audire verbum Patris, id est me ? » In Joan. t. xxvi.