‹ Études évangéliquesChapitre 218 sur 260 · Hussites, protestants · texte numérisé non relu

Hussites, protestants

5. Cf. Maldonat, II, 6"24. S. Thomas lui-même, afin de ne pas admettre la môme nécessité pour l'eucharistie que pour le baptême n'hésite pas à dire [S. th., p. 3, q. 65, a. 4, ad 2j : « lUud verbum Domini est intelligendum de spirituali manducalione et non de sola sacramentali. » Cf. q. 73, a. 4, ad 1.

6. « Etsi hoc de eucharistiae intelligitur sacramento, non propterea

son texte n'existent pas encore pour lui ; il n'en donne pas réellement la solution. L'Eglise a déterminé le caractère particulier de la nécessité qui appartient respectivement au baptême et à l'eucharistie; elle a réglé de même les conditions extérieures de la participation au sacrement eucharistique. Mais Tévangéliste n'entre pas dans ces détails de casuistique et de discipline. Il proclame la nécessité des deux grands sacrements de l'initiation chrétienne, et il contemple leur effet dans les fidèles, membres actifs de TÉglise ; il expose les principes générateurs de la vie chrétienne, en se référant aux rites chrétiens tels qu'ils se pratiquaient autour de lui. Son point de vue s'accuse nettement dans les paroles : a Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle. » Certes, Jésus n'a jamais tenu ces propos devant un auditoire juif; il n'a point parlé de l'eucharistie, un an avant sa mort, comme d'une institution actuellement en vigueur ; mais c'est l'évangéliste qui parle par la bouche du Christ et qui nous apprend comment on comprenait l'eucharistie dans le milieu chrétien où il vivait.

La vie éternelle embrasse, nous le savons, dans le présent, la régénération spirituelle, la communion à Jésus glorifié ; dans l'avenir, la résurrection. Celui qui mange la chair et boit le sang de Jésus sera ressuscité par lui au dernier jour. L'auteur du quatrième Evangile retient l'eschatologie de l'Apocalypse. Il attribue au corps du Christ, glorifié par la résurrection, une efficacité vivifiante qui se manifestera lorsque les fidèles eux-mêmes ressusciteront. Ceux-ci, bien qu'ils aient dès maintenant en eux le principe de la « vie éternelle », auront besoin

tamen Christus sanguinem a carne distinxit, ut indicaret omnes necessario ulramque partem sacramenli sumere debere ; sed ut ostenderet se agere de sacniraento, quod totum constat duabus partibus, deque carne sua et sanguine, quatenus, per hoc sacramentum, in cruce separata fuisse significantur. » Maldonat, II, 628.

d'être ressuscites par le Christ, tandis que le Christ mort s'est ressuscité lui-même. Le Christ ne serait pas Fauteur de « la vie éternelle » pour les siens si leur résurrection dernière n'était aussi son œuvre. On dirait que cette résurrection ne fera que mettre en activité les forces que la communion au corps et au sang du Sauveur a déposées dans l'homme pour la transformation finale de son être ^ Si la chair et le sang de Jésus ont une telle efficacité, c'est que sa chair est une véritable ^ nourriture et son sang un véritable breuvage. Le texte ne dit pas la vraie ^ nourriture, le vrai breuvage, et ainsi l'on n'a pas d'antithèse entre la nourriture naturelle et la nourriture mystique, mais une simple comparaison de celle-ci avec celle-là pour ce qui est de la nature et de l'effet ^. La chair et le sang de Jésus sont un véritable aliment, un aliment vivifiant.

L'efficacité surnaturelle de cet aliment résulte de ce que celui qui mange la chair et boit le sang du Sauveur demeure en Jésus, et Jésus demeure en lui. Cette distinction continue de la chair et du sang serait vraiment inconcevable si elle ne se rapportait directement au rite de l'eucharistie; et elle ferait obstacle à l'intelligence du discours, si l'évangéliste n'avait pas eu d'autre intention que d'inculquer la foi en Jésus mourant pour les hommes. Le rapport habituel qui s'établit et s'entretient entre Jésus et ses fidèles par la communion eucharistique est à concevoir comme une sorte de circumincession, analogue à la relation mutuelle qui unit le Père et le Fils. L'auteur du quatrième Evangile revient plusieurs fois ^ sur cette idée, qui lui est particulièrement chère.

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