V. 59. Iv duvaYtov-?! o'.oïîxwv
une réunion déterminée. Or Jésus, au début de l'entretien, était près de la mer : comment le discours a-t-il pu être prononcé en synagogue? On suppose ^ que Févangéliste a réuni deux scènes et deux discours distincts : la rencontre, l'invitation à chercher la nourriture impérissable et à croire en celui que Dieu envoie ~ auraient eu lieu près de la mer ; la demande de signe et tout le discours sur le pain de vie ^ auraient eu lieu dans la synagogue. Il suffît néanmoins de lire le texte pour s'apercevoir que la demande de signe se rattache à l'invitation à croire, et qu'on ne peut admettre ni déplacement ni intervalle entre les deux. Mieux vaut dire que l'évangéliste n'a aucun souci de l'incohérence introduite dans son récit par les indications contradictoires qu'il a données. La première lui a été suggérée par la nécessité où il se trouvait, pour atteindre son but didactique, de ramener à Jésus, pour entendre le discours sur le pain de vie, la foule qui avait été témoin de la multiplication des pains. La dernière lui est fournie par la tradition synoptique dont il résume et interprète les données. On a vu que l'insuccès de Jésus à Nazareth fournit, en quelque façon, à l'auteur du quatrième Evangile un symbole de l'insuccès général du ministère galiléen. Capharnaiim est préférée à Nazareth, parce que ce fut le centre principal de la prédication de Jésus en Galilée. D'ailleurs, Tévangéliste ne pouvait conduire la foule à Nazareth, et il ne songeait pas à suivre jusqu'au bout la tradition synoptique, d'après laquelle Jésus ne put faire de miracle en son pays, La synagogue demeure, tant par le souvenir de Nazareth que par celui même de Capharnaûm ^ et de la mention fréquente des synagogues dans les rela-