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Plusieurs interprètes catholiques et protestants

4. Meyer-Weiss, 276 : l'être corporel du Christ ne sert de rien ; son esprit seul vivifie. J. Réville, 183 : « La chair, c'est l'incarnation. Or c'est au Logos incarné qu'il faut avoir foi pour être sauvé. » Mais l'évangéliste n'aurait pas voulu dire que l'incarnation ne sert de rien; et comment concevoir le salut par la foi à une chose inutile?

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des mots « esprit » et « chair » dans le quatrième Evangile, qu'il convient de l'expliquer. Or, il n'est pas question de textes à interpréter, de paroles à entendre dans un sens ou dans un autre, mais seulement d'esprit et de chair, d'esprit et de vie, de paroles qui , telles qu'elles sont et par leur objet, dans la réalité qu'elles figurent, sont esprit et vie. Les deux premières propositions ont un caractère général: « C'est l'esprit qui vivifie », autrement dit : en tout être vivant, c'est de l'esprit que vient la vie; « la chair ne sert de rien », en d'autres termes: ce n'est pas de la chair, comme telle, que la vie procède. La troisième assertion insinue l'usage qu'on doit faire du principe énoncé dans les deux propositions précédentes : (( Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie », c'est-à-dire l'objet dont il vient d'être parlé est quelque chose de spirituel et de vivant, où il ne faut pas voir que de la chair, où Ton ne doit, au contraire, voir la chair que dans l'esprit et dans la vie.

Un supplément d'explication ne serait pas inutile ^ mais Tévangéliste n'aura pas cru pouvoir le donner sans braver par trop la vraisemblance historique ; il aime, d'ailleurs, à rester dans le symbole, à ne pas aller jusqu'à la définition précise et formelle de sa pensée ; il ne juge pas non plus cette définition nécessaire, et il

1. La version syriaque du Sinaî, dont on n'a pu malheureusement rétablir tout à fait la lecture, contenait cette explication : « C'est l'esprit

qui vivifie le corps; vous donc ; le corps ne sert de rien. » S'il n'y

avait d'ajouté que le mot « corps » (qui remplace le mot « chair » dans tout le discours), on pourrait croire à une glose commune; mais il y avait une parole de conciliation interposée avant les mots : « le corps ne sert de rien ». Baldensperger, 60, observe que l'évangéliste n'a pas dit « la chair et le sang ne servent de rien », à cause de l'efficacité attribuée au sang rédempteur. L'association naturelle du sang et de la vie, celle de l'esprit et du sang dans la conception johannique de l'eucharislie expliquent beaucoup mieux cette omission. Pour l'auteur, le sang est un élément moins matériel que la chair.

pense en avoir assez dit pour se faire comprendre. Dans le cas présent, si divergentes que soient les opinions des exégètes, il est vraiment assez clair pour quiconque sait embrasser comme lui d'un même regard tous les éléments de sa doctrine, sans demander à d'autres qu'à lui-même le commentaire de son enseignement. L'auteur n'a pas regardé comme de purs symboles le baptême et l'eucharistie ; il y voyait des signes tout pleins de l'esprit divin, de la vie divine qui sont en Jésus, et que Jésus glorifié communique à ses fidèles. L'action de l'esprit dans le baptême a le caractère de régénération, infusion de vie nouvelle et supérieure; l'action de l'esprit dans l'eucharistie a le caractère de nutrition, de participation réitérée au principe même de la vie surnaturelle. Dans le baptême, Jésus glorifié donne l'esprit; dans l'eucharistie, il l'apporte en quelque façon lui-même, la communion eucharistique l'unissant à tous les siens, unissant tous les siens en lui dans un même esprit, une même vie, qui sortent de lui, qui atteignent le fidèle à travers le symbole extérieur et l'acte sensible, en sorte que tous sont un en lui et qu'il est lui-même en tous. Gardons-nous de ramener à des formules abstraites ce réalisme mystérieux où se définit le christianisme vivant. La présence de Jésus dans 1 eucharistie est, en un sens, plus fortement inculquée, plus profondément sentie dans l'enseignement du quatrième Evangile que dans les décrets du concile de Trente.

On a supposé que les mots ce esprit » et a chair » pouvaient viser directement l'état du Christ immortel *. Telle est bien l'arrière-pensée de l'évangéliste ; tel est, si l'on veut, le sens spirituel de sa double assertion. L'humanité du Christ glorieux est comme passée en esprit : de chair, au sens vulgaire du mot, il ne saurait être question pour

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