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ce repas, aucun détail. Ce ne peut être le festin pascal, puisque la Pàque n'est mangée que le lendemain '. Le silence de révangéliste doit accuser l'intention de ne pas contredire ouvertement les Synoptiques. Il en est de même pour la formule : « Avant la Pàque », où il y a un peu de vague, au moins pour l'apparence. On remarquera que l'auteur n'avait presque rien à dire du repas, ayant parlé, en termes exprès, de l'eucharistie dans le chapitre vi, et retardé la Pàque au jour de la passion. Des -matériaux de la tradition synoptique il ne lui reste que la trahison de Judas, dont il saura tirer parti, et l'annonce du reniement de Pierre. Le lavement des pieds sert à combler un vide, et n'y suffirait pas si l'on ne tenait compte du sens que le narrateur y a voulu mettre. Peut-être n'est-ce pas uniquement pour avoir déjà parlé tout au long de l'eucharistie que Jean s'abstient d'en raconter l'institution. Le récit traditionnel était trop intimement lié au festin pascal pour qu'il put l'utiliser, à moins de le modifier gravement, ce qu'il ne pouvait faire sans de sérieux inconvénients, étant donnée la fermeté de la tradition, et ce que sans doute il n'aurait pas voulu faire, parce que son symbolisme n'est aucunement destiné à battre en brèche l'histoire évangélique. A quoi l'on peut ajouter qu'il traite l'eucharistie en mystère, et que ce sentiment a pu contribuer avec tout le reste, peut-être avant tout le reste, à une omission qui ne laisse pas d'intriguer les critiques au moins autant que les théologiens'. Les prières eucharistiques de la Didaché^, qui offrent tant de ressemblance avec le quatrième Evangile, et qui ne sont guère moins anciennes, si elles ne le sont pas davantage, ne font pas non plus allusion à la cène du Christ